ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #45

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Bonjour à tous, voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book

sur une superbe photo, signée Romaric Cazaux !

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


RENTRER DANS LA LUMIERE

Laisser l’obscure derrière moi. Ne pas me retourner. Plus jamais. Plus d’angoisse, pas de crainte, aucun doute. Allez de l’avant, droit devant. Ne pas laisser gagner les pensées sombres, les critiques, ni les rires. Ne plus entendre les reproches déguisés.

Un poignard dans chaque étreinte, du poison dans les bonbons.

Les sourires jaunissent dans la lumière.

Ouvrir les yeux, juste les ouvrir un peu. Regarder en face mes amis, me détourner de mes ennemis. Il y a tant de beaux visages, quand on prend le temps.

Prendre le temps.

Le prendre vraiment. Goûter, savourer, et quand le bonheur est attrapé, ne pas me laisser capturer par ceux qui n’aiment pas me voir gagner. Ne pas écouter leurs mensonges, ne pas me laisser dans le doute. Ni la douleur m’atteindre.

Si mon bonheur est là, c’est qu’il est là pour moi.

Me délester de tous mes maux : La culpabilité, les regrets, les doutes, les « plus jamais ». Maintenant à chaque pas, un plomb de plus s’en va. Le poids du passé disparait.

Se libérer. Rêver. Toujours rêver. Ne pas oublier. Jamais. Sourire. Dire « merci ». Dire « je t’aime ». Dire « reviens ». Dire « Toujours ». S’habiller de simplicité, de sincérité, d’envie.

Oh, oui, avoir envie. Tout le temps envie. Envie de voir, rire, espérer, rêver, profiter, croire. Croire.

Avancer, presque voler. Et sur la pointe des pieds

Rentrer dans la lumière. Enfin.

 

 

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ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #23

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Voici ma 23ème participation  à l’atelier d’écriture de Bric à Book et une superbe photo de Romaric Cazaux

Départ pour New York imminent ! et pour découvrir tous les textes, c’est ici 

UN PONT VERS TOI :


New York, le 1er mai 2015

 Ma douce,

Le soir tombe sur la ville, comme il tombe sur mon cœur : sombre, incertain, immuable. Et pourtant, mille lumières brillent autour de moi. Mille espoirs de voir partir nos errances et nos doutes en éclat.

Loin de toi depuis des jours, je visite New York, je parcours ses rues, rentre dans ses musées, rencontre ses habitants. Tout y est immense, incroyable, excessif, trop ! Je me sens minuscule, mais je ne suis pas perdu. Je me sais seul au milieu de la foule, mais je ne suis pas oppressé.

Parce que je comprends que cette solitude est nécessaire à nos retrouvailles. Je me suis éloigné pour que nous nous rapprochions.

Tu es une femme sauvage, solitaire et blessée. Tu te méfies de tout : Le sourire des enfants, la motivation des personnes qui t’entourent. Leur réussite n’est que le reflet de tes échecs. Tu soupèses, tu compares, et tu flanches.

Tu doutes de tout, comme de moi, mon amour. Même si je sais que tu m’aimes, si je sens que dans mes bras tu te détends, parfois.

Alors je suis parti pour te laisser une respiration, pour me laisser un espace, et comprendre comment avancer avec toi… Ici, à New York, dans cette ville grouillante, démesurée, j’ai senti ton manque, ton absence. Les odeurs en oublient ton parfum, les sourires pales ne se comparent plus aux tiens.

Je suis comme cette carte postale qui t’envoie mes pensées : Dans l’obscurité, dans le manque de toi, endormi mais en veille. Pourtant ébloui par l’évidence qui me crève le coeur. Et tous ces rêves incroyables que j’ose caresser…

Et demain… Demain, cette carte me quittera pour te rejoindre. Elle me précèdera de quelques jours. C’est le pont qui me relie à toi.

Je te retrouverai, ma si belle, avec une demande comme une évidence, une question lumineuse, et mes yeux accrochés aux tiens, attendront ta réponse. Je quitterai New York, ville de tous les possibles, plein de l’espoir de te conquérir à nouveau.

Attends-moi encore un peu.

C.B.


ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#17

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Deux semaines depuis le dernier atelier d’écriture de Leiloona, c’est trop long…

Voici la photo new-yorkaise de Romaric Cazaux, ma participation ci dessous et toutes les autres ICI

Bonne semaine !


EN ATTENDANT LA LUMIERE BLANCHE

Lorsque Jen est rentrée, elle s’attendait à me trouver dans le salon en train de téléphoner, ou sur le Mac, à répondre à des mails. Elle devait s’attendre à devoir râler encore une fois, parce que je n’avais pas vidé le lave-vaisselle, ouvert le courrier, payé les factures, ni rangé le salon.

Elle devait s’attendre à me voir ne pas la regarder.

Il y a cinq ans, nous avions des rêves, des envies, des croyances, des superstitions. Un tas de petites choses pour conjurer le sort, pour qu’on obtienne le boulot, le contrat, le salaire. Les doigts croisés, le cœur plein de bonheur, d’espoir, de rêves fous, mièvres : Nos rêves.

Elle m’a beaucoup dit :

– Tant pis, ce n’est pas grave !

– La prochaine fois, c’est que tu ne devais pas l’avoir, celui-là !

– Je ne le sentais pas, de toutes les façons, ce n’était pas pour nous !

On a parfois bu le champagne, acheté pour la victoire, fini pour la prochaine.

On a beaucoup cru que la malchance s’était un peu trop arrêtée sur nous, et que c’était forcément la dernière fois. « La roue tourne ! » comme on dit… Oui… Ça ! Pour tourner, elle tourne. Elle tourne en rond, même…

Parfois, je lui disais :

– Tu verras l’année prochaine, on se le payera, ce séjour à la montagne.

– A la santé de l’été à la mer ! Mais si, on ira !

– Qu’ils nous regardent, tous, ceux qui ont tout, et qu’ils nous plaignent, nous qui n’avons rien. Le vent va tourner et quand ils seront dans la merde, on verra à quelle porte ils vont frapper…

Parce que je les ai entendus se dire que je ne devais pas assez bosser, pour si mal y arriver. Je les ai entendus croire qu’on était trop dépensiers. Je les ai entendus penser qu’on était panier percé.

Je les ai vu attendre mes aveux, que je pleure et que je jure que oui, c’est vrai, je ne me donne pas les moyens. Que je préfère crever dans le salon, plutôt que de travailler avec ma tête ou avec mes mains.

Cela les rassurerait, que j’avoue, n’est-ce-pas ?  Ils se sentiraient plus forts, bien organisés, bon gestionnaires ? Voilà. Ils sont tous formidables, et moi je ne suis rien.

Au début, c’était pour quelques semaines, juste quelques semaines pour trouver du travail. Puis quelques mois.

Après ces quelques mois, une année. Deux années. La chance va passer.

Puis je les ai entendu se taire lorsqu’on s’approchait. je les ai entendu penser :

– Deux années, des années…. Ils ne sont pas doués.

– On y a bien pensé, on pourrait les aider, mais on ne va pas leur prêter de l’argent, ce ne serait pas leur rendre service, ils doivent s’en sortir seuls.

– Et elle, pourquoi elle reste ? Elle aime ça ou quoi ? Et lui, pourquoi il ne fait pas éboueur, il est trop fier ? Il n’y a pas de sot métier, il se prend pour qui ? Dans sa situation, il ne devrait pas penser à son orgueil, enfin !

Je les ai entendus tous. JE VOUS ENTENDS TOUS, VOUS SAVEZ ?

Si elle ne partait pas, c’est qu’elle croyait en moi. Qu’un de ces quatre, ça allait marcher, qu’on allait m’embaucher pour ce que je sais faire. Et tant qu’elle croyait en moi, et bien, moi, j’y croyais aussi…

J’aurai pu faire le choix d’être éboueur, mais vous, l’auriez-vous fait ? Et nous auriez-vous reçu du haut de votre gloire, de votre argent, de votre réussite ?

C’était un courage ou un renoncement que je ne pouvais pas avoir… Pas encore.

Alors, voilà. A force de ne plus supporter de vous voir partir skier, à force de détester vos moyens, votre argent, votre maison à la campagne, à la mer, vos voyages, malgré vos « soit-disant » fins de mois difficiles parce que ça ne paye plus comme avant d’être chirurgien/dentiste/architecte/journaliste/consultant/banquier/publicitaire… Ce que vous voulez.

A force de vous voir avoir tout, et moi de me voir n’avoir toujours rien, l’écart s’est creusé. Irrémédiablement.

Tous les matins, sans travail, je me lève, comme vous ! je m’habille comme vous, je vais à mon bureau comme vous ! Sauf qu’il est au bout de mon salon, qui est aussi ma salle à manger et ma cuisine. Et que de mon bureau, je vois toute ma vie. De là, je réponds à des annonces, je participe à des concours, je prépare des dossiers, pour me vendre, pour vous plaire. Toute la journée. Mais toutes ces heures de boulot, ne sont pas rémunérées. Donc ce n’est pas un métier. Donc je n’ai pas de statut. Je bosse à temps plein pour mon inexistence…

A la question : que faites-vous dans la vie ? je pourrai répondre,

j’aime écrire, écouter les Beatles, faire des gâteaux, regarder ma femme marcher, courir dans le parc. Sinon, je cherche à travailler.

Mais à cette question, je réponds :

Rien. Pour l’instant, je ne fais rien. C’est compliqué.

Alors, on me regarde gêné, si j’ai de la chance on me jette un sourire et on se tourne vers le voisin.

Et quand nous partons en weekend, quatre jours tout au plus, nous sommes comme ces « gros » pointés du doigt,  en flagrant délit de manger une glace dans la rue… « On sait pourquoi il est gros, regardez: il mange des glaces !  » c’est aussi bête, réducteur et méprisable « on sait pourquoi il n’a pas de métier, regardez : Il part en vacances ! »

Je suis aigri, je sais. Mais je suis tellement fatigué… Tellement.

Lorsque Jen est rentrée, elle s’attendait à me trouver dans le salon, en train de téléphoner. J’étais bien dans le salon, mais elle n’a pas eu le temps de râler. Elle a préféré hurler. Si j’avais pu entendre, elle m’aurait flingué le tympan, avec son cri strident. Heureusement, j’avais pris les choses en main, en m’éclatant le crâne avant. BANG !

Une petite balle dans la bouche. Hop ! Assuré de réussir, impossible de survivre, on tourne la page. C’est quand j’ai su qu’elle avait un amant, que j’ai vu le chemin, le seul qui me restait. Comme une évidence.

Ça, au moins, je l’ai réussi. Je ne comprends pas comment les voisins n’ont rien entendu. Probablement que les éboueurs passaient quand j’ai tiré. L’ironie du sort. Enfin…

Maintenant, Jen pleure, tremble, son regard est perdu, loin de moi, loin des questions qu’elle se pose. Elle ne ressent plus que le vide et la peur .

Oh, ne pleure pas. Je suis désolé pour le spectacle, bébé. Mais à force de passer pour un con, je me suis fatigué. Et puis je n’avais plus rien à perdre : Je sais que tu t’envoies en l’air avec l’autre, là, le gars du supermarché. Je sais que tu voulais me quitter. Je ne veux plus être rien, personne, une erreur, surtout pas pour toi. Alors quand j’ai vu ça, et les dettes… J’ai décidé d’agir, pour une fois.

Je les vois, les flics dehors. Ils sont là, à attendre que les collègues fassent le boulot, qu’on vérifie les empreintes, les meubles, l’arme, s’il y a un mot… Il n’y en a pas. Qui se soucie de moi ? Quelqu’un veut m’entendre, lire une lettre de moi ?

Ils sont là, dans le froid, devant la maison. Je les entends, même de là. Ils parlent du cadavre trouvé par la petite dame, des éclaboussures de cervelle partout, du carnage à nettoyer, du connard que je devais être, d’avoir laissé une petite nana, mignonne comme ça. Le gros se demande s’il lui reste de la bière dans son frigo et le petit à droite a juste envie de pisser. Il va probablement y aller.

Ils ont bouclé le quartier, il n’y a pas un chat ; Juste la neige, figée, commence à fondre, je le vois.

Je termine ma petite vie, je suis encore coincé ici.

Maintenant Jen ne pleure plus. Elle regarde dehors, en comptant le nombre de jours qu’il lui reste à me pleurer, pour rentrer dans les normes de la société, le nombre de nuits avant d’avoir le droit de me survivre, avec un autre… La salope… Elle ne pleurait pas ma perte, elle ne pleurait pas l’amour, elle pleurait le choc, le sang, les tâches,mon visage explosé …

Bon Dieu ! Suis-je obligé d’entendre ce qui se passe dans sa tête ? Pouvez-vous m’épargner, juste une fois ? Comment se fait-il que j’ai encore mal, alors que je ne suis plus là ?

J’attends la fameuse lumière blanche, je la cherche, mais pour l’instant je ne la vois pas.

Peut-être que pour le paradis aussi, je n’ai pas été choisi.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#16

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Voici ma 16ème participation  à l’atelier d’écriture

de Bric à Book et une photo enneigée de Romaric Cazaux..

Pour découvrir tous les textes chez Leiloona, c’est ici !

Pour ce texte, j’ai essayé de jouer avec les mots, leurs sens, leurs sons. N’hésitez pas à le lire tout haut !

(si vous avez envie bien-sûr…)


Je surnage, nue, sous la neige

Je surnage, nue, sous la neige,

J’affiche mes formes éphémères.

Mes talons maintiennent ma taille,

Mes hanches, blanches et mobiles ,

Dansent, solaires, dans ce panneau publicitaire.

Les gens gigotent et s’agitent :

En trouvant le temps du Nord,

Ils perdent du temps, d’abord.

Ils avancent au sens du vent :

Leurs sens en avance sur le temps,

Pour éviter de vite tomber,

Ils anticipent le verglacé.

L’un balaye, pour refouler le ballet

des passants, passés trop près

des plaques policées.

Les flocons flottent tout autour,

En flux tendu au fond des cours.

Les enfants, fans, foulent le sol froid,

Tandis que les parents se morfondent d’effroi.

Moi je m’en fiche, le froid ne me mord pas.

Dans mon affiche, la neige ne m’atteint pas.

ATELIER ECRITURE BRIC A BOOK #13

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Comment bien démarrer la semaine ? En se posant quelques instants pour habiller une photo choisie par Leiloona, de quelques mots durs ou tendres, drôles ou émouvants, simples ou plus complexes mais toujours chargés de sens…

Pour découvrir les textes de l’atelier d’écriture de Leiloona, c’est ici

Voici le mien, une inspiration libre sur une photographie de Romaric Cazaux.

J’espère que vous aimerez… belle semaine à tous !

LE PARDON


Parfait.

Elle est arrivée, bien à l’heure devant la boutique.

OH mon Dieu… elle n’a pas changé. Ou si peu. Un peu vieilli, peut-être. Et beaucoup de tristesse. C’est vrai. Mais qu’ai-je fait…

Elle attend patiemment, gentiment en regardant tous ces vêtements d’enfant. Elle ne sait pas que le message venait de moi. Elle se demande…

Cinq ans que l’on ne s’est pas vu. Après cette dispute ridicule. Je n’ai pas voulu l’entendre, je n’ai pas voulu accepter ses reproches, son autorité et son amour. Cinq ans que je me braque, que je refuse ses lettres, ses emails, ses appels. Cinq ans que je renonce à ma mère, par vanité, par orgueil, pour assouvir mon caprice du dernier mot.

Il fallait bien la punir, lui montrer  que je n’ai plus de leçon à recevoir de sa part. Que je n’ai pas besoin d’elle… Pas besoin d’elle. Quelle foutaise !!!!

Cinq ans que je la sens pleurer derrière mon épaule et que je ne me retourne plus. Cinq ans que j’ai mal aussi, mais je ne veux pas l’entendre. La vie continue, ma vie se construit petit à petit.

Mon travail, mes amis, mes amours… Et puis mon amour… Lui, qui est arrivé sans prévenir, qui a chamboulé mes jours et mes nuits, qui m’a montré le chemin à prendre. Même lui ne pouvait me raisonner jusque-là, me faire comprendre que c’est l’unique, la seule. Et je ne l’entendais pas.

Pourtant, la semaine dernière… Ce rendez-vous, cette annonce, ce changement, cet espoir. Cette vie, et ce vide… Je ne sais pas.

Je devais comprendre, revenir en arrière, m’excuser et la serrer dans mes bras. Ce chamboulement sans elle, non. Depuis, souvent, dans ma tête, je te le répète en boucle, je te parle tout bas :

Maman. Mon ventre s’arrondit et ma gorge se serre. Mon cœur bat pour deux, mais il s’arrête à chaque fois que je pense à toi; Je vais nourrir un enfant, le porter vers la vie, l’éduquer et l’aimer et tu n’es pas là pour m’accompagner, pour partager cet amour qui déborde. J’ai besoin de toi. Je t’aime plus que je ne le croyais. J’ai besoin de partager avec toi la femme que je suis, la mère que je deviens.

J’avance, lentement, je traverse la rue. Tu ne te retournes pas. Pas encore. Tu regardes les bodies, les culottes, les rayures et les couleurs, l’enfance, la vie. Cela doit probablement te ramener à moi, bébé, l’époque du bonheur. Je suis presque derrière toi, sur le même trottoir. Mais je m’arrête, je ne peux aller plus loin.

Tu dois entendre mon cœur battre derrière toi :Tu te retournes et tu me vois. Tes yeux s’ouvrent. Ta bouche tremble. Ta main se ferme, puis s’ouvre et se tend vers moi… les deux bras. Je vois ta larme sur ta joue. Je te regarde encore loin. Mon regard se brouille, mes larmes débordent. Je pose ma main sur mon ventre, je la laisse doucement, tendrement, et je m’approche de toi, hésitante. Je me rends compte du mal que j’ai fait en me fermant. Du temps perdu par fierté.

Tu me vois maintenant, tu comprends, tu souris. Tu me prends dans tes bras, mon visage dans ton cou, les battements de ton cœur à l’unisson avec le mien et celui du bébé. Le fil rouge.

Cinq ans que je refuse de t’aimer, et en un instant tu m’as tout pardonné.

Maman, apprends-moi à être comme toi : un être d’amour inconditionnelle, le pardon généreux, le sourire aux lèvres.

PARTICIPATION ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#3

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Voici ma nouvelle participation à l’atelier d’écriture de Leiloona Bric à Book.

Une Inspiration amoureuse, offerte par une magnifique photo de ©Romaric Cazaux

Et pour découvrir tous les autres textes que cette photo inspire, c’est ici !

Le soir arrive, et encore aujourd’hui, je n’ai pensé qu’à toi. Ton absence a rempli ma journée comme à chaque fois. Te savoir si loin, ne pouvoir te toucher. A qui as-tu parlé ? As-tu pensé à moi ?

Moi je n’ai pensé qu’à toi, qu’à ton retour, mon amour : A tes yeux, quand ils transperceront mon regard. A ton visage lorsqu’il se tendra vers le mien, quand tes bras s’ouvriront, pour accueillir les miens.

Voilà longtemps maintenant que tu es parti. Mais aujourd’hui tu me rejoins. Et toujours cette peur que tu m’en aimes moins.

Pourrais-tu être déçu ? Ta mémoire pourrait-elle me rendre plus jolie, plus désirable plus indispensable à ta vie, que ma réalité ? Je ne suis que moi, est-ce que cela te suffit ?

En attendant le moment de ton retour, je me prépare comme une actrice, pleine de trac, qui maquille la vérité pour rentrer dans la peau d’une autre, assurée, fatale, conquérante et conquise.

Pour que tu ne te trompes pas, assuré que la plus belle pour ta bouche, c’est moi.

Je ne veux pas en faire trop, mais pourrais-je ne pas en faire assez ?

Dans quelques minutes, tu te tiendras devant moi.

Mes tempes battent les trois coups, un rythme binaire cadence mon levé de rideau :

La sonnette, nos regards.

Un sourire, une étreinte.

Serrés l’un contre l’autre, pour ne pas laisser d’air entre nos corps soudés, que celui échangé par notre premier baiser.

Me voilà, je suis prête. Depuis le jour où tu as dû partir, je suis prête à te retrouver.

Maintenant que mon maquillage est posé, que mon cœur battant m’empêche de respirer, il ne me reste plus qu’une bougie à allumer.

Ton retour dans ma vie, c’est cette flamme intense, qui me réchauffe et m’éblouit.