La vérité sur l’Affaire Harry Quebert

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de Joël Dicker

Présentation du roman par l’éditeur :

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Biographie de l’auteur :

Joël Dicker est un écrivain suisse de langue française. Il est né le 16 juin 1985 à Genève.
Il est diplômé de la Faculté de Droit de l’Université de Genève.

Un extrait, une phrase :

« Un nouveau livre, Marcus, c’est une nouvelle vie qui commence. C’est aussi un moment de grand altruisme : vous offrez, à qui veut bien la découvrir, une partie de vous. Certains adoreront, d’autres détesteront. Certains feront de vous une vedette, d’autres vous mépriseront. Certains seront jaloux, d’autres intéressés. Ce n’est pas pour eux que vous écrivez, Marcus. Mais pour tous ceux qui, dans leur quotidien, auront passé un bon moment grâce à Marcus Goldman. Vous me direz que ce n’est pas grand-chose, et pourtant, c’est déjà pas mal. Certains écrivains veulent changer la face du monde. mais qui peut vraiment changer la face du monde ? »

Ce que j’en pense :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas en avance pour découvrir ce livre. Il est sorti en 2012, et je profite de l’été 2016 pour le lire. Je ne le regrette pas, c’était le bon moment. Et j’ai passé un bon moment. Mais je reste très légèrement déçue. J’avais entendu tellement de bien de ce livre (sans lire de chronique, juste du bouche à oreille) et avec les prix qu’il avait reçus, je m’étais naïvement dit qu’il devait être spécial.

En fait, il ne m’a pas bousculé.

Comprenez-moi bien : j’ai passé un moment vraiment agréable. L’histoire est bien faite, les personnages facilement identifiables, les images viennent rapidement.  Mais trop rapidement… Les protagonistes me paraissent clichés, la ville typique de l’est américain, l’ambiance, tout, j’étais chez moi. Ou plutôt non, j’étais chez Mary Higgins Clark. Même ambiance, même tout, la différence ?

Ici, l’héroïne n’est pas une américaine célibataire et libérée (mais un peu seule) de 30 ans, à un tournant de sa vie, grande longue et fine, qui se nourrit de thé et d’un petit gâteau sec quand elle a faim, ou qui parfois oublie de se nourrir la conne, qui serait avocate ou qui aurait une galerie d’art à New York. (Soyez indulgents, mes références MaryHigginsClarkiennes remontent à ma fin d’adolescence (il y a plus de 20 ans, ça va…), ses livres ont peut être changé de genre, depuis.)  Là, le héros est un bel écrivain. Célibataire, libre mais un peu seul, à un tournant de sa vie, beau gosse, sportif, qui se nourrit de café au bar du coin. Youpi. ça me parle.

Entendez-moi bien : donc j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé l’amitié entre Harry Quebert et Marcus Goldman très sympa, l’intrigue très bien ficelé, la petite Nola très attachiante, les rebondissements très rebondissants. Mais en fait trop. A la fin trop de rebondissements ne tuent-ils pas le dernier, celui qui compte vraiment ? (parce que si c’est le premier ou le deuxième qui compte, on s’épargne 400 pages sur 800)

Je ne sais pas.

Joël Dicker m’a perdue sur les dernières pages, j’ai fini par ne plus y croire. Et cela m’a déçue, car les 750 premières étaient très sympas. Mais à force de guetter l’inattendu, le lecteur n’attend plus rien.

Ce qui m’a aussi étonnée, c’est le style. Il a reçu quelques prix, je m’attendais à une écriture particulière. Or le style m’a paru plat. Joël Dicker sert son intrigue, son histoire, mais va à la facilité, et je n’ai pas trouvé de poésie, ni dans le choix des mots, ni dans certaines tournures, qu’il aurait pu intégrer lorsqu’il rédige le livre dans le livre… Vous comprendrez quand vous le lirez.

 

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert m’a permis de passer un bon moment en vacances, je le retrouvais avec plaisir chaque jour. Joël Dicker est un magnifique raconteur d’histoire et j’aimerais avoir la moitié de son talent. Mais après en avoir tant entendu parlé, j’avoue que je ne comprends pas pourquoi on m’en a autant parlé.

Pour les trois derniers qui ne l’ont pas encore lu, lisez-le. Vraiment vous passerez un bon moment. Pour les autres qui l’ont lu et qui ont adoré, n’hésitez pas à me dire en commentaire pourquoi !

 

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Le festin du lézard de Florence Herrlemann

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Présentation du roman par l’éditeur : Antigone 14

La nuit est tombée sur la grande et mystérieuse maison. Au fond du parc, la lourde grille reste obstinément fermée sur l’autre monde. De la salle à manger montent des voix. Avec son fidèle Léo, Isabelle se prépare à descendre dîner. Tout semble normal.

Normal ? Pas si sûr…

Très vite, le doute s’installe : qui sont-ils, cette Mère qui terrorise Isabelle et règne sans partage sur ce monde comme replié sur lui-même ? ce Léo, qui jamais ne parle, ni ne répond ? ces visiteurs, dont Isabelle semble tant redouter la présence ? Et pourquoi ces barreaux, aux fenêtres de sa chambre ? Qui donc est Isabelle ?

Dans cette fresque allégorique de l’écrasement et de la toute-puissance matricielle, Isabelle raconte, se raconte : les mots sont sa nomination du monde, sa revanche, sa seule et dérisoire forteresse… Des mots qu’elle lance comme un S.O.S., des mots que l’on reçoit comme une pierre dissimulée dans une boule de neige…

Le Festin du Lézard : un texte lumineux comme un ciel d’orage, onirique et poignant.

Biographie de l’auteur : 

Née à Marseille, Florence navigue entre Lyon, où elle vit, et Paris, où elle travaille. Premier bain artistique à 15 ans à Nice, avec trois ans de cours de théâtre. Plus tard, à Paris, ses rencontres avec de nombreux artistes lui permettent de « toucher » à la musique et à la sculpture avant de décider, en 2003, de passer derrière la caméra. Elle réalisera, entre autres, un film de sensibilisation à l’enfance maltraitée, diffusé par le Ministère de la Famille.

Le Festin du Lézard est son premier roman.

Un extrait, une phrase :

Ressentez-vous la menace, Léo ? Etant donné le bruit épouvantable que font ses pas dans l’escalier, je la sens décidée à venir nous rendre une petite visite. Je sais que je vais avoir peur, d’ailleurs j’ai peur. Je sais que je ne vais rien pouvoir faire. D’ailleurs, je ne suis plus en mesure de bouger.
Je mesure l’horreur qui nous attend.

Ce que j’en pense :

Ma première attirance a été pour la couverture de ce livre. Cette silhouette de femme flottant dans un paysage sombre, anxiogène, étonnant, elle m’a tout de suite donné envie de découvrir les mots de Florence.

Puis sont arrivés les mots de Denis, ceux des chroniques du hibou. Son enthousiasme, son coup de cœur et sa fièvre à faire connaitre ce roman, cette auteure. Par la suite, j’ai vu passer beaucoup de billets étonnés, flatteurs, séduits.

J’ai donc décidé de le lire. Au milieu de ma lecture, il a fallu que je fasse des pauses, que je dise oui, je le lis, je suis dedans, j’y suis mais j’ai peur. J’ai mis du temps à savoir ce que j’en pensais vraiment. Où l’auteure veut-elle nous emmener ? où veut-elle en venir ? que peut être la fin ?

Il n’y a aucun doute : Florence Herrlemann a un style, une patte. Une capacité à décrire une certaine folie, à installer une atmosphère entre le rêve et le cauchemar, jamais loin d’une réalité cruelle, parfois insoutenable.

Je l’ai senti proche, la vraie vie, de vraies blessures qui écorchent Isabelle, qui la malmènent. A moins que ce ne soit que sa folie propre. Je ne peux rien dire. Je ne dévoilerai rien. Combien même je le voudrais, c’est impossible. Je peux vous raconter une histoire, un début, un milieu, une fin, un autre lecteur en aura retenu toute autre chose. Et c’est là aussi probablement une nouvelle force de Florence : nous laisser notre libre arbitre sur les images que l’on en garde.

Ce roman est torturé, douloureux, violent, mais d’une façon psychologique comme dans les vieux films d’horreur du Hollywood des années 50 où il n’y avait pas besoin de sang et de blessures immondes pour faire peur. Tout se passait dans la mise en scène, dans les regards et les silences, dans la musique et la psychologie des personnages. C’est ce que j’ai ressenti en refermant ce livre. J’ai vécu un drame psychologique en noir et blanc, de ceux qui font vraiment peur, et qui ne jouent pas avec la facilité.

Je suis très curieuse de voir ce que peut écrire Florence Herrlemann après ce roman. Va-t-elle rester dans ce style enrobant mais angoissant ou peut-elle se promener dans un autre environnement plus léger ?

A suivre… Merci Denis pour cette lecture. Merci Florence Herrlemann pour ce roman différent. Cela fait du bien d’être secouée parfois.

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Broché: 160 pages

Editeur : Antigone14 Editions (2 avril 2016)

TOMBER de Eric Genetet

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Présentation de l’éditeur : Editions Héloïse d’Ormesson

Le 5 juin 1983, Yannick Noah s’apprête à disputer la finale de Roland-Garros. Si son idole l’emporte, Mariano s’est promis de parler à son père, barricadé dans son mutisme. Car depuis le départ de sa mère, le silence pèse dans leur maison de Wissembourg. Et ce gamin de treize ans ne peut s’empêcher de se sentir responsable, même s’il parvient à s’évader par le sport et à conjurer la tristesse à coups de madeleines fourrées à l’abricot. Mais en ce grand jour, Mariano va voir le cours de sa vie basculer.
Avec sensibilité, Éric Genetet dépeint le goût doux-amer d’une enfance délaissée et le difficile apprentissage de l’existence.Tomber est un récit intime, où seuls l’espoir et la volonté permettent de se relever.

 

Biographie de l’auteur :

Né en 1967, Éric Genetet a publié quatre romans : Le fiancé de la lune (2008), Et n’attendre personne (2013), Solo (2013) et Tomber(2016). Il fut pendant vingt-cinq ans, animateur à la radio (France Bleu), à la télé (TeléAlsace) et chroniqueur pour différents médias en Alsace (Zut, Poly, Passions Vin, Sport Alsace, Strasbourg magazine…). Il vit et travaille à Strasbourg.

Un extrait, une phrase : (ici deux…)

Les silences de mon père sont des murs de briques dressés devant moi dans lesquels je me cogne violemment, il n’existe pas de docteur Fuchs contre cette souffrance. C’est une douleur qui fait plus mal que l’effet de ses colères. Lorsqu’il arrive à mon père de faire un geste tendre ou un sourire, il perd pied devant les sentiments, comme si ma mère ne lui avait laissé que l’obscurité pour horizon. Au fil des mois, il a fini par s’oublier, et m’oublier.

Jamais l’eau froide de la douche ne m’a fait autant de bien. je me lave de tant de choses qui n’ont rien à voir avec la sueur. J’ai relevé le défi avec la force d’un homme rompu à dépasser ses peurs. A vivre sans son père. J’ai repoussé la limite de mes capacités à endurer les souffrances physiques et mentales, je sais que je n’oublierai jamais mes pas sur la terre battue de ce parcours de santé.

Ce que j’en pense :

Une histoire comme je les aime. Un livre que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminé. Notre jeune héros nous parle, se parle, parle à son père. Il cherche à comprendre, à trouver sa place. Il attend de l’amour, de l’intérêt, il n’en reçoit que trop peu. Pourtant, il a des rêves et des désirs. Il s’y accroche comme à la bouée de sa survie.

Ce récit est ponctué par l’approche de la finale de Roland Garros avec Yannick Noah, cette finale magique dont tout le monde se souvient comme l’un des moments forts de notre histoire sportive. Mariano l’attend comme l’événement de sa vie. Il ne se doute pas à quel point.

Eric Genetet installe une atmosphère particulière, tendu et douloureuse souvent. Et pourtant il s’en dégage une tendresse particulière. Un enfant qui ne demande qu’à comprendre et à aimer son père. Se souvenir de sa mère, et lui pardonner son départ. Se pardonner à lui-même, de ne pas être un enfant parfait.

L’histoire poignante d’un enfant solitaire qui se recroqueville sur sa vie pour y préserver son essentiel.

Mon cœur battait au rythme de celui de Mariano. Avec un immense talent, l’auteur nous fait rentrer dans son histoire, et ne nous rend notre souffle qu’à la dernière ligne.

Un roman délicat et subtil, à lire évidement pour la qualité de l’écriture, le talent de  d’Eric Genetet, l’affection que l’on porte immédiatement à son jeune héros, et les émotions que nous offre cette histoire.

De belles émotions à la lecture de ce roman. Une réussite.

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ROMAN

160 PAGES | 16€
PARU LE 14 AVRIL 2016
ISBN : 978-2-35087-358-9
PHOTO DE COUVERTURE © SABINE TIMM – @VIRGIN_HONEY

MA MERE NE M’A JAMAIS DONNE LA MAIN THIERRY MAGNIER ET FRANCIS JOLLY EDITIONS LE BEC EN L’AIR

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Après le double des corps, de Juliette Bouchet, j’avais envie d’une lecture douce et intimiste. J’ai regardé ma Pile de livres et celui-ci m’a tendu les bras en hurlant « aime-moi » ! Je n’ai pas pu lui résister. Et comme j’ai bien fait !


La 4ème de couverture.

«Je regarde mes pas se dessiner sur le sable. Et je me demande si ce n’était pas Carole qui détruisait nos châteaux, je l’avais déjà soupçonnée à l’époque. Ses empreintes sur mon oeuvre, mais pour quelles raisons ?»

Un homme doit retourner sur les lieux de son enfance pour y régler une succession. Accompagné de son meilleur ami, il débarque dans un pays lointain qui fut le théâtre d’événements meurtriers. Il y retrouve les vestiges de la grande maison où il vivait dans le faste d’un décor colonial, et le souvenir des jeux partagés sur la plage avec Carole, sa sœur jumelle, avec qui il n’entretient désormais plus aucune relation. Bientôt, ce voyage qui devait n’être qu’une formalité va mettre au jour des mystères enfouis. Saisi par la force des paysages de son enfance et par l’inquiétante étrangeté de la maison, le narrateur entre dans le monde des fantômes.

Thierry Magnier s’appuie sur les photographies oniriques de Francis Jolly pour plonger le lecteur dans un univers aux confins du réel. Formes et lumières se dilatent au fil des images pour redessiner les contours d’un territoire perdu, qui mènera le héros jusqu’au bout de ses obsessions.

Ce que j’en pense :

Quel beau moment de lecture ! quelle finesse ! quelle intelligence…C’est un coup de cœur délicat et subtil, une pépite à lire et relire, à feuilleter, à regarder et admirer.

« Ma mère ne m’a jamais donné la main » ce sont des tableaux, une atmosphère, une histoire, des non-dits, des fantômes, des blessures. Tout ce que j’aime…

Le livre est court, et c’est très bien, pas besoin de plus pour créer le décor sentir les tensions, les drames passés, les questions sans réponse. Tout est parfaitement amené, une certaine lenteur rythme l’histoire, un brouillard, que l’on retrouve dans l’esprit du narrateur comme dans les peintures de Francis Jolly, magnifiques, qui illustrent, nourrissent et accompagnent parfaitement les mots de Thierry Magniet.

C’est de la poésie lue et de la poésie peinte.

Le thème me touche personnellement et me parle au creux du cœur et de l’âme.

Je suis complètement conquise et je vous le recommande vivement…

wpid-20150530_081605.jpgPar la fenêtre, le vent se levait, faisant trembler les feuilles des arbres. ça sentait bon. Au loin on entendait l’eau de la fontaine égrener le temps. Les jardiniers rassemblaient leurs outils et déposaient dans le hall des paniers emplis de fleurs. Déjà la cuisine s’activait. Les odeurs de friture embaumaient les escaliers. Je rêvais. je savais que je ne resterais pas là. je ne me sentais pas chez moi. Ailleurs c’était forcément mieux. partir. les abandonner.

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Je suis chez moi ici, c’est ma vie, ma vraie vie ! la poussière je vais la vaincre, les ruines je vais les reconstruire, les arbres, je vais les dompter ! je reprends la main, c’est chez moi ! Vous m’entendez ? Chez moi ! »

En attendant que vous succombiez, voici les avis très détaillés de L’ivre de lire par Lionel Clément et celui du carré jaune, qui m’avaient tous deux donné follement envie de le lire… Comme j’ai bien fait de vous écouter, mes amis !

C’est un vrai coup de cœur, un livre que je vais relire,

c’est déjà prévu.

wpid-20150530_081434.jpgTout les détails ici : Bec en l’air 

LE DOUBLE DES CORPS de JULIETTE BOUCHET éditions Robert Laffont

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Je viens de finir le double des corps. Je crois que si je n’écris pas ce billet immédiatement, j’en serai incapable plus tard.

Ce livre ne m’a laissé aucun répit et j’espère ne pas me casser la figure en rédigeant ce billet.

Pour précision, je n’ai lu aucun article, aucun billet, aucun commentaire sur ce livre, je ne suis donc influencée par aucun esprit lumineux, mieux construit que le mien.

Je me laisse seule face à mes contradictions.

Mais par quoi commencer ?

Allez, soyons fou : par le début. Voyez la couverture, honnêtement, je la trouve superbe. Ce corps magnifique, cette atmosphère, ainsi que le titre, m’ont immédiatement donné envie de découvrir ce premier Roman de Juliette Bouchet.

Ensuite l’éditeur, Stéphane Millon que je suis depuis quelques livres et qui m’intrigue par ses choix « décapants ».

Enfin Juliette Bouchet, elle-même, que j’ai vu évoluer pour la promotion de son première ouvrage : une femme ravissante, tout sourire, une plume déjà bien trempée, rien qu’à la vue de ses invitations aux signatures.

Tout me semblait absolument délicieux. C’est ça : délicieux.

Et puis la 4ème de couverture et ce qu’en dit l’éditeur, me semblaient tout à la fois haletant et agréable. Pour preuve :

Ce qu’en dit l’éditeur :

Six mois, trois semaines, douze jours, vingt et une heures et trente-quatre minutes d’abstinence.
Julia, sublime trentenaire spontanée et rêveuse, raconte ses rencontres amoureuses sans tabou. Accumulant les échecs et les désillusions, elle va peu à peu perdre contact avec la réalité et commettre un crime. En cavale, obligée de se travestir en homme pour cacher son identité, elle tombe amoureuse de Mathias…
Roman à toute allure ou il est question d’identité sexuelle, de féminisme et de quête amoureuse.

Ce que j’en dis :

Je m’attendais à une histoire crue, qui m’aurait remué les tripes en suivant les aventures de cette jeune femme, Julie, « sublime trentenaire spontanée et rêveuse »…

Je pensais passer un joyeux moment de détente grivoise. Eh bien, non ! Mais alors pas du tout ! Je suis bluffée qu’une telle histoire vienne de l’imagination fertile d’une jeune femme pour un premier roman (préjugée ou jalousie?)

Alors oui, c’est bien écrit, Juliette a un style accrocheur, proche des tripes, rien d’ampoulé, droit au but, et cela ne me déplaît pas.

La jeune héroïne dérape, au début tout doucement et puis la chute aux enfers : une certaine folie l’embarque et nous emporte en même temps. J’ai relu certains passages en me disant « non, j’ai mal compris, elle n’a pas pu faire ça ! » oh, mais si. Elle l’a fait. Elle a fait pire en fait.

Elle dérange, Juliette Bouchet, dans ses partis pris, dans les enchaînements, dans le dénouement, dans le regard qu’elle pose sur cette jeune femme paumée et violente. Elle va loin, elle va fort, elle y va tout droit !

En même temps, il m’a manqué la fragilité que j’aime tant. L’histoire n’a rien de fragile, elle fonce droit devant ne regarde pas s’il y a des barrières, ni les dommages collatéraux. Aucune hésitation.

C’est le principe du livre, me direz-vous : Cette absence de faiblesse est évidemment faite exprès, car si notre héroïne s’apitoie, elle se flingue. C’est certain (enfin, je crois)

C’est vrai. Alors, il faut dire les choses comme elles sont : Juliette et Julie m’ont mangée toute crue.

Oui, mais la question : Ai-je aimé ?

Je n’en sais rien. Oui ! Beaucoup… non en fait. Les deux?

Je vous avais prévenu je suis perdue.

J’ai manqué de poésie, de fragilité. J’aurais aimé avoir de l’empathie pour Julie, la comprendre, un peu. Je n’ai pas réussi. Mais j’ai aimé le culot de l’écriture, les tripes qu’il a fallu pour le faire, pour aller au bout de cette histoire.

Ce livre est à lire, pour plusieurs raisons : Parce qu’il est fort. Il va droit au but, il se ne lâche pas, il se lit jusqu’au bout du bout, pour savoir, pour comprendre.

J’ai hâte de lire à nouveau Cette auteure pour voir ce qu’elle peut bien écrire après cet ovni (Juliette, pas de pression hein, si tu me lis, je pense que tu vas encore m’épater avec ton prochain roman…)

Cette auteure va-t-elle rester dans un registre noir et implacable ou tout au contraire nous emmener ailleurs la prochaine fois ? Sa force est là, à mon sens, après le double des corps, elle peut tout faire (et c’est un compliment)

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Le double des corps de Juliette Bouchet Robert Laffont 

Parution : 7 Mai 2015
Format : 135 x 215 mm
Nombre de pages : 198
Prix : 17,00 €
ISBN : 2-221-15930-6

Une première chronique pour mes dernières lectures…

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Ecrire cette rubrique me semble étrange. C’est certainement la raison pour laquelle j’ai mis autant de temps pour me décider à le faire.

J’ai peu de temps pour lire,et je suis bien incapable de faire une chronique littéraire tous les 2 jours, même toutes les semaines. Je ne suis qu’une lectrice moyenne. Et moi qui tremble à chaque fois qu’une chronique parait à propos de mon livre, je me trouve un peu prétentieuse de le faire pour d’autres.

Néanmoins, je le fais aujourd’hui car l’excercice m’amuse, parceque j’aimerais avoir le recul, le talent et la fibre pour le faire vraiment bien, et parce que je vais vous parler d’une BD et de 2 romans qui n’ont absolument pas besoin de moi pour être connus et pour être aimés depuis longtemps, comme ils le méritent…

I/ Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé

Je commence par lui, car – et je suis très à l’aise pour le dire – je n’ai aucune culture en BD. Ce n’est pas que je n’aime pas cela, mais je ne pique pas les BD de mes enfants et je n’ai pas eu l’idée d’en acheter pour moi. Jusque-là… Mon avis est donc celui d’une novice…. Ne l’oubliez pas.

J’avais entendu parler de « Ce n’est pas toi que j’attendais », avant de décider de le lire. Mais le sujet d’un papa qui accueille dans sa vie une petite fille trisomique me mettait mal à l’aise…

Et puis, mi-novembre,  il y a eu le billet de Jérome d’une berge à l’autre, et de Noukette. Et là : BANG !

Je suis parti l’acheter dans la journée. Je n’ai pas pu attendre ni me résonner.

Tout d’abord, j’ai été surprise par le format. Pour moi, pauvre idiote, une BD c’est un album (comme Tintin ou Astérix…. je sais, j’ai un peu honte).

En le demandant dans ma librairie, on m’a remis un beau livre, bien épais, un format livre d’art (et hop encore une idée reçue). Et je crois qu’il s’agit bien de cela.

Puisque BD, je peux parler du dessin, et lui aussi au départ m’a un tout petit peu gêné : le trait minimaliste à mon goût, peu de couleurs, des tons unis, bleu, vert, marron. Des couleurs douces. Des cases symétriques, des textes réguliers, finalement tout semble créé dans la forme, pour atténuer la violence et la douleur de ce papa devant la surprise que la vie lui a faite.

Dans le fond, il s’agit d’une rencontre, d’une histoire d’amour, pudique, honnête, sincère, subtile et puissante entre un papa et son bébé. La trisomie qu’il explique et que l’on découvre en même temps que lui. Que l’on apprivoise au fur et à mesure des pages.

C’est une BD à lire, et à partager.

Elle lève le voile sur des idées reçues, sur les regards en coin.

En conclusion, Une très belle histoire, un très beau livre, une BD à lire, à relire, et à aimer.

Un Coup de coeur.

Allez relire les chroniques de Jérome, Noukette, et Angela Morelli si mes arguments ne suffisent pas…Leur conviction ne fera aucun doute.

II/ Les Apparences de Gillian Flynn

Résumé officiel : À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants.  » Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Charlie, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Charlie a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Charlie découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Charlie ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Charlie est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion

Ma lecture :

Pourquoi le lire maintenant, alors qu’il est sorti en Août 2012 ?  Tout simplement car je suis également influencée par le Cinéma : Beaucoup d’amis m’ont parlé du film, et par conséquence, du livre. Alors qu’à sa sortie, j’étais passée à côté.

Son suspens m’a tenté, et il n’était pas question de le voir sans l’avoir lu.

Je pense que j’en avais trop entendu parlé. Je savais que la vérité n’était pas forcément où on l’imaginait. Je l’ai commencé méfiante. Embarquée par l’écriture et le suspens, mais comme une spectatrice extérieure, sans lâcher prise, car il n’était pas question de me faire avoir trop facilement (mon erreur).

Je me suis néanmoins laissé embarquer à partir du milieu. Lorsque l’intrigue était déjà bien entamée.

Au final cette lecture a été vraiment agréable, palpitante. J’ai attendu jusqu’au bout que l’intrigue change encore de tournure, que rien ne soit vraiment réglé jusqu’au bout et je n’avais pas tort.

Pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, ne faites pas comme moi : prenez-le et ne vous attendez à rien. N’essayez pas de deviner avant, laissez-vous porter et passez un moment de lecture très agréable, palpitant, captivant. Une écriture qui sait manipuler son lecteur, quoi que j’en dise.

Je vais attendre quelques temps avant de voir le film.

Contrairement au livre que je vous présente maintenant…

III/ Nos Etoiles Contraires de John Green

Nos étoiles contraires : Affiche

C’est l’affiche du film mais je vous parle du livre. Que je voulais aussi découvrir avant de le voir sur écran.

Résumé officiel : Hazel est malade. Gravement. Augustus est en rémission. Elle a 16 ans, lui 17. Dès leur rencontre, en groupe de soutien, il est charmé par son originalité, elle est séduite tout court. Ils ont le même humour, le même regard sans concession et leur complicité est immédiate. C’est le début d’une magnifique histoire d’amour et d’amitié…

Ma Lecture : 

En le démarrant, j’avais peur des bons sentiments à « l’américaine » : du sirop d’érable sur le pan cake, avec du miel par-dessus, et un peu de guimauve.

Pourtant beaucoup d’amis, que j’écoute souvent, m’en avait dit le plus grand bien.

Voilà : je n’ai pas attendu longtemps pour me faire embarquer. Je crois que c’est arrivé immédiatement. J’ai aimé les personnages : Les deux héros bien sûr, mais aussi les personnages secondaires, leurs amis, leurs parents. La justesse de tous ces caractères et de ces situations intolérables que l’on craint tous de connaître un jour ou l’autre.

L’histoire est simple et délirante, triste et drôle. J’ai traversé les émotions, j’ai voyagé à travers des cultures, des âges, des tempéraments face à la maladie, face à l’oubli. J’ai aimé prendre conscience de l’importance de petites choses qui prend tout son sens quand le temps est compté. Je ne veux pas en dire trop, je serai mièvre.

Ce qui est merveilleux avec ce livre, c’est qu’il saute au cœur des adultes comme moi, mais aussi et surtout des ados. L’auteur a réussi à rassembler toutes les générations dans cette histoire douloureuse et magnifique.

J’ai souri souvent, j’ai pleuré beaucoup. Des vraies larmes, comme un gamin. J’ai mouché mon nez et essuyé mes yeux, j’avais le cœur gros et l’espoir immense en fermant ce petit bijou.

Nos Etoiles Contraires n’est pas un coup de cœur.

C’est un coup de foudre.

Je vous invite à lire Stephie, qui en parle tellement bien ici et l’avantage si vous allez lire son billet, c’est que vous pourrez ensuite aller lire ceux de Leiloona, Noukette et Hérisson.

Il faut y aller je crois.

Voici comme se termine ma toute première chronique. Excusez mon amateurisme. Je vous ai livré des émotions, en vrac, je vous les donne comme je les ai reçues et comme je suis.

Les Lectures de Jean #1 : 14-14 de Silène Edgar et Paul Beorn

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Les Lectures de Jean14-14 Couverture

Aujourd’hui, on est le 11 novembre.

Quoi de mieux pour parler d’un livre sur la première guerre mondiale ?

En fait, ce livre ne parle pas réellement de la première guerre mondiale, c’est un échange de lettres entre un jeune adolescent de 13 ans, Adrien, et un autre garçon du même âge, Hadrien. Le problème, c’est qu’Adrien vit en 2014 et Hadrien, en 1914.

Leur correspondance commence le 1er Janvier 2014 : Adrien doit envoyer une carte de vœux à son cousin Hadrien, qu’il n’a pourtant vu qu’une seule fois.

Au moment de poster sa lettre, il remarque qu’il y a une étrange boîte aux lettres de la Poste, bleue et rouillée, qu’il n’a pourtant jamais vu, au coin de la rue. On apprend que cette lettre n’est pas arrivée à son cousin mais à Hadrien, en 1914 !

Au fil de l’histoire, ils se racontent leurs soucis en cours, leurs problèmes de cœur et deviennent petit à petit très amis.

Malheureusement, Adrien se rend compte que la guerre va être déclarée pour Hadrien qui ne le sait évidemment pas…

Ce livre est destiné aux jeunes (c’est pourquoi je l’ai lu) et il est donc plutôt simple à lire. En fait, c’est le livre que j’ai lu le plus rapidement proportionnellement à son nombre de pages (349 pages). Il m’a vraiment passionné.

J’ai trouvé que le fait de comparer la vie de deux adolescents de deux époques différentes était très intéressant. On se retrouve facilement dans les personnages (forcément plus dans Adrien que dans Hadrien) et ça rajoute un côté très prenant à l’histoire : on a envie de savoir s’ils vont s’en sortir, s’ils vont réussir à faire ce qu’ils veulent…

Et en plus de tout cela, on a un roman qui parle de l’actualité et qui va très bien avec tous les reportages et les documents retrouvés sur la première guerre mondiale !

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce livre pour son originalité contrairement à la plupart des autres romans « ados » qui se répètent mais aussi pour son côté prenant. Je le conseille à tout le monde, adultes, ados ou enfants.

Jean

 

P.S. : Ci-dessous un petit sondage pour savoir si cette rubrique vous intéresse. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à y répondre. Merci :)