Au royaume des crapauds fous surgit un merle blanc – Yves Michalon

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« Au royaume des crapauds fous surgit un merle blanc ».

J’ai reçu ce livre, et j’ai eu peur de l’ouvrir, peur de le lire, peur d’en parler. Je n’ai jamais douté de sa qualité. Je savais que je serais happée, bouleversée, emportée, je savais que je serais touchée, j’avais juste peur de ne pas savoir l’exprimer, le partager, vous donner l’envie de le découvrir à votre tour.

En vérité, j’ai toujours peur de ne pas avoir les mots, mais je me lance avec bonheur, car quoi de plus merveilleux que de vouloir vous convaincre de découvrir un livre, un écrivain, un homme à part ?

Présentation du roman par l’éditeur : 

Enfant de Budapest et de la guerre d’Algérie, Yves Michalon a grandi et titubé dans une ère d’abondance matérielle sans précédent. Hier Petit Poucet idéaliste et Sisyphe invincible, aujourd’hui merle blanc, il redonne vie au Pousse-caillou, témoin inquiet et mythique de son époque, pour nous offrir avec pudeur le portrait sensible d’une génération perdue et désenchantée, celle des enfants de Yalta et de Coca-Cola.

Un livre frémissant aux couleurs de ses émotions, qui nous propose d’écouter la voix, trop rare, d’un homme pour qui l’humanisme et la générosité ne doivent plus se conjuguer au passé.

Biographie de l’auteur :

Éditeur, Yves Michalon a participé à la création de nombreuses structures, associations et fondations, dont Est Libertés, qui soutiendra et accompagnera l’effort de démocratisation dans les pays de l’Est tout au long des années 90. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Le Pousse-caillou,  » l’un des livres mythiques de sa génération  » (AFP).

Pour en savoir plus : www.yvesmichalon.com

Un extrait, une phrase :

 » Certes, je n’en suis pas  à crier mon bonheur, mais je prends confiance et ai de plus en plus envie de passer du temps à la fenêtre. ne rien faire, ne penser à rien. Rien qu’à toi et aux enfants qui commencent  à se demander quel diable de père on leur a prêté. »

« Excusez-moi. J’ai trop tardé. Il faut que j’entre en scène. Ne croyez surtout pas que, perdu, j’ai jeté l’ancre. Je ne dis rien c’est tout. Derviche tourneur diront les uns, anachorète diront les autres. Que voulez-vous, ma force, je la tiens de l’inexprimé. Homme de communication, communicateur non communiquant, je veux voir à nouveau sur la page blanche la trace de mon âme apaisée. »

« Je n’ai pas les dents et les dons du bonheur, juste besoin d’être ailleurs, un pied dans l’éternité, la tête vagabonde à compter les jours qui se succèdent au rythme de mes songes. »

Ce que j’en pense : 

C’est une plume qui court à travers l’histoire, l’actualité, les grandes dates du passé. Yves Michalon m’a entrainée dans le récit d’une vie, en s’appuyant avec finesse et rythme sur les événements politiques et sociaux des dernières décennies.

Son écriture, magnifique, m’a portée, de ligne en ligne, de page en page. Je me suis laissé surprendre à vivre une époque que je n’ai pas connue, à revivre autrement des dates historiques, dramatiques. Ses mots ont su créer les odeurs que j’imagine, les musiques et les sons de la rue, des pays que j’ignore, des combats que je n’envisage pas. J’ai vu le monde se transformer, un jeune homme idéaliste devenir un homme fidèle à son ambition : croire en ses rêves, avant tout.

Yves Michalon sait s’appuyer sur nos souvenirs communs pour raconter ses propres espoirs, ses projets, ses douleurs, ses illusions, ses combats et ses grands bonheurs. Il vole dans le temps, rien ne se fige. Et pourtant, son écriture maitrisée, chaque mot pesé, il sait prendre le temps nécessaire à la respiration.

J’ai refermé ce livre, transportée et émue. Je vais le relire très vite. J’ai besoin de me replonger dans son histoire. Je suis certaine d’y trouver de nouvelles émotions.

Yves Michalon est un auteur que je redécouvre. J’avais lu son premier roman, il y a quelques années : le « Pousse Caillou », et je l’avais beaucoup apprécié. Mais j’ai, avec le temps, oublié ses talents d’écrivain, pour voir en lui l’éditeur, et l’homme que je respecte et que j’aime tant.

Après la lecture d’« Au royaume des crapauds fous surgit un merle blanc », il est évident qu’Yves Michalon est un grand écrivain. D’autres le savaient et me l’avaient dit avant que je ne le réalise.

Laissez-moi vous le dire à mon tour.

Ce récit est à lire, pour la beauté des mots, pour sa traversée bénéfique dans l’histoire et pour la découverte du parcours étonnant d’un homme en or.

 

 

9782841868841r

 

  • Broché: 281 pages
  • Editeur : Michalon (1 mars 2018)
  • Collection : RECIT
  • 18 euros