J’écris, donc je vis

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Voilà des semaines que je n’écris plus. Quelques mois que mon esprit ne laisse plus de place aux inventions, aux mots, aux envies. Il ne nourrit que ma douleur, mes faiblesses, mon sommeil, mes émotions extrêmes et les plus noires. Ma maladie porte un nom, elle s’appelle dépression.

Certains pensent que j’en abuse, que je suis trop fragile, trop centrée sur ma personne, trop flemmarde pour prendre mon courage à deux mains et affronter la cause de mes maux. Je ne parle que peu de mon état. Il me ronge depuis des mois. Des années ? Oui, des années. Petit à petit, il s’est installé dans ma vie, caché derrière le sourire de mon enfance. Il ne faut pas croire tout ce que l’on voit.

Aujourd’hui je ne peux plus rien cacher, parce que pour guérir il me faut assumer ma maladie, pour la combattre il faut identifier l’ennemi. Pour le vaincre, il faut être le plus fort. Mon ennemi est pesant, froid, il se coince dans ma gorge, s’étale dans mon ventre, me paralyse et prend le pouvoir. Je ne vois plus que lui, il ronge ma tête, a découpé mes rêves, broie ce que j’étais, me parle dans le noir. Tous les noirs : quand le soleil se couche, oui, mais aussi quand je suis seule, quand je ne le suis pas et quand le monde me coupe le souffle. Quand je dois m’occuper de mes enfants, remplir mes tâches quotidiennes. Faire semblant d’être bien, sourire à mon amour, rire avec mes petits, rassurer.

Jusqu’au moment où je ne peux plus assurer. Le lucide se bat avec le mal. La dépression est une maladie mortelle même si je ne veux pas partir, me voilà sa poupée, elle tire les ficelles, je peux bien crier. Je préviens autour. Faites attention à moi, je pourrais bien faire un tour de magie et disparaitre d’un coup de baguette, une fenêtre ouverte, une voiture qui passe, un médicament mal dosé.

Les regards changent, j’espère être sauvée. Je suis ma dépression, elle ne me quitte pas. Je manque de souffle, de distance, de repère. Je ne veux pas perdre de vue le bonheur, je voudrais le retrouver. J’ai tout ce qu’il me faut pour le voir à mes côtés. Il est là, tout près.

Les molécules me shootent. Je prends un médicament pour me guérir qui rend suicidaire. Je m’interroge. Les médicaments contre un cancer donnent-ils un autre cancer en effet secondaire ? Je ne comprends pas. Ça ne va pas. Augmenter la dose ? Pourquoi ? Plus je dose plus je dors, moins j’ai de temps pour penser à partir, c’est peut-être cela guérir.

Par moment tout va bien, le pire est derrière moi, je cours, je ris, je range, je trie, je parle, je demande. Je vis trop fort, trop vite, trop. Effet yoyo, effet maso. Épuisant, quand j’en sors, je tombe.

Mes médecins, tous me disent qu’après toutes ces semaines de traitement je devrais aller mieux. Pourquoi n’est-ce pas le cas ? Vous me posez la question ? Comment puis-je savoir ? C’est vous les spécialistes.

Ce texte n’est pas que sombre. Ne prenez pas peur. Ne vous dites pas qu’« elle pète les plombs ». Non il y a du bon : Jusqu’à peu, j’avais honte de mon état de ce que je suis devenue, des souffrances que j’ai endurées et qui m’ont emmenée ici même. Je me croyais faible de craquer. En vérité, je suis forte. Je suis super forte. Je suis SUPERAV. Oui. Parce que j’ai mis 5 ans à craquer, et parce que maintenant je refuse cette douleur. Parce que je sais demander de l’aide, et l’écouter. Je veux vivre et aimer. Parce que je vais gagner et bientôt je sourirai en vrai.

Autre chose, en lisant ce texte ne me dites pas « ne publie pas ça, il ne faut pas, ce n’est pas bon pour ton image, ce n’est pas bon pour toi ». Je n’écouterai pas, je n’écouterai plus. Trop de gens me censurent. Pour leur bien ou pour le mien ? Je suis maitre de moi. Je décide ce que je publie ou pas.

Une autre bonne nouvelle. Voyez, depuis des semaines, je n’arrivais plus à écrire. Ce premier texte est pour toi, ma douleur : Tu perds du terrain, je souris. J’écris, donc je vis.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #52

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Pour fête la rentrée littéraire, les éditions Calmann-Lévy ont proposé à Leiloona un projet fou : allier notre atelier d’écriture à une masterclass qui aura lieu au Labo des Histoires avec Donato Carrisi, l’auteur du Chuchoteur, le lundi 5 septembre !

Le concept est le suivant : à partir de la couverture de son nouveau roman La fille dans le Brouillard, nous écrivons un texte, publié aujourd’hui, le lundi 29 août, et Leiloona effectuera un tirage au sort pour savoir qui participera à cet atelier d’écriture avec Donato Carrisi !

Allez c’est parti. Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

La nuit me glace. Noire et froide, elle me couvre et me paralyse. Elle ne laisse rien au hasard. Aucune chance à la lumière ni à l’espoir. Noyé dans son épaisseur, j’avance lentement, difficilement. Le vent me freine et me coupe. Tout m’oblige à renoncer. Je ne renoncerai pas. La nuit me connait bien mal. Sa lune douce et claire m’a souvent entendu prier, souvent vu l’admirer, m’entêter à rêver et à espérer. Elle devrait savoir que je n’abandonne jamais.

Je l’ai vu, je veux la retrouver. Je dois vous parler d’elle. Si je ne le fais pas, qui le fera ? Ne pas l’oublier. Je dois écrire ce dont je me souviens pour la voir vivre encore près de moi. Si proche. Les mots s’enfuient de ma mémoire. La maladie me fait perdre la raison, les mots, la logique. Mon cœur, lui est sain et sauf ! Il se souvient de tout. Bientôt je ne pourrai que ressentir son manque, la cruauté de ce vide qui broie ma vie, mais je n’aurai plus de mots pour l’exprimer. Vous parler d’elle avant que je ne sois plus capable de le faire, c’est ma priorité.

Et puis, la vieillesse… Personne n’écoute plus un vieil homme froissé par la vie. Mon amour a 20 ans. Mon amour est sans âge. Mon amour est un môme futile, emporté, innocent, qui court dans les prés, dans les forêts. Dans les champs. Ne voyez-vous pas que je ne suis qu’un enfant ?

Toutes les nuits, je la cherche. Ici, là, je la cherche à en crever. Mais quand le soir est brumeux, quand l’obscurité s’enfume, alors je m’enflamme. C’est durant une nuit comme celle-ci que je vais la retrouver. Car c’est ainsi que je l’ai perdue.

Je marchais. Droit devant. Pourquoi ? Vers quelle destination ? Je ne sais plus. Quelle importance ? Je marchais droit devant. Le brouillard bouchait la vue, mais ce chemin, je le connaissais bien. J’avançais du haut de mes trente ans, fort, impétueux, sûr de moi, de ma route, de mon destin. Mes jambes portaient mon corps et mes désirs, mon cœur battait pour l’avenir. À trente ans tout est possible. Je peux le dire maintenant. À quarante, à cinquante, à soixante aussi. Mais je ne le savais pas. Pour moi, à l’époque, la vie s’arrêtait là.

Perdu dans mes pensées, dans mes idées, je l’ai bousculée. Je ne l’ai pas vue arriver. Elle m’est tombée dans les bras. Un parfum de jeunesse, de savon, de rose et de lilas. En tombant dans mes bras, mes mains ont frôlé ses bras. Doux, tendres, une caresse, un frisson. Sa respiration sur ma joue m’a tenu en arrêt. Une brise sur ma peau. Son ventre sur le mien. Sur mon coeur, ses seins… Mes yeux ont accroché les siens. Verts, profonds. Deux puits sans fond, transparents, inquiétants, agités. Sa bouche s’est entr’ouverte, j’ai espéré un baiser. Je ne savais plus qui j’étais. J’ai espéré un baiser, mais elle s’est reculée. A étouffé un petit cri, s’est excusée. Ses cheveux longs dansaient sur ses épaules, une mèche chatouillait son menton, j’aurais aimé qu’elle me frôle à mon tour.

Ses mains taquinaient le tissu de sa robe. Elle me sourit, s’excusa encore et partit. Je l’ai suivi. Je n’aurais pas dû, je sais, mais je l’ai fait. Je l’ai suivi. Son pas s’est accéléré. Non. Pas pour m’éviter. Pour tomber dans les bras d’un homme. De celui qu’elle espérait. Alors j’ai reculé. Elle l’a embrassé. Mais tout en fondant ses lèvres sur les siennes, c’est moi qu’elle regardait. C’est à moi qu’elle l’offrait, ce baiser. Ils se sont regardés, ils ont ri. Enlacés, ils sont partis. Le brouillard les a engloutis. J’entendais encore ses talons, son rire. Je devinais le reste. Blessé.

Ma vie est passée. Parfois j’ai cessé d’y penser, mais je ne l’ai jamais oublié. Si j’avais été plus courageux, je l’aurais abordé, je lui aurais dit de m’aimer.

Voilà. Ma vie s’en est allée. Aujourd’hui je n’ai plus rien que son parfum, la mémoire de son souffle, de son sourire, de ses lèvres sur celles d’un autre et de ses yeux dans les miens.

 

 

 

 

 

La vérité sur l’Affaire Harry Quebert

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de Joël Dicker

Présentation du roman par l’éditeur :

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Biographie de l’auteur :

Joël Dicker est un écrivain suisse de langue française. Il est né le 16 juin 1985 à Genève.
Il est diplômé de la Faculté de Droit de l’Université de Genève.

Un extrait, une phrase :

« Un nouveau livre, Marcus, c’est une nouvelle vie qui commence. C’est aussi un moment de grand altruisme : vous offrez, à qui veut bien la découvrir, une partie de vous. Certains adoreront, d’autres détesteront. Certains feront de vous une vedette, d’autres vous mépriseront. Certains seront jaloux, d’autres intéressés. Ce n’est pas pour eux que vous écrivez, Marcus. Mais pour tous ceux qui, dans leur quotidien, auront passé un bon moment grâce à Marcus Goldman. Vous me direz que ce n’est pas grand-chose, et pourtant, c’est déjà pas mal. Certains écrivains veulent changer la face du monde. mais qui peut vraiment changer la face du monde ? »

Ce que j’en pense :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas en avance pour découvrir ce livre. Il est sorti en 2012, et je profite de l’été 2016 pour le lire. Je ne le regrette pas, c’était le bon moment. Et j’ai passé un bon moment. Mais je reste très légèrement déçue. J’avais entendu tellement de bien de ce livre (sans lire de chronique, juste du bouche à oreille) et avec les prix qu’il avait reçus, je m’étais naïvement dit qu’il devait être spécial.

En fait, il ne m’a pas bousculé.

Comprenez-moi bien : j’ai passé un moment vraiment agréable. L’histoire est bien faite, les personnages facilement identifiables, les images viennent rapidement.  Mais trop rapidement… Les protagonistes me paraissent clichés, la ville typique de l’est américain, l’ambiance, tout, j’étais chez moi. Ou plutôt non, j’étais chez Mary Higgins Clark. Même ambiance, même tout, la différence ?

Ici, l’héroïne n’est pas une américaine célibataire et libérée (mais un peu seule) de 30 ans, à un tournant de sa vie, grande longue et fine, qui se nourrit de thé et d’un petit gâteau sec quand elle a faim, ou qui parfois oublie de se nourrir la conne, qui serait avocate ou qui aurait une galerie d’art à New York. (Soyez indulgents, mes références MaryHigginsClarkiennes remontent à ma fin d’adolescence (il y a plus de 20 ans, ça va…), ses livres ont peut être changé de genre, depuis.)  Là, le héros est un bel écrivain. Célibataire, libre mais un peu seul, à un tournant de sa vie, beau gosse, sportif, qui se nourrit de café au bar du coin. Youpi. ça me parle.

Entendez-moi bien : donc j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé l’amitié entre Harry Quebert et Marcus Goldman très sympa, l’intrigue très bien ficelé, la petite Nola très attachiante, les rebondissements très rebondissants. Mais en fait trop. A la fin trop de rebondissements ne tuent-ils pas le dernier, celui qui compte vraiment ? (parce que si c’est le premier ou le deuxième qui compte, on s’épargne 400 pages sur 800)

Je ne sais pas.

Joël Dicker m’a perdue sur les dernières pages, j’ai fini par ne plus y croire. Et cela m’a déçue, car les 750 premières étaient très sympas. Mais à force de guetter l’inattendu, le lecteur n’attend plus rien.

Ce qui m’a aussi étonnée, c’est le style. Il a reçu quelques prix, je m’attendais à une écriture particulière. Or le style m’a paru plat. Joël Dicker sert son intrigue, son histoire, mais va à la facilité, et je n’ai pas trouvé de poésie, ni dans le choix des mots, ni dans certaines tournures, qu’il aurait pu intégrer lorsqu’il rédige le livre dans le livre… Vous comprendrez quand vous le lirez.

 

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert m’a permis de passer un bon moment en vacances, je le retrouvais avec plaisir chaque jour. Joël Dicker est un magnifique raconteur d’histoire et j’aimerais avoir la moitié de son talent. Mais après en avoir tant entendu parlé, j’avoue que je ne comprends pas pourquoi on m’en a autant parlé.

Pour les trois derniers qui ne l’ont pas encore lu, lisez-le. Vraiment vous passerez un bon moment. Pour les autres qui l’ont lu et qui ont adoré, n’hésitez pas à me dire en commentaire pourquoi !

 

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Le festin du lézard de Florence Herrlemann

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Présentation du roman par l’éditeur : Antigone 14

La nuit est tombée sur la grande et mystérieuse maison. Au fond du parc, la lourde grille reste obstinément fermée sur l’autre monde. De la salle à manger montent des voix. Avec son fidèle Léo, Isabelle se prépare à descendre dîner. Tout semble normal.

Normal ? Pas si sûr…

Très vite, le doute s’installe : qui sont-ils, cette Mère qui terrorise Isabelle et règne sans partage sur ce monde comme replié sur lui-même ? ce Léo, qui jamais ne parle, ni ne répond ? ces visiteurs, dont Isabelle semble tant redouter la présence ? Et pourquoi ces barreaux, aux fenêtres de sa chambre ? Qui donc est Isabelle ?

Dans cette fresque allégorique de l’écrasement et de la toute-puissance matricielle, Isabelle raconte, se raconte : les mots sont sa nomination du monde, sa revanche, sa seule et dérisoire forteresse… Des mots qu’elle lance comme un S.O.S., des mots que l’on reçoit comme une pierre dissimulée dans une boule de neige…

Le Festin du Lézard : un texte lumineux comme un ciel d’orage, onirique et poignant.

Biographie de l’auteur : 

Née à Marseille, Florence navigue entre Lyon, où elle vit, et Paris, où elle travaille. Premier bain artistique à 15 ans à Nice, avec trois ans de cours de théâtre. Plus tard, à Paris, ses rencontres avec de nombreux artistes lui permettent de « toucher » à la musique et à la sculpture avant de décider, en 2003, de passer derrière la caméra. Elle réalisera, entre autres, un film de sensibilisation à l’enfance maltraitée, diffusé par le Ministère de la Famille.

Le Festin du Lézard est son premier roman.

Un extrait, une phrase :

Ressentez-vous la menace, Léo ? Etant donné le bruit épouvantable que font ses pas dans l’escalier, je la sens décidée à venir nous rendre une petite visite. Je sais que je vais avoir peur, d’ailleurs j’ai peur. Je sais que je ne vais rien pouvoir faire. D’ailleurs, je ne suis plus en mesure de bouger.
Je mesure l’horreur qui nous attend.

Ce que j’en pense :

Ma première attirance a été pour la couverture de ce livre. Cette silhouette de femme flottant dans un paysage sombre, anxiogène, étonnant, elle m’a tout de suite donné envie de découvrir les mots de Florence.

Puis sont arrivés les mots de Denis, ceux des chroniques du hibou. Son enthousiasme, son coup de cœur et sa fièvre à faire connaitre ce roman, cette auteure. Par la suite, j’ai vu passer beaucoup de billets étonnés, flatteurs, séduits.

J’ai donc décidé de le lire. Au milieu de ma lecture, il a fallu que je fasse des pauses, que je dise oui, je le lis, je suis dedans, j’y suis mais j’ai peur. J’ai mis du temps à savoir ce que j’en pensais vraiment. Où l’auteure veut-elle nous emmener ? où veut-elle en venir ? que peut être la fin ?

Il n’y a aucun doute : Florence Herrlemann a un style, une patte. Une capacité à décrire une certaine folie, à installer une atmosphère entre le rêve et le cauchemar, jamais loin d’une réalité cruelle, parfois insoutenable.

Je l’ai senti proche, la vraie vie, de vraies blessures qui écorchent Isabelle, qui la malmènent. A moins que ce ne soit que sa folie propre. Je ne peux rien dire. Je ne dévoilerai rien. Combien même je le voudrais, c’est impossible. Je peux vous raconter une histoire, un début, un milieu, une fin, un autre lecteur en aura retenu toute autre chose. Et c’est là aussi probablement une nouvelle force de Florence : nous laisser notre libre arbitre sur les images que l’on en garde.

Ce roman est torturé, douloureux, violent, mais d’une façon psychologique comme dans les vieux films d’horreur du Hollywood des années 50 où il n’y avait pas besoin de sang et de blessures immondes pour faire peur. Tout se passait dans la mise en scène, dans les regards et les silences, dans la musique et la psychologie des personnages. C’est ce que j’ai ressenti en refermant ce livre. J’ai vécu un drame psychologique en noir et blanc, de ceux qui font vraiment peur, et qui ne jouent pas avec la facilité.

Je suis très curieuse de voir ce que peut écrire Florence Herrlemann après ce roman. Va-t-elle rester dans ce style enrobant mais angoissant ou peut-elle se promener dans un autre environnement plus léger ?

A suivre… Merci Denis pour cette lecture. Merci Florence Herrlemann pour ce roman différent. Cela fait du bien d’être secouée parfois.

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Broché: 160 pages

Editeur : Antigone14 Editions (2 avril 2016)

TOMBER de Eric Genetet

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Présentation de l’éditeur : Editions Héloïse d’Ormesson

Le 5 juin 1983, Yannick Noah s’apprête à disputer la finale de Roland-Garros. Si son idole l’emporte, Mariano s’est promis de parler à son père, barricadé dans son mutisme. Car depuis le départ de sa mère, le silence pèse dans leur maison de Wissembourg. Et ce gamin de treize ans ne peut s’empêcher de se sentir responsable, même s’il parvient à s’évader par le sport et à conjurer la tristesse à coups de madeleines fourrées à l’abricot. Mais en ce grand jour, Mariano va voir le cours de sa vie basculer.
Avec sensibilité, Éric Genetet dépeint le goût doux-amer d’une enfance délaissée et le difficile apprentissage de l’existence.Tomber est un récit intime, où seuls l’espoir et la volonté permettent de se relever.

 

Biographie de l’auteur :

Né en 1967, Éric Genetet a publié quatre romans : Le fiancé de la lune (2008), Et n’attendre personne (2013), Solo (2013) et Tomber(2016). Il fut pendant vingt-cinq ans, animateur à la radio (France Bleu), à la télé (TeléAlsace) et chroniqueur pour différents médias en Alsace (Zut, Poly, Passions Vin, Sport Alsace, Strasbourg magazine…). Il vit et travaille à Strasbourg.

Un extrait, une phrase : (ici deux…)

Les silences de mon père sont des murs de briques dressés devant moi dans lesquels je me cogne violemment, il n’existe pas de docteur Fuchs contre cette souffrance. C’est une douleur qui fait plus mal que l’effet de ses colères. Lorsqu’il arrive à mon père de faire un geste tendre ou un sourire, il perd pied devant les sentiments, comme si ma mère ne lui avait laissé que l’obscurité pour horizon. Au fil des mois, il a fini par s’oublier, et m’oublier.

Jamais l’eau froide de la douche ne m’a fait autant de bien. je me lave de tant de choses qui n’ont rien à voir avec la sueur. J’ai relevé le défi avec la force d’un homme rompu à dépasser ses peurs. A vivre sans son père. J’ai repoussé la limite de mes capacités à endurer les souffrances physiques et mentales, je sais que je n’oublierai jamais mes pas sur la terre battue de ce parcours de santé.

Ce que j’en pense :

Une histoire comme je les aime. Un livre que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminé. Notre jeune héros nous parle, se parle, parle à son père. Il cherche à comprendre, à trouver sa place. Il attend de l’amour, de l’intérêt, il n’en reçoit que trop peu. Pourtant, il a des rêves et des désirs. Il s’y accroche comme à la bouée de sa survie.

Ce récit est ponctué par l’approche de la finale de Roland Garros avec Yannick Noah, cette finale magique dont tout le monde se souvient comme l’un des moments forts de notre histoire sportive. Mariano l’attend comme l’événement de sa vie. Il ne se doute pas à quel point.

Eric Genetet installe une atmosphère particulière, tendu et douloureuse souvent. Et pourtant il s’en dégage une tendresse particulière. Un enfant qui ne demande qu’à comprendre et à aimer son père. Se souvenir de sa mère, et lui pardonner son départ. Se pardonner à lui-même, de ne pas être un enfant parfait.

L’histoire poignante d’un enfant solitaire qui se recroqueville sur sa vie pour y préserver son essentiel.

Mon cœur battait au rythme de celui de Mariano. Avec un immense talent, l’auteur nous fait rentrer dans son histoire, et ne nous rend notre souffle qu’à la dernière ligne.

Un roman délicat et subtil, à lire évidement pour la qualité de l’écriture, le talent de  d’Eric Genetet, l’affection que l’on porte immédiatement à son jeune héros, et les émotions que nous offre cette histoire.

De belles émotions à la lecture de ce roman. Une réussite.

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ROMAN

160 PAGES | 16€
PARU LE 14 AVRIL 2016
ISBN : 978-2-35087-358-9
PHOTO DE COUVERTURE © SABINE TIMM – @VIRGIN_HONEY

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #51

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Pour cette semaine, Leiloona nous offre une photo de Claude Huré.

Evidemment elle ne peut que me parler. J’espère que vous aimerez ma proposition sur ce voilier.

N’hésitez pas à y laisser un petit mot.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

Tout va bien. Et bientôt, tu vas voir, tout ira encore mieux.

La galère dernière nous, on l’aura, notre maison de pêcheur surplombant l’océan, notre vue sur l’amour. Nous vivrons les changements comme ces couleurs qui dansent sur la toile du ciel. Nous ne craindrons plus le pire, nous attendrons, sereins, les virages de la vie. Car tout sera bien.

Il y aura du rouge, du vert, du jaune, des couchers de soleil, c’est tellement beau, toutes ces couleurs, tu ne trouves pas ? Elles sont magnifiques. Je ne me lasserai pas de les regarder. Je fermerai parfois les yeux, juste pour mieux sentir la mer me parler. Et quand je les ouvrirai à nouveau, ils s’accrocheront sur ce petit bateau, sa voile rouge et sa liberté. Je le saisirai au vol et je ne le quitterai plus.

Quand il voguera sur ces eaux-là, c’est que tu seras à sa barre, heureux capitaine à changer de bord, à danser sur la vague, à glisser, à nager, à vivre !

Et je m’endormirai enfin avec toi, chaque nuit de ma vie, Dieu comme j’en rêve !

Chaque jour ensemble, nous aurons tout. Un voilier, une vue, nous.

 

 

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #50

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Bonjour à tous, Vive le lundi  !

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book, sur une photo de Leiloona.

Il s’agit de ma 50ème participation, et c’est bien l’une des meilleures choses que j’ai commencée voici un an et demi.

Merci Leiloona pour ces 50 semaines d’écriture et de bonheur 

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


Bien sûr, le ciel est gris, noir par endroit, les nuages manquent de nous tomber sur la tête. Le ciel pourrait être bleu. Mais il ne l’est pas. La vue ne donne pas sur la mer, les murs sont sales et la vie pas toujours rose. Bien sûr.

D’accord, tu peux regarder la télévision, écouter la radio, te tenir au courant, râler, te rebeller, refuser ou accepter, te battre contre, te battre pour, te désespérer ou y croire à nouveau. Tu peux refuser ces informations, tous ces tarés qui détraquent le monde. Tu peux pleurer sur ton sort, envier celui de ton voisin, ne pas supporter la réalité, ou vivre dans un rêve. D’accord.

Je veux bien te voir tout critiquer, ou tout accepter, que tout soit prétexte, rien ne soit de trop, que tu t’emballes pour n’importe quoi, que tu t’enflammes pour le moindre mot. Je veux bien.

Tu peux tout me dire, presque tout me faire, tu peux même te taire. Oui, surtout ça, tu peux le faire.

Mais tu ne m’empêcheras pas de m’arrêter un instant, quel que soit le lieu, quel que soit le moment pour regarder l’arc-en-ciel, que m’offre le temps. Quand il en vient un, tu peux bien râler le reste de ta journée, mais là tu te tais. Je me pose là, je le regarde tranquillement. J’essaye de distinguer toutes ses couleurs en prenant mon temps.

Ça ne te plait pas ? Il faut aller plus vite ? Non, là je ne bougerai pas. Que veux-tu, c’est bien malheureux, oui. Mais c’est comme ça.