Nos cœurs enlacés. Audio

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J’avais envie de vous parler ou de vous lire mes textes. Je m’y tente ici.

J’espère que vous aimerez. Premier texte lu, un poème écrit pour un atelier d’écriture de Leiloona en 2015… Sur une photo de Julien Ribot

J’ai un peu le trac. Dites-moi si je continue ou pas.

PRUDENCE ROCK

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Je ne vous ai pas encore parlé de Prudence sur mon blog. Comment est-ce possible… Prudence est mon deuxième roman, paru le 12 janvier 2017 aux éditions Félicia-France Doumayrenc.

Vous pouvez commander Prudence Rock chez votre libraire préféré, ou sur le site des éditions ici, sur le site de la Fnac… Si vous avez des difficultés pour le commander, prévenez moi !


Qui est Prudence ?

« La vie est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir ». Et pourtant, c’est bien la vie qui noie Prudence. Celle-là même si pure et si précieuse qui se joue d’elle, la berce, la balance, l’ébranle et la bouleverse…

Prudence Rock est la seconde fille d’une famille apparemment sans histoire, d’une petite ville préservée. Mais Prudence ne se reconnait pas dans les codes de cette vie, dans les secrets, les mensonges, les illusions, et tous ces faux semblants. Alors Prudence se cache dans l’amour qu’elle porte à sa sœur, dans la musique qui rythme ses jours, dans sa fascination pour Antigone et son espoir d’être aimée.

PRUDENCE ROCK est un roman à la fois surprenant, fort, psychologique, tendre, noir, plein d’espoir et de désillusion, qui parle des blessures intimes, de la relation au corps, à l’âme et aux autres. Des sourires forcés et de l’Amour, le vrai.

 

couverture-et-4eme-prudence-rockEcrire son deuxième roman, ce n’est pas rien. Je porte Prudence comme une enfant difficile à mettre au monde, exigeante, impatiente, colérique, charmante et fragile.

Prudence me parle, se parle, vous parle. Elle chante aussi, et vit ses rêves toujours au bord de ses limites. J’espère que Prudence vous touchera. Vous comprendrez alors le poids des secrets, des traditions, des codes de la société, de la famille des amis auxquels nous sommes constamment confrontés.

Mais que se passe-t-il lorsque l’on n’arrive pas à s’y plier ?

 


Des avis de lecteurs :

J’avais trouvé le premier sincèrement bien, j’ai trouvé celui-la encore mieux. je trouve que ton style progresse et s’affirme, on décèle vraiment ta patte, j’ai hâte de lire le prochain !…
Elle est aussi attachante que bouleversante, troublante, inquiétante. Je l’adore mais pour toi qui l’a fait naître et portée, c’est un bonheur autant qu’une charge. En tout cas, je te félicite une fois encore et j’attends le prochain

Je referme à l’instant Prudence Rock et je suis bien triste de la quitter tellement son personnage était attachant…
Dans Zou ce qui m’avait le plus frappé c’était la façon dont tu faisais chanter les mots je trouvais en effet ton écriture très poétique.
Encore une fois je me suis laissée emportée par ton écriture. De pages en pages on s’attache de plus en plus à Prudence, on vit ses émotions à 100% avec elle…
Bref tu l’as compris j’ai adoré et tu as bien raison de défendre ton magnifique texte.

Je range souvent les livres que je lis en deux catégories. Ceux que je lis avec plaisir mais que je suis capable de poser pour dormir ou aller me baigner. Et ceux que je ne lâche pas, même si les enfants ont faim ou qu’une météorite s’écrase sur Terre. Le tien est dans la deuxième catégorie !

 J’ai beaucoup aimé, je l’ai avalé d’un coup, sans une respiration. Ton écriture est superbe… Beaucoup de choses, beaucoup de mots ont raisonné très fort

J’ai adoré l’émotion et le courage contenu dans ton livre


 

L’avis des chroniqueurs, des blogueurs et de journalistes :

Les lectures du Hibou

Rougepolar

Youcef Zirem Les tourments d’une société qui a oublié l’humain

Bricabook

Carnet de lecture Inwonderland.fr Lionel Bottero

La vi(ll)e en rose, Chronique Littéraire de Christophe Maris

Les Chroniques Culturelles, Caroline Doudet

Noukette

Framboise chez Steph et son Bar à BD

Les billets de Fanny

 


Les dédicaces passées et à venir :

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Dédicace chez Keep Tonic                 Un esprit sain dans un corps sain

 

 

 

14 Janvier 2017 : Chez Keep Tonic au Chesnay (Région parisienne)

25 février : à la librairie le bain d’encre au Chesnay à partir de 16H (Région parisienne)

18 mars : la librairie Tommenx à Mantes la ville (Région Parisienne)

15 avril : au Cultura de Barentin (Rouen)

Fin mars : Salon du livre de Paris

D’autres dates à suivre

Prudence Rock est également Coup de Cœur chez Cultura !

 

Vous pouvez commander Prudence Rock chez votre libraire préféré, sur le site des éditions ici, sur le site de la Fnac, etc.

Si vous avez une difficulté pour la recevoir chez vous, prévenez moi !

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #54

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Bonjour ! Voici une jolie photo de Vincent Héquet chez Leiloona !

Evidemment elle ne pouvait que m’inspirer.

Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot en commentaire sur mon blog.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

Légère, transparente, fondue, brumeuse : elle danse dans ce hangar, sautille, virevolte, et ne se cache plus. Personne ne la voit. Elle ne se voit pas non plus.

Un courant d’air pourrait vous surprendre. Oui. Comme une chaleur. Un souffle au cou, peut-être. Une douceur. Elle tourne sur son corps, laisse flotter ses cheveux, les bras grands ouverts, elle court à son destin, infini, lumineux.

Depuis des lustres qu’elle flotte là, sa silhouette s’élance dans la pièce, sans plus savoir pourquoi.

Ils sont bien venus la chercher. Ont essayé de le lui expliquer. mais elle n’entend pas. Pour l’instant, elle ne les voit même pas. Une vague rumeur peut-être, pas plus que cela. Elle veut danser ici sans raison, sans réponse aux pourquoi.

Un mauvais coup, un accident, une erreur bête, ça surprend. Elle ne sait pas qu’elle doit partir. Elle s’étire dans le hangar, sautille, virevolte, et ne se cache plus. Elle ne craint pas la vie. Il faut attendre que le temps soit venu pour elle de comprendre. De ne plus voler, de ne plus rester, mais d’avancer clairement vers une autre vie,  juste sa lumière, son âme légère et guérie.

Le temps n’est pas venu. Le temps n’existe pas. Le temps se prend, il ne se perd pas. Alors, laissons la danser dans ce hangar, sautiller, virevolter, être heureuse, et en paix.

 

 

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #53

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Je n’étais pas revenue ici depuis début septembre. Mes premiers écrits sont donc pour cette 53ème expérience des ateliers d’écriture de Bric à Book/Leiloona. Avec une magnifique photo de Julien Ribot. Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot en commentaire sur mon blog.

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Paris Notre-Dame

Lorsque je vous vois ainsi, Belle-Dame illuminant Paris, qui vous illumine à son tour ;

Lorsque je vous sais ainsi : nourrissant l’obscurité de vos courbes et de vos mystères;

Lorsque je me rappelle votre histoire, Dame-Courage, contenant en votre sein les histoires de nos pères;

Lorsque je sens l’effervescence à votre pourtour, Élégante-Dame, imposante et fière;

Lorsque j’admets que la folie des hommes a mis des siècles à vous créer, alors qu’une autre de leurs folies prendrait quelques secondes pour vous briser ;

Lorsque j’admire votre beauté, devant elle je m’agenouille en toute humilité;

Je ne peux que me taire et prier.

Qu’importe ma religion, qu’importe si j’en ai une, qu’importent mes convictions;

Je prie pour eux, vous, moi, nous. 

Pour ici, ailleurs, l’univers, le tout.

Je vous prie avec ferveur Notre Mère, Notre-Dame.

En vous je prie, pour l’avenir de la vie, 

Si loin ou juste ici, à Notre-Dame de Paris.

 

J’écris, donc je vis

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Voilà des semaines que je n’écris plus. Quelques mois que mon esprit ne laisse plus de place aux inventions, aux mots, aux envies. Il ne nourrit que ma douleur, mes faiblesses, mon sommeil, mes émotions extrêmes et les plus noires. Ma maladie porte un nom, elle s’appelle dépression.

Certains pensent que j’en abuse, que je suis trop fragile, trop centrée sur ma personne, trop flemmarde pour prendre mon courage à deux mains et affronter la cause de mes maux. Je ne parle que peu de mon état. Il me ronge depuis des mois. Des années ? Oui, des années. Petit à petit, il s’est installé dans ma vie, caché derrière le sourire de mon enfance. Il ne faut pas croire tout ce que l’on voit.

Aujourd’hui je ne peux plus rien cacher, parce que pour guérir il me faut assumer ma maladie, pour la combattre il faut identifier l’ennemi. Pour le vaincre, il faut être le plus fort. Mon ennemi est pesant, froid, il se coince dans ma gorge, s’étale dans mon ventre, me paralyse et prend le pouvoir. Je ne vois plus que lui, il ronge ma tête, a découpé mes rêves, broie ce que j’étais, me parle dans le noir. Tous les noirs : quand le soleil se couche, oui, mais aussi quand je suis seule, quand je ne le suis pas et quand le monde me coupe le souffle. Quand je dois m’occuper de mes enfants, remplir mes tâches quotidiennes. Faire semblant d’être bien, sourire à mon amour, rire avec mes petits, rassurer.

Jusqu’au moment où je ne peux plus assurer. Le lucide se bat avec le mal. La dépression est une maladie mortelle même si je ne veux pas partir, me voilà sa poupée, elle tire les ficelles, je peux bien crier. Je préviens autour. Faites attention à moi, je pourrais bien faire un tour de magie et disparaitre d’un coup de baguette, une fenêtre ouverte, une voiture qui passe, un médicament mal dosé.

Les regards changent, j’espère être sauvée. Je suis ma dépression, elle ne me quitte pas. Je manque de souffle, de distance, de repère. Je ne veux pas perdre de vue le bonheur, je voudrais le retrouver. J’ai tout ce qu’il me faut pour le voir à mes côtés. Il est là, tout près.

Les molécules me shootent. Je prends un médicament pour me guérir qui rend suicidaire. Je m’interroge. Les médicaments contre un cancer donnent-ils un autre cancer en effet secondaire ? Je ne comprends pas. Ça ne va pas. Augmenter la dose ? Pourquoi ? Plus je dose plus je dors, moins j’ai de temps pour penser à partir, c’est peut-être cela guérir.

Par moment tout va bien, le pire est derrière moi, je cours, je ris, je range, je trie, je parle, je demande. Je vis trop fort, trop vite, trop. Effet yoyo, effet maso. Épuisant, quand j’en sors, je tombe.

Mes médecins, tous me disent qu’après toutes ces semaines de traitement je devrais aller mieux. Pourquoi n’est-ce pas le cas ? Vous me posez la question ? Comment puis-je savoir ? C’est vous les spécialistes.

Ce texte n’est pas que sombre. Ne prenez pas peur. Ne vous dites pas qu’« elle pète les plombs ». Non il y a du bon : Jusqu’à peu, j’avais honte de mon état de ce que je suis devenue, des souffrances que j’ai endurées et qui m’ont emmenée ici même. Je me croyais faible de craquer. En vérité, je suis forte. Je suis super forte. Je suis SUPERAV. Oui. Parce que j’ai mis 5 ans à craquer, et parce que maintenant je refuse cette douleur. Parce que je sais demander de l’aide, et l’écouter. Je veux vivre et aimer. Parce que je vais gagner et bientôt je sourirai en vrai.

Autre chose, en lisant ce texte ne me dites pas « ne publie pas ça, il ne faut pas, ce n’est pas bon pour ton image, ce n’est pas bon pour toi ». Je n’écouterai pas, je n’écouterai plus. Trop de gens me censurent. Pour leur bien ou pour le mien ? Je suis maitre de moi. Je décide ce que je publie ou pas.

Une autre bonne nouvelle. Voyez, depuis des semaines, je n’arrivais plus à écrire. Ce premier texte est pour toi, ma douleur : Tu perds du terrain, je souris. J’écris, donc je vis.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #52

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Pour fête la rentrée littéraire, les éditions Calmann-Lévy ont proposé à Leiloona un projet fou : allier notre atelier d’écriture à une masterclass qui aura lieu au Labo des Histoires avec Donato Carrisi, l’auteur du Chuchoteur, le lundi 5 septembre !

Le concept est le suivant : à partir de la couverture de son nouveau roman La fille dans le Brouillard, nous écrivons un texte, publié aujourd’hui, le lundi 29 août, et Leiloona effectuera un tirage au sort pour savoir qui participera à cet atelier d’écriture avec Donato Carrisi !

Allez c’est parti. Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

La nuit me glace. Noire et froide, elle me couvre et me paralyse. Elle ne laisse rien au hasard. Aucune chance à la lumière ni à l’espoir. Noyé dans son épaisseur, j’avance lentement, difficilement. Le vent me freine et me coupe. Tout m’oblige à renoncer. Je ne renoncerai pas. La nuit me connait bien mal. Sa lune douce et claire m’a souvent entendu prier, souvent vu l’admirer, m’entêter à rêver et à espérer. Elle devrait savoir que je n’abandonne jamais.

Je l’ai vu, je veux la retrouver. Je dois vous parler d’elle. Si je ne le fais pas, qui le fera ? Ne pas l’oublier. Je dois écrire ce dont je me souviens pour la voir vivre encore près de moi. Si proche. Les mots s’enfuient de ma mémoire. La maladie me fait perdre la raison, les mots, la logique. Mon cœur, lui est sain et sauf ! Il se souvient de tout. Bientôt je ne pourrai que ressentir son manque, la cruauté de ce vide qui broie ma vie, mais je n’aurai plus de mots pour l’exprimer. Vous parler d’elle avant que je ne sois plus capable de le faire, c’est ma priorité.

Et puis, la vieillesse… Personne n’écoute plus un vieil homme froissé par la vie. Mon amour a 20 ans. Mon amour est sans âge. Mon amour est un môme futile, emporté, innocent, qui court dans les prés, dans les forêts. Dans les champs. Ne voyez-vous pas que je ne suis qu’un enfant ?

Toutes les nuits, je la cherche. Ici, là, je la cherche à en crever. Mais quand le soir est brumeux, quand l’obscurité s’enfume, alors je m’enflamme. C’est durant une nuit comme celle-ci que je vais la retrouver. Car c’est ainsi que je l’ai perdue.

Je marchais. Droit devant. Pourquoi ? Vers quelle destination ? Je ne sais plus. Quelle importance ? Je marchais droit devant. Le brouillard bouchait la vue, mais ce chemin, je le connaissais bien. J’avançais du haut de mes trente ans, fort, impétueux, sûr de moi, de ma route, de mon destin. Mes jambes portaient mon corps et mes désirs, mon cœur battait pour l’avenir. À trente ans tout est possible. Je peux le dire maintenant. À quarante, à cinquante, à soixante aussi. Mais je ne le savais pas. Pour moi, à l’époque, la vie s’arrêtait là.

Perdu dans mes pensées, dans mes idées, je l’ai bousculée. Je ne l’ai pas vue arriver. Elle m’est tombée dans les bras. Un parfum de jeunesse, de savon, de rose et de lilas. En tombant dans mes bras, mes mains ont frôlé ses bras. Doux, tendres, une caresse, un frisson. Sa respiration sur ma joue m’a tenu en arrêt. Une brise sur ma peau. Son ventre sur le mien. Sur mon coeur, ses seins… Mes yeux ont accroché les siens. Verts, profonds. Deux puits sans fond, transparents, inquiétants, agités. Sa bouche s’est entr’ouverte, j’ai espéré un baiser. Je ne savais plus qui j’étais. J’ai espéré un baiser, mais elle s’est reculée. A étouffé un petit cri, s’est excusée. Ses cheveux longs dansaient sur ses épaules, une mèche chatouillait son menton, j’aurais aimé qu’elle me frôle à mon tour.

Ses mains taquinaient le tissu de sa robe. Elle me sourit, s’excusa encore et partit. Je l’ai suivi. Je n’aurais pas dû, je sais, mais je l’ai fait. Je l’ai suivi. Son pas s’est accéléré. Non. Pas pour m’éviter. Pour tomber dans les bras d’un homme. De celui qu’elle espérait. Alors j’ai reculé. Elle l’a embrassé. Mais tout en fondant ses lèvres sur les siennes, c’est moi qu’elle regardait. C’est à moi qu’elle l’offrait, ce baiser. Ils se sont regardés, ils ont ri. Enlacés, ils sont partis. Le brouillard les a engloutis. J’entendais encore ses talons, son rire. Je devinais le reste. Blessé.

Ma vie est passée. Parfois j’ai cessé d’y penser, mais je ne l’ai jamais oublié. Si j’avais été plus courageux, je l’aurais abordé, je lui aurais dit de m’aimer.

Voilà. Ma vie s’en est allée. Aujourd’hui je n’ai plus rien que son parfum, la mémoire de son souffle, de son sourire, de ses lèvres sur celles d’un autre et de ses yeux dans les miens.