Ambre, une femme en France, Audio

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Ambre, ma fille a 14 ans cette semaine. Pour elle j’ai eu envie de reprendre ce texte, écrit pour un atelier de Leiloona dont voici le lien, Sur une photo de ©Marion Pluss, que j’aime énormément.

Nous devions écrire sur le sexisme.

Bonne écoute. N’hésitez pas à me laisser un commentaire si vous avez aimé ou pas.


Ambre, une femme en France

 

Nos cœurs enlacés. Audio

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J’avais envie de vous parler ou de vous lire mes textes. Je m’y tente ici.

J’espère que vous aimerez. Premier texte lu, un poème écrit pour un atelier d’écriture de Leiloona en 2015… Sur une photo de Julien Ribot

J’ai un peu le trac. Dites-moi si je continue ou pas.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #54

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Bonjour ! Voici une jolie photo de Vincent Héquet chez Leiloona !

Evidemment elle ne pouvait que m’inspirer.

Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot en commentaire sur mon blog.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

Légère, transparente, fondue, brumeuse : elle danse dans ce hangar, sautille, virevolte, et ne se cache plus. Personne ne la voit. Elle ne se voit pas non plus.

Un courant d’air pourrait vous surprendre. Oui. Comme une chaleur. Un souffle au cou, peut-être. Une douceur. Elle tourne sur son corps, laisse flotter ses cheveux, les bras grands ouverts, elle court à son destin, infini, lumineux.

Depuis des lustres qu’elle flotte là, sa silhouette s’élance dans la pièce, sans plus savoir pourquoi.

Ils sont bien venus la chercher. Ont essayé de le lui expliquer. mais elle n’entend pas. Pour l’instant, elle ne les voit même pas. Une vague rumeur peut-être, pas plus que cela. Elle veut danser ici sans raison, sans réponse aux pourquoi.

Un mauvais coup, un accident, une erreur bête, ça surprend. Elle ne sait pas qu’elle doit partir. Elle s’étire dans le hangar, sautille, virevolte, et ne se cache plus. Elle ne craint pas la vie. Il faut attendre que le temps soit venu pour elle de comprendre. De ne plus voler, de ne plus rester, mais d’avancer clairement vers une autre vie,  juste sa lumière, son âme légère et guérie.

Le temps n’est pas venu. Le temps n’existe pas. Le temps se prend, il ne se perd pas. Alors, laissons la danser dans ce hangar, sautiller, virevolter, être heureuse, et en paix.

 

 

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #53

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Je n’étais pas revenue ici depuis début septembre. Mes premiers écrits sont donc pour cette 53ème expérience des ateliers d’écriture de Bric à Book/Leiloona. Avec une magnifique photo de Julien Ribot. Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot en commentaire sur mon blog.

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Paris Notre-Dame

Lorsque je vous vois ainsi, Belle-Dame illuminant Paris, qui vous illumine à son tour ;

Lorsque je vous sais ainsi : nourrissant l’obscurité de vos courbes et de vos mystères;

Lorsque je me rappelle votre histoire, Dame-Courage, contenant en votre sein les histoires de nos pères;

Lorsque je sens l’effervescence à votre pourtour, Élégante-Dame, imposante et fière;

Lorsque j’admets que la folie des hommes a mis des siècles à vous créer, alors qu’une autre de leurs folies prendrait quelques secondes pour vous briser ;

Lorsque j’admire votre beauté, devant elle je m’agenouille en toute humilité;

Je ne peux que me taire et prier.

Qu’importe ma religion, qu’importe si j’en ai une, qu’importent mes convictions;

Je prie pour eux, vous, moi, nous. 

Pour ici, ailleurs, l’univers, le tout.

Je vous prie avec ferveur Notre Mère, Notre-Dame.

En vous je prie, pour l’avenir de la vie, 

Si loin ou juste ici, à Notre-Dame de Paris.

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #51

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Pour cette semaine, Leiloona nous offre une photo de Claude Huré.

Evidemment elle ne peut que me parler. J’espère que vous aimerez ma proposition sur ce voilier.

N’hésitez pas à y laisser un petit mot.

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Tout va bien. Et bientôt, tu vas voir, tout ira encore mieux.

La galère dernière nous, on l’aura, notre maison de pêcheur surplombant l’océan, notre vue sur l’amour. Nous vivrons les changements comme ces couleurs qui dansent sur la toile du ciel. Nous ne craindrons plus le pire, nous attendrons, sereins, les virages de la vie. Car tout sera bien.

Il y aura du rouge, du vert, du jaune, des couchers de soleil, c’est tellement beau, toutes ces couleurs, tu ne trouves pas ? Elles sont magnifiques. Je ne me lasserai pas de les regarder. Je fermerai parfois les yeux, juste pour mieux sentir la mer me parler. Et quand je les ouvrirai à nouveau, ils s’accrocheront sur ce petit bateau, sa voile rouge et sa liberté. Je le saisirai au vol et je ne le quitterai plus.

Quand il voguera sur ces eaux-là, c’est que tu seras à sa barre, heureux capitaine à changer de bord, à danser sur la vague, à glisser, à nager, à vivre !

Et je m’endormirai enfin avec toi, chaque nuit de ma vie, Dieu comme j’en rêve !

Chaque jour ensemble, nous aurons tout. Un voilier, une vue, nous.

 

 

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #50

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Bonjour à tous, Vive le lundi  !

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book, sur une photo de Leiloona.

Il s’agit de ma 50ème participation, et c’est bien l’une des meilleures choses que j’ai commencée voici un an et demi.

Merci Leiloona pour ces 50 semaines d’écriture et de bonheur 

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Bien sûr, le ciel est gris, noir par endroit, les nuages manquent de nous tomber sur la tête. Le ciel pourrait être bleu. Mais il ne l’est pas. La vue ne donne pas sur la mer, les murs sont sales et la vie pas toujours rose. Bien sûr.

D’accord, tu peux regarder la télévision, écouter la radio, te tenir au courant, râler, te rebeller, refuser ou accepter, te battre contre, te battre pour, te désespérer ou y croire à nouveau. Tu peux refuser ces informations, tous ces tarés qui détraquent le monde. Tu peux pleurer sur ton sort, envier celui de ton voisin, ne pas supporter la réalité, ou vivre dans un rêve. D’accord.

Je veux bien te voir tout critiquer, ou tout accepter, que tout soit prétexte, rien ne soit de trop, que tu t’emballes pour n’importe quoi, que tu t’enflammes pour le moindre mot. Je veux bien.

Tu peux tout me dire, presque tout me faire, tu peux même te taire. Oui, surtout ça, tu peux le faire.

Mais tu ne m’empêcheras pas de m’arrêter un instant, quel que soit le lieu, quel que soit le moment pour regarder l’arc-en-ciel, que m’offre le temps. Quand il en vient un, tu peux bien râler le reste de ta journée, mais là tu te tais. Je me pose là, je le regarde tranquillement. J’essaye de distinguer toutes ses couleurs en prenant mon temps.

Ça ne te plait pas ? Il faut aller plus vite ? Non, là je ne bougerai pas. Que veux-tu, c’est bien malheureux, oui. Mais c’est comme ça.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #49

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Bonjour à tous, Vive le lundi  !

Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book, sur une photo de Leiloona.

Ce texte est plus long que mes textes habituels, mais je me suis laissée porter par l’histoire. J’en aurais bien fait le point de départ d’une nouvelle ou d’un petit roman…

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JEAN DE LA LUNE

Les trois dernières saisons ont laissé des traces de leurs passages : des arbustes morts gelés se figent dans le vent,  des feuilles jaunes tapissent le sol, de la mousse grignote les dalles, tandis que des herbes folles s’accrochent aux murs de la maison. Et pourtant les rosiers fleurissent, la glycine se laisse aller de tout son long et s’écroule sur la barrière. Personne n’a entretenu le jardin depuis mon départ. En avançant, j’évite d’écraser les plantes. Je fais même attention aux mauvaises herbes.

Sur la pointe des pieds, je me dirige jusqu’à la porte entr’ouverte. Je la pousse. Elle est lourde et couine comme une souris. Personne ne l’a huilée non plus. Quand je suis absent, ici rien ne se fait. Et pourtant les volets sont ouverts, une fenêtre laisse courir un courant d’air qui me chatouille le cou. La poussière est faite, rien à dire, rien ne traîne. Un vieux 33 tours habille l’ensemble d’un « How High the moon » de Chet Baker qui me ravit. Une odeur de café finit de me détendre. J’appelle mon oncle Jean, mais il ne répond pas. Je recommence, sans réponse. Du café fumant dans une tasse, me voilà parti dans le salon, vers cette musique que j’aime tant, lorsque mes yeux se perdent dans le coin de la pièce…

Les bagages de mon oncle sont prêts. Aucun doute là-dessus. Un gros sac en cuir usé plus que possible, deux valises et une malle. Ses clubs de golf, il part pour un long moment. Mais où peut-il aller avec tout cela ? Et qui va le conduire ? Lui porter ses bagages ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Des pas derrière moi et l’arrêt brutal de la musique,  finissent de me sortir de ma rêverie. Oncle Jean arrive, sifflotant et joyeux, son chapeau de paille sur la tête, un sécateur à la main, son grand tablier bleu noué autour de sa taille et ses bottes aux pieds.

–Ha ! Christian ! Tu es là, très bien ! En t’attendant, j’étais parti au jardin pour cueillir quelques roses pour Odette.  Comme elle va s’occuper de la maison et du courrier, je peux bien faire ça. Bon. Je pose tout ça et on y va ?

Et le voilà parti, sans attendre ma réponse, à marcher à rythme décousu, décalé et appuyé vers le grand escalier. Il semble se précipiter, mais risque de tomber.

–Mais où va-t-on, mon oncle ?

Lui dis-je en lui attrapant le bras un instant avant qu’il ne s’écroule sous son poids.

–Tu n’as pas eu ma lettre ?

– Vous voulez dire le message que vous m’avez laissé pour savoir si je venais ? Celui-là, je l’ai reçu, c’est pour cela que je suis là, mais je n’ai reçu aucune lettre, Oncle Jean.

–Tu m’étonnes mon garçon, je t’ai écrit le mois dernier pour te demander de m’accompagner. Je ne suis pas fou, quand même ! Ah ! tu as pris un café tu as bien fait.

–Je sais que vous n’êtes pas fou, mais je ne l’ai pas reçu.

–Tu as eu mon message, donc tu es là, donc tout va bien ; on y va !

Et le voilà reparti, à avancer d’un bon pas, complètement déséquilibré sur ses jambes tordues, arquées, imprécises, mais jamais indécises. Il avance coûte que coûte. Toujours ! Un exemple cet homme-là. Heureusement, j’ai encore des réflexes. Je l’intercepte et je le stoppe. Il se fige, me fixe et attend que je parle. Enfin !

–Oncle Jean, je ne suis au courant de rien. Expliquez-moi, voulez-vous ? Où allons-nous ?

–Très bien. Je recommence.

Il soupire, retire son chapeau de paille, fronce les sourcils, se rapproche de moi et entame son explication, d’une voix sourde, très lente et très grave…

–Nous partons sur la lune, mon enfant ! N’as-tu pas remarqué ? Elle nous appelle ! elle se rapproche dangereusement actuellement, mais il ne faut pas la laisser nous percuter, alors je dois aller sur sa face obscure pour la freiner et l’empêcher de rencontrer la terre, tu comprends ?

À ce moment, Odette arrive. Comme un miracle, le soutien qui me manquait. Elle l’entend finir sa phrase, mais sait très bien de quoi il parle.

–Bonjour, Christian, je voulais vous appeler, mais il ne me laisse pas une minute ce vieux fou ! MONSIEUR JEAN, VOUS N’ALLEZ NULLE PART ! LE MÉDECIN A DIT QUE C’EST DANS VOTRE TÊTE, VOUS COMPRENEZ ?

–Arrêtez de crier ainsi, Odette, je ne suis pas sourd ! Mais que vous êtes sotte. Vraiment ! Et sans amélioration en trente ans de service dans la maison, quand même faites un effort, allons !

Il se retourne vers moi et se remet à chuchoter :

–Ne l’écoute pas, Christian, on se moque du médecin, on se moque d’Odette, on se moque de leurs satanés traitements et de tout le tintouin. J’ai tout préparé, on prend ta voiture et on y va, qu’en penses-tu ? On va s’amuser, tu ne crois pas ? Comme en 1926 quand je courrai gamin avec ton grand-père, tu te souviens ?

–Je n’étais pas né, mon Oncle.

–Oui, c’est vrai, je perds la tête, moi. Ton frère était né à cette époque,  mais pas toi. Bon raison de plus, on y va ?

Forcément, Jean, le frère de mon grand-père, mon grand-oncle chéri, que j’ai toujours connu loufoque et un peu barré, du haut de ses 103 ans a perdu quelques morceaux de sa raison. Évidemment. Je n’ai pas de frère, mais je ne luis dirai pas. Il garde la santé, l’espoir, le courage et l’envie, c’est bien l’essentiel.

Je réfléchis quelques instants, je prends mon temps. Mais pas trop, il n’en a pas tant.  Je vois ses bagages bien rangés dans l’entrée, qu’il a dû faire seul cette nuit, en l’absence de sa fidèle aide. Je vois les étoiles dans ses yeux. Son vieux corps prêt à bondir. Je vois Odette qui attend une réponse sensée de ma part, inquiète.

–Vous voulez y aller mon oncle ? On y va, c’est parti, je charge tout ça dans ma voiture, mais vous m’indiquerez le chemin, n’est-ce pas ? Je n’y suis pas allé souvent, moi sur la lune !

–Mais oui, mais oui. On y va ! Parfait, prends les clubs aussi, on ne sait jamais. Je me souviens d’un ami de la lune qui jouait au golf admirablement, dans le temps, t’ai-je déjà parlé de Xéron ? Il est charmant, tu verras. Tu n’as rien contre le vert ? Il est tout de même très vert. Pour un habitant de la lune ça déroute, on les imagine toujours très blancs. Mais il faut garder l’esprit ouvert mon gamin. Tu ne crois pas ? Pas d’idées préconçues. Surtout, pas d’idées préconçues. C’est grâce à cela que je suis en pleine forme : je ne suppose rien, je ne m’interdis rien, je me laisse faire, je me fais confiance et chaque jour un cigare et un petit verre de vin, et tout va bien. Ça me rappelle le jour où j’ai rencontré Marguerite. Ah, Marguerite, attends que je te raconte comme elle…

 

Tout en me racontant comme elle… Il pose son tablier, son chapeau, son sécateur, sur le meuble de l’entrée, donne les 3 roses à Odette avec une grimace, elle hausse les épaules, lève les yeux au ciel, mais le laisse faire. Comme toujours.  Et tout en me racontant son amour fané, il se prépare à m’accompagner. Je charge ses bagages, il s’accroche à mon bras. Et nous partons ensemble.

Vers la lune.

Vous ne me croyez pas ? Faites comme vous voulez, mais si vous continuez à ne croire en rien, vous oublierez de vivre bien…