TOMBER de Eric Genetet

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Présentation de l’éditeur : Editions Héloïse d’Ormesson

Le 5 juin 1983, Yannick Noah s’apprête à disputer la finale de Roland-Garros. Si son idole l’emporte, Mariano s’est promis de parler à son père, barricadé dans son mutisme. Car depuis le départ de sa mère, le silence pèse dans leur maison de Wissembourg. Et ce gamin de treize ans ne peut s’empêcher de se sentir responsable, même s’il parvient à s’évader par le sport et à conjurer la tristesse à coups de madeleines fourrées à l’abricot. Mais en ce grand jour, Mariano va voir le cours de sa vie basculer.
Avec sensibilité, Éric Genetet dépeint le goût doux-amer d’une enfance délaissée et le difficile apprentissage de l’existence.Tomber est un récit intime, où seuls l’espoir et la volonté permettent de se relever.

 

Biographie de l’auteur :

Né en 1967, Éric Genetet a publié quatre romans : Le fiancé de la lune (2008), Et n’attendre personne (2013), Solo (2013) et Tomber(2016). Il fut pendant vingt-cinq ans, animateur à la radio (France Bleu), à la télé (TeléAlsace) et chroniqueur pour différents médias en Alsace (Zut, Poly, Passions Vin, Sport Alsace, Strasbourg magazine…). Il vit et travaille à Strasbourg.

Un extrait, une phrase : (ici deux…)

Les silences de mon père sont des murs de briques dressés devant moi dans lesquels je me cogne violemment, il n’existe pas de docteur Fuchs contre cette souffrance. C’est une douleur qui fait plus mal que l’effet de ses colères. Lorsqu’il arrive à mon père de faire un geste tendre ou un sourire, il perd pied devant les sentiments, comme si ma mère ne lui avait laissé que l’obscurité pour horizon. Au fil des mois, il a fini par s’oublier, et m’oublier.

Jamais l’eau froide de la douche ne m’a fait autant de bien. je me lave de tant de choses qui n’ont rien à voir avec la sueur. J’ai relevé le défi avec la force d’un homme rompu à dépasser ses peurs. A vivre sans son père. J’ai repoussé la limite de mes capacités à endurer les souffrances physiques et mentales, je sais que je n’oublierai jamais mes pas sur la terre battue de ce parcours de santé.

Ce que j’en pense :

Une histoire comme je les aime. Un livre que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminé. Notre jeune héros nous parle, se parle, parle à son père. Il cherche à comprendre, à trouver sa place. Il attend de l’amour, de l’intérêt, il n’en reçoit que trop peu. Pourtant, il a des rêves et des désirs. Il s’y accroche comme à la bouée de sa survie.

Ce récit est ponctué par l’approche de la finale de Roland Garros avec Yannick Noah, cette finale magique dont tout le monde se souvient comme l’un des moments forts de notre histoire sportive. Mariano l’attend comme l’événement de sa vie. Il ne se doute pas à quel point.

Eric Genetet installe une atmosphère particulière, tendu et douloureuse souvent. Et pourtant il s’en dégage une tendresse particulière. Un enfant qui ne demande qu’à comprendre et à aimer son père. Se souvenir de sa mère, et lui pardonner son départ. Se pardonner à lui-même, de ne pas être un enfant parfait.

L’histoire poignante d’un enfant solitaire qui se recroqueville sur sa vie pour y préserver son essentiel.

Mon cœur battait au rythme de celui de Mariano. Avec un immense talent, l’auteur nous fait rentrer dans son histoire, et ne nous rend notre souffle qu’à la dernière ligne.

Un roman délicat et subtil, à lire évidement pour la qualité de l’écriture, le talent de  d’Eric Genetet, l’affection que l’on porte immédiatement à son jeune héros, et les émotions que nous offre cette histoire.

De belles émotions à la lecture de ce roman. Une réussite.

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ROMAN

160 PAGES | 16€
PARU LE 14 AVRIL 2016
ISBN : 978-2-35087-358-9
PHOTO DE COUVERTURE © SABINE TIMM – @VIRGIN_HONEY

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #51

voilier
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Pour cette semaine, Leiloona nous offre une photo de Claude Huré.

Evidemment elle ne peut que me parler. J’espère que vous aimerez ma proposition sur ce voilier.

N’hésitez pas à y laisser un petit mot.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

Tout va bien. Et bientôt, tu vas voir, tout ira encore mieux.

La galère dernière nous, on l’aura, notre maison de pêcheur surplombant l’océan, notre vue sur l’amour. Nous vivrons les changements comme ces couleurs qui dansent sur la toile du ciel. Nous ne craindrons plus le pire, nous attendrons, sereins, les virages de la vie. Car tout sera bien.

Il y aura du rouge, du vert, du jaune, des couchers de soleil, c’est tellement beau, toutes ces couleurs, tu ne trouves pas ? Elles sont magnifiques. Je ne me lasserai pas de les regarder. Je fermerai parfois les yeux, juste pour mieux sentir la mer me parler. Et quand je les ouvrirai à nouveau, ils s’accrocheront sur ce petit bateau, sa voile rouge et sa liberté. Je le saisirai au vol et je ne le quitterai plus.

Quand il voguera sur ces eaux-là, c’est que tu seras à sa barre, heureux capitaine à changer de bord, à danser sur la vague, à glisser, à nager, à vivre !

Et je m’endormirai enfin avec toi, chaque nuit de ma vie, Dieu comme j’en rêve !

Chaque jour ensemble, nous aurons tout. Un voilier, une vue, nous.

 

 

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #50

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Bonjour à tous, Vive le lundi  !

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book, sur une photo de Leiloona.

Il s’agit de ma 50ème participation, et c’est bien l’une des meilleures choses que j’ai commencée voici un an et demi.

Merci Leiloona pour ces 50 semaines d’écriture et de bonheur 

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


Bien sûr, le ciel est gris, noir par endroit, les nuages manquent de nous tomber sur la tête. Le ciel pourrait être bleu. Mais il ne l’est pas. La vue ne donne pas sur la mer, les murs sont sales et la vie pas toujours rose. Bien sûr.

D’accord, tu peux regarder la télévision, écouter la radio, te tenir au courant, râler, te rebeller, refuser ou accepter, te battre contre, te battre pour, te désespérer ou y croire à nouveau. Tu peux refuser ces informations, tous ces tarés qui détraquent le monde. Tu peux pleurer sur ton sort, envier celui de ton voisin, ne pas supporter la réalité, ou vivre dans un rêve. D’accord.

Je veux bien te voir tout critiquer, ou tout accepter, que tout soit prétexte, rien ne soit de trop, que tu t’emballes pour n’importe quoi, que tu t’enflammes pour le moindre mot. Je veux bien.

Tu peux tout me dire, presque tout me faire, tu peux même te taire. Oui, surtout ça, tu peux le faire.

Mais tu ne m’empêcheras pas de m’arrêter un instant, quel que soit le lieu, quel que soit le moment pour regarder l’arc-en-ciel, que m’offre le temps. Quand il en vient un, tu peux bien râler le reste de ta journée, mais là tu te tais. Je me pose là, je le regarde tranquillement. J’essaye de distinguer toutes ses couleurs en prenant mon temps.

Ça ne te plait pas ? Il faut aller plus vite ? Non, là je ne bougerai pas. Que veux-tu, c’est bien malheureux, oui. Mais c’est comme ça.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #49

valises
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Bonjour à tous, Vive le lundi  !

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book, sur une photo de Leiloona.

Ce texte est plus long que mes textes habituels, mais je me suis laissée porter par l’histoire. J’en aurais bien fait le point de départ d’une nouvelle ou d’un petit roman…

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

JEAN DE LA LUNE

Les trois dernières saisons ont laissé des traces de leurs passages : des arbustes morts gelés se figent dans le vent,  des feuilles jaunes tapissent le sol, de la mousse grignote les dalles, tandis que des herbes folles s’accrochent aux murs de la maison. Et pourtant les rosiers fleurissent, la glycine se laisse aller de tout son long et s’écroule sur la barrière. Personne n’a entretenu le jardin depuis mon départ. En avançant, j’évite d’écraser les plantes. Je fais même attention aux mauvaises herbes.

Sur la pointe des pieds, je me dirige jusqu’à la porte entr’ouverte. Je la pousse. Elle est lourde et couine comme une souris. Personne ne l’a huilée non plus. Quand je suis absent, ici rien ne se fait. Et pourtant les volets sont ouverts, une fenêtre laisse courir un courant d’air qui me chatouille le cou. La poussière est faite, rien à dire, rien ne traîne. Un vieux 33 tours habille l’ensemble d’un « How High the moon » de Chet Baker qui me ravit. Une odeur de café finit de me détendre. J’appelle mon oncle Jean, mais il ne répond pas. Je recommence, sans réponse. Du café fumant dans une tasse, me voilà parti dans le salon, vers cette musique que j’aime tant, lorsque mes yeux se perdent dans le coin de la pièce…

Les bagages de mon oncle sont prêts. Aucun doute là-dessus. Un gros sac en cuir usé plus que possible, deux valises et une malle. Ses clubs de golf, il part pour un long moment. Mais où peut-il aller avec tout cela ? Et qui va le conduire ? Lui porter ses bagages ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Des pas derrière moi et l’arrêt brutal de la musique,  finissent de me sortir de ma rêverie. Oncle Jean arrive, sifflotant et joyeux, son chapeau de paille sur la tête, un sécateur à la main, son grand tablier bleu noué autour de sa taille et ses bottes aux pieds.

–Ha ! Christian ! Tu es là, très bien ! En t’attendant, j’étais parti au jardin pour cueillir quelques roses pour Odette.  Comme elle va s’occuper de la maison et du courrier, je peux bien faire ça. Bon. Je pose tout ça et on y va ?

Et le voilà parti, sans attendre ma réponse, à marcher à rythme décousu, décalé et appuyé vers le grand escalier. Il semble se précipiter, mais risque de tomber.

–Mais où va-t-on, mon oncle ?

Lui dis-je en lui attrapant le bras un instant avant qu’il ne s’écroule sous son poids.

–Tu n’as pas eu ma lettre ?

– Vous voulez dire le message que vous m’avez laissé pour savoir si je venais ? Celui-là, je l’ai reçu, c’est pour cela que je suis là, mais je n’ai reçu aucune lettre, Oncle Jean.

–Tu m’étonnes mon garçon, je t’ai écrit le mois dernier pour te demander de m’accompagner. Je ne suis pas fou, quand même ! Ah ! tu as pris un café tu as bien fait.

–Je sais que vous n’êtes pas fou, mais je ne l’ai pas reçu.

–Tu as eu mon message, donc tu es là, donc tout va bien ; on y va !

Et le voilà reparti, à avancer d’un bon pas, complètement déséquilibré sur ses jambes tordues, arquées, imprécises, mais jamais indécises. Il avance coûte que coûte. Toujours ! Un exemple cet homme-là. Heureusement, j’ai encore des réflexes. Je l’intercepte et je le stoppe. Il se fige, me fixe et attend que je parle. Enfin !

–Oncle Jean, je ne suis au courant de rien. Expliquez-moi, voulez-vous ? Où allons-nous ?

–Très bien. Je recommence.

Il soupire, retire son chapeau de paille, fronce les sourcils, se rapproche de moi et entame son explication, d’une voix sourde, très lente et très grave…

–Nous partons sur la lune, mon enfant ! N’as-tu pas remarqué ? Elle nous appelle ! elle se rapproche dangereusement actuellement, mais il ne faut pas la laisser nous percuter, alors je dois aller sur sa face obscure pour la freiner et l’empêcher de rencontrer la terre, tu comprends ?

À ce moment, Odette arrive. Comme un miracle, le soutien qui me manquait. Elle l’entend finir sa phrase, mais sait très bien de quoi il parle.

–Bonjour, Christian, je voulais vous appeler, mais il ne me laisse pas une minute ce vieux fou ! MONSIEUR JEAN, VOUS N’ALLEZ NULLE PART ! LE MÉDECIN A DIT QUE C’EST DANS VOTRE TÊTE, VOUS COMPRENEZ ?

–Arrêtez de crier ainsi, Odette, je ne suis pas sourd ! Mais que vous êtes sotte. Vraiment ! Et sans amélioration en trente ans de service dans la maison, quand même faites un effort, allons !

Il se retourne vers moi et se remet à chuchoter :

–Ne l’écoute pas, Christian, on se moque du médecin, on se moque d’Odette, on se moque de leurs satanés traitements et de tout le tintouin. J’ai tout préparé, on prend ta voiture et on y va, qu’en penses-tu ? On va s’amuser, tu ne crois pas ? Comme en 1926 quand je courrai gamin avec ton grand-père, tu te souviens ?

–Je n’étais pas né, mon Oncle.

–Oui, c’est vrai, je perds la tête, moi. Ton frère était né à cette époque,  mais pas toi. Bon raison de plus, on y va ?

Forcément, Jean, le frère de mon grand-père, mon grand-oncle chéri, que j’ai toujours connu loufoque et un peu barré, du haut de ses 103 ans a perdu quelques morceaux de sa raison. Évidemment. Je n’ai pas de frère, mais je ne luis dirai pas. Il garde la santé, l’espoir, le courage et l’envie, c’est bien l’essentiel.

Je réfléchis quelques instants, je prends mon temps. Mais pas trop, il n’en a pas tant.  Je vois ses bagages bien rangés dans l’entrée, qu’il a dû faire seul cette nuit, en l’absence de sa fidèle aide. Je vois les étoiles dans ses yeux. Son vieux corps prêt à bondir. Je vois Odette qui attend une réponse sensée de ma part, inquiète.

–Vous voulez y aller mon oncle ? On y va, c’est parti, je charge tout ça dans ma voiture, mais vous m’indiquerez le chemin, n’est-ce pas ? Je n’y suis pas allé souvent, moi sur la lune !

–Mais oui, mais oui. On y va ! Parfait, prends les clubs aussi, on ne sait jamais. Je me souviens d’un ami de la lune qui jouait au golf admirablement, dans le temps, t’ai-je déjà parlé de Xéron ? Il est charmant, tu verras. Tu n’as rien contre le vert ? Il est tout de même très vert. Pour un habitant de la lune ça déroute, on les imagine toujours très blancs. Mais il faut garder l’esprit ouvert mon gamin. Tu ne crois pas ? Pas d’idées préconçues. Surtout, pas d’idées préconçues. C’est grâce à cela que je suis en pleine forme : je ne suppose rien, je ne m’interdis rien, je me laisse faire, je me fais confiance et chaque jour un cigare et un petit verre de vin, et tout va bien. Ça me rappelle le jour où j’ai rencontré Marguerite. Ah, Marguerite, attends que je te raconte comme elle…

 

Tout en me racontant comme elle… Il pose son tablier, son chapeau, son sécateur, sur le meuble de l’entrée, donne les 3 roses à Odette avec une grimace, elle hausse les épaules, lève les yeux au ciel, mais le laisse faire. Comme toujours.  Et tout en me racontant son amour fané, il se prépare à m’accompagner. Je charge ses bagages, il s’accroche à mon bras. Et nous partons ensemble.

Vers la lune.

Vous ne me croyez pas ? Faites comme vous voulez, mais si vous continuez à ne croire en rien, vous oublierez de vivre bien…

Confessions d’un acteur déchu – De l’Esquive à la rue

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de OSMAN ELKHARRAZ avec RAYMOND DIJOUME

 

Présentation de l’éditeur

Y a eu une réunion avec l’équipe du film. Dans la salle, tous les petits étaient avec soit leur daron, soit leur daronne. J’étais le seul tout seul. On nous a tout expliqué. C’était le deuxième film du réalisateur. Abdellatif Kechiche, il s’appelait. Moi, je devais jouer Krimo, un petit rebeu qui vit dans une cité avec sa mère. C’était le rôle principal. Ça donnait grave envie. Ça allait durer de juillet à août, du coup on pourrait pas partir en vacances. Et comme j’avais nulle part où aller, ça tombait bien.
Le cinéma, c’est comme une drogue. Quand on tourne, ça fait du bien, ça met plein de couleurs dans la vie. Mais après, quand ça s’arrête, il y a la descente. Et ça peut faire très mal, surtout quand on a quinze ans et plus de parents.
Voilà, c’est l’histoire d’Osman.

Biographie de l’auteur

Osman Elkharraz est acteur. En 2004, il tient le rôle principal aux côtés de Sara Forestier dans L’Esquive d’Abdellatif Kechiche, et sera nominé pour le César du meilleur espoir masculin.

Raymond Dikoumé est comédien et auteur de théâtre.

 

Un extrait, une phrase

« Ceux qui viennent te faire la morale, ceux à qui tu fais pitié, ceux qui t’aident pas, t’as la haine contre eux. C’est les mêmes qui vont faire leurs craquettes quand tu vas leur demander de t’aider. Ceux qui te disent « t’avais qu’à pas tout niquer »… Ils avaient beau parler, fallait que je trouve la force de m’en sortir par moi-même. Pour certaines personnes, en plus tu fumes, tu bois, tu dors dehors, ça s’arrête là. Les gens t’estiment de moins en moins et ils ont plus confiance en toi. Y en a même, ils ont peur. Toi et tes anciens potes vous avez plus la même vie, donc forcément tu t’en détaches. Tu te retrouves sans rien, et, au final, tu préfères même ne rien avoir.

Quand on n’a rien, ça veut dire qu’on est en quête de quelque chose. Je savais pas encore ce que c’était, mais ça me donnait matière à cogiter. »

 

Ce que j’en pense

 

Une enfance difficile, le décès de ses parents, des galères, un coup de bol, une rencontre, un casting, du talent, un rôle, une nomination, la télé, des émissions. Un espoir ? une illusion. La galère encore, la rue, le désespoir. L’espoir, encore. L’envie, la vie.

Osman El Kharraz nous parle de lui, de sa banlieue, de son parcours chaotique et douloureux. Avec Raymond Dikoumé, ils ont choisi de ne rien cacher de ce parcours fragile. Et pour cela, ils ont gardé le vrai parlé. Il ne s’agit pas d’un style littéraire ou classique. Au contraire, les mots peuvent dérouter, parfois gêner. Trop direct, sans filet. Oui. Pour autant, je n’ai pas pu le quitter, Osman. Parce qu’il est sincère, sans illusion et sans haine non plus. Son histoire, on y croit. Moi j’y crois, et j’aimerais qu’il s’en sorte, qu’il l’ai, sa revanche.

Bien sûr, Osman El Kharraz n’est pas un enfant de cœur, mais les événements de sa jeunesse n’ont rien fait pour l’aider. Mais bien sûr aussi, Osman est un mec bien, derrière les vols, les galères et le shit.

Au-delà de son histoire, ce livre permet d’avoir un éclairage sur les effets du cinéma et les perspectives des acteurs « kleenex » qui espèrent un avenir mais qui s’y brûlent les ailes. Un adulte peut tenter de relativiser les choses, et malgré cela, on voit fréquemment des acteurs qui pètent les plombs. Mais là ? Quelle est la responsabilité d’un réalisateur qui choisit des enfants en galère, fragiles, (le concernant orphelin, seul), pour jouer dans ses films, comme on loue une caméra, comme on paye pour un lieu de tournage, et qui tourne la page les laissant-là  ?

Le môme croit qu’il est entré dans un nouveau monde, un monde incroyable, magique, qui brille, la tête dans les étoiles. Il est sauvé. En réalité, on lui a montré ce qu’aurait pu être sa vie, puis la porte s’est refermée pour le laisser les pieds dans la merde. Sans explication, sans détail, sans rien. C’est probablement pire que de n’avoir jamais imaginé toucher ce rêve.

En cela, ce livre est un témoignage fort et bien monté.

En le refermant je souhaite vraiment qu’Osman El Kharraz soit l’exemple de l’ado-acteur qui  revient dans la lumière à l’âge adulte, du cinéma ou de sa propre vie. Qu’importe, juste qu’il trouve sa place.

Une catégorie nouvelle pour moi, mais un coup de cœur, un récit à lire, très touchant.

 

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Entrer une légende

Stock, Collection :
Parution :
11/05/2016
232 pages
Format :
134 x 215 mm
EAN :
9782234079922
Prix:
18.50 €

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #48

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Bonjour à tous, Vive le lundi  !

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book sur une photo de circonstance, signée Leiloona

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


La belle de pierre. La dame de fer.

Lisses, droites, alignées, rangées, à égale distance, de même taille. Rien ne dépasse, rien ne dérange. Mathématique. Carré. Tout ceci est parfait. Et pourtant si éloignées, de proportions si différentes. Elles n’ont rien à se voir, rien à se dire. Rien de commun, le blanc, le noir.

Que me dites-vous ? La vue me ment ? Vraiment ? Allons… Que voyons-nous ?

L’une est gracieuse, douce, féminine,  regarde son horizon comme un espoir, l’autre  rigide, froide, élancée, pointe le ciel de toute sa gloire.

Et tout autour ? l’immensité, l’air, le vent,

Paris.

Droit devant… Vous, je ne sais pas, moi je vois le ciel, gris-blanc, profond, lumineux, vide, silencieux. La pluie est passée, ou la pluie passera. L’eau n’est jamais loin, dans cette ville-là… Je vois la pierre, le fer, la main de l’Homme, et toute son âme, mais sans la vie.  Je cherche le désordre, un épi. Le cri d’un marché, un klaxon, de la musique qui résonne.

Il me manque la queue qui s’accumule devant l’entrée, les vendeurs de souvenirs, les cars et les touristes. Il manquerait même un visage triste. Voire un regard joyeux, si je peux avoir mieux.

Vous avez raison, l’image me ment.

La pierre est froide, le fer glacial. Ces dames immobiles, et hautaines, rassemblent pourtant à leurs pieds des milliers de cœurs brûlants, du sang bouillant dans les tempes des jeunes curieux, et des moins jeunes, tout aussi amoureux. Ils sont là pour elles, les photographier et les admirer.

Ils se souviendront longtemps de les avoir vus pointer le ciel, viser l’horizon, sans un regard, sans retour, sans détour, pour leurs misères et leurs amours.

La sculpture, l’architecture,  l’art ne ment pas : l’art inutile, essentiel. Ces dames immobiles me parlent et me racontent tout bas juste ce que j’y vois.

Et merveilles éternelles, si celui qui les crée ne les détruit pas, ces belles seront là bien après moi.

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #47

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Bonjour à tous, Je reviens après un petit mois d’absence avec ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book sur une super photo, signée Leiloona

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

 

Tu as décidé de partir ? Très bien, c’est ton choix. Mais tu ne m’empêcheras pas de naviguer, à vue, vers toi. Tu as quitté la terre ferme. Tu t’épanouis au large de ta vie. Soit, mais tu t’évanouis aussi en marge de la mienne, y as-tu réfléchi ? Il y a peu, tu as pris l’eau, mais tu ne me connais pas : pour te faire revenir, rien ne m’arrêtera. Tu ne me crois pas ? Tu n’as qu’à regarder :

De la poupe à la proue, mon navire est fin prêt. Rien ne me fait peur. Tribord, bâbord, je peux bien virer de bord, je peux très bien louvoyer, mais je ne peux dessaler, je suis trop motivé. Le bastingage nous protège, Saint-Elme est sur le pont. Mon voilier ardent tout autant que mon cœur me conduira jusqu’à toi, je t’en fais le serment.

Tu es partie comme cela, un caprice, un coup de tête, une folle envie de prendre la mer, de tout laisser à quai.  Ce « tout » c’est moi et je ne l’accepte pas.

Je suis certain que tu le regrettes déjà. Alors, où que tu sois, entends-moi :

Mes cartes marines et ma boussole à bord, même mon astrolabe se prépare à voguer.

Avec les étoiles et la lune au-dessus, je trouverai le cap, je te ramènerai. Le vent peut bien souffler, la mer se déchainer, tout me poussera pour te retrouver.

C’est le manque de ton chant, ma sirène, qui me guidera. Et tout mon amour pour toi.