ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #36

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Bonjour et bonne semaine à tous !

 

Une nouvelle semaine commence avec Leiloona et son atelier d’écriture. Cette semaine une photo de Kot . Voici mon texte. N’hésitez pas à laisser un commentaire…

Pour voir tous les textes,c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

J’attends mon métro devant son profil endormi. Elle me donne, sans le savoir, 30 secondes de sa vie.

Elle me livre son privilège : ne plus penser l’espace d’un instant. Enfouie dans sa bulle éphémère, pas de sourire autour d’elle, pas un regard poussant. Des silhouettes passent et oublient de se voir, des cœurs se croisent sans même s’imaginer.

Elle s’est assise tout là-bas, mais aurait pu être ici. Quelle importance du moment qu’elle avance… Parfois elle ferme ses yeux et rêve ses envies. Parfois elle les entrouvre, pour filtrer ses espoirs : Elle pose du coton sur les ombres fuyantes, un peu de son parfum sur les odeurs puissantes, et se laisse bercer, chaque matin et chaque soir.

Elle m’a donné, sans le savoir, un petit bout de sa vie. Et moi, je l’ai tout simplement trouvé jolie.

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ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #33

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Bonjour et bonne semaine à tous !

Voici mon texte du lundi avec une belle photo en noir&blanc, signé © Kot ! N’hésitez pas à laisser un commentaire…

Pour voir tous les textes,c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :



Pensées personnelles à l’heure de pointe…

Encore 15 minutes et je serai arrivée.

Même pas une place assise pour rêvasser ou bouquiner….

Et le beau gosse, sur le strapontin : Il pourrait se lever tout de même ! La galanterie se perd ou quoi ? Je suis enceinte quand même !

Remarque… Il est plongé dans son roman, il n’a pas dû me voir.

Il est pas mal. Bon je n’aime pas trop ses fringues, mais sinon, plutôt mignon. Et puis les intellos, j’aime bien.

Coucou ! tu es enceinte ! tu te souviens ? tu es mariée et amoureuse en plus ! Alors, on se calme.

Bon. Les autres alors ? Non. Les autres ne me seront pas d’un grand secours, personne ne semble vouloir être courtois ce soir.

Je vais me cambrer, et je vais tenir mon dos en soufflant, il verra mieux que j’ai besoin de m’asseoir et me laissera sa place, forcément ! Du coup, je lui sourirai, il me parlera, il me sourira aussi peut être. On se racontera les livres que l’on aime, et peut-être que …

TU TE CALMES ! Ces hormones, c’est invraisemblable !!! Ce sera comme ça jusqu’à la fin de la grossesse ? Je ne vais jamais tenir.

Rien à faire,  Il-s’en-fout-complètement…

Il est vrai qu’à trois mois et demi, ça ne se voit pas beaucoup… Pas de chance. J’ai tous les symptômes, mais personne pour s’occuper de moi. Trop tôt.

Vivement que j’ai un joli ventre tout rond !

Tiens, il rit maintenant ! Un livre drôle ! ça me ferait du bien de rire un peu. Mes lectures sont toutes terribles. Entre les accidents d’avion, les maltraitances sur enfants, et le reste, un peu d’humour ne me ferait pas de mal…

Je vais me rapprocher un peu pour voir le titre…

Grrr. Je ne vois rien. Mais si je lis au-dessus de son épaule, ça ne se fait pas non plus.

Oups ! j’ai failli tomber sur lui ! ça aurait fait tache. Ils ne peuvent pas freiner moins fort , quand ils s’arrêtent, les conducteurs ?

Ils m’énervent tous !

Bon. Zen.

OH ! Il est blessé, je n’avais pas vu ! Le pauvre… Il a dû couper du bois ou faire des travaux et s’ouvrir la main ! un intello bricoleur. J’adore !

Il est parfait ou quoi ?

Je me calme, je me calme. Ressaisis-toi ma fille, regarde, il n’est pas parfait, il ne te calcule même pas et ses baskets sont nazes.

Voilà, concentre toi sur l’essentiel. La sonnerie des portes qui se ferment, par exemple… La sonnerie des portes qui se ferment ? MAIS C’EST MA STATION !

Zut ! je vais devoir marcher 10 minutes de plus.

Tout ça parce que je suis incapable de ne pas regarder les belles choses…

Eh ! ça a du bon : Il s’est levé, Il descend à la prochaine, comme moi…

Mais… Il me regarde… il m’a sourit ! je rêve. Il veut me draguer ? Pour qui il me prend ? je suis enceinte quand même !

Dans quel monde vit-on !


ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#15

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Voici ma 15ème participation  à l’atelier d’écriture de Bric à Book et une très belle photo de Kot.

Pour découvrir tous les textes chez Leiloona, c’est ici !


Allo Papa Tango Charly

Je l’attends sur le quai depuis quelques minutes, mais ce n’est pas grave d’attendre.

Il doit être 7 heures, pas davantage. Le froid me coupe un peu les joues, je mordille la lanière de mon k-way qui me protège du vent. Mais il n’y a pas tellement de vent.

Un joli k-way jaune un peu trop grand. J’y cache mes deux poings serrés, et le reste de mon corps tout emmitouflé ; je suis un peu stressée.

Je sautille d’un pied sur l’autre pas très discrètement. S’il arrive, je ne veux pas qu’il voit que je l’attends depuis un petit moment. Je ne veux pas être impatiente.

Pourtant je le suis.

C’est un jour idéal, un temps idéal. L’eau, douce et salée, apaisante, épaisse, ondule très lentement, imperceptiblement.

Je n’entends que les drisses des bateaux sur les mats, qui carillonnent gaiement, poussées par la brise venant du large. Elles annoncent le début des activités, les pêcheurs qui ne vont plus tarder à revenir, les plaisanciers qui se réveillent à peine, et ceux, qui, comme moi, naviguent entre deux eaux.

Au large, le ciel s’assombrit, il semble courir vers la côte. La mer est calme mais pour combien de temps ? le stress monte en même temps que le niveau de l’océan.

Et si je ne supportais pas ? Et si ça tanguait trop ? Et si j’étais malade ?

Mieux vaut ne pas y penser. Hier, un verre dans le nez, je lui ai dit que je le suivrai, que  « j’étais cap ».

Je ne pensais pas au bateau, je pensais à la vie. Je ne pensais pas une promenade, je pensais Le chemin. Tout le chemin : Le quotidien, ses vagues, ses creux, ses surprises et ses mystères.

Mais lui ne m’a pas vu venir, il croit juste que la petite parisienne veut faire sa fière et partir pêcher de bon matin avec un gars du coin.

Il m’a dit :

« Ok, si t’es cap, rendez-vous demain, 7 heures, sur le quai. »

Et il est parti. Et maintenant, je suis ici. Avec mes bottes en caoutchouc, ma vareuse sous mon K-way, et mes espoirs sous ma capuche.

Rien de très séduisant. Tant pis, j’essayerai d’être drôle sans être ridicule : Ma mission de petit mousse… Ah ! Il arrive… J’ai très chaud.

«  Ken-allo, Papa Tango Charly ! »

Et là : Sourire crispé, j’entends au loin, dans mon esprit dérangé, le roulement de tambour de l’orchestre qui me suit… Je me visualise : ma jambe droite en avant, les bras ouverts, le regard humble et content, le buste penché : le salut à la foule applaudissant comme il se doit.

Et très émue d’avoir osé un brin d’humour matinal, je pense « Tadaaaaaa : Welcome in mon monde très très drôle et plein de finesse, joli breton de mon coeur !  »

mais, évidemment, je ne le dis pas…

« … ? » Oups… il n’a pas compris…

« Mais si… C’est parce que : Ken-Allo pour Kenavo, … et comme la chanson, c’est du morse et on part en bateau… et tu t’appelles Charles pour Charly… »

Il me décroche un demi sourire : le coin de sa lèvre droite remonte très subtilement sous son œil, qu’il plisse légèrement. A moins que ce ne soit une grimace, ou un signe d’inquiétude…. et m’offre un petit

« Ah oui ! ok… On y va ? »  en dodelinant de la tête…

Je n’aime pas quand on dodeline de la tête. Je me sens bête…

C’est sûr, moi qui veut le draguer, l’appeler Papa, ce n’est pas gagné…Et puis le jeu de mot tout nul sur Kenavo, franchement j’aurais pu éviter…

Bon… Essayer de ne pas être drôle. Juste essayer d’être moi, une petite nana, amoureuse de toi, et te suivre au bout du monde, si c’est là que tu vas…

« Bien sûr qu’on y va ! Cap tout droit ! »

PARTICIPATION ATELIER ÉCRITURE DE BRIC À BOOK #2

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Voici ma nouvelle participation à l’atelier d’écriture de Leiloona.

Voici la photo de Kot,

ci-dessous les mots qu’elle m’a inspirée.

Et pour lire les textes des autres participants, et les commenter, c’est ici chez Leiloona Bric à Book !

© Kot

C’est la routine, pour moi, tous les matins, comme ça :

Faut que je me lève, que je m’presse, pourtant il y a tout qui m’stresse.

Ma mère gueule, tant qu’elle peut, on dirait qu’elle aime ça.

Mon frangin n’entend rien, il s’en fout : c’est le roi.

Moi je suis là, en Zombie, j’mets les fringues qu’elle aime pas.

Mais je m’en fous. Un d’ces quatre, j’me barrerai,

et je l’entendrai plus gueuler.

Dans l’métro je suis en retard, l’heure de pointe s’est taillée.

Je suis tranquille, je suis pénard, je mets ma Zic et je me marre.

Je pense aux potes dans la classe, pendant que je n’y suis pas.

J’aime bien ça, tout rater, on dirait que je fais que ça.

Ya un vieux à côté qui me regarde comme un rat.

C’est le trou dans mon jean’s  qui te fait m’voir comme ça ?

… Peut bien croire, m’en fou, son regard ne me touche pas.

Dans un an, je suis majeure, on verra ce qui se passera.

Je serai adulte, je choisirai, et adieu les contraintes,

Je vivrai de ma musique et j’éviterai les plaintes.

Il n’y aura plus d’engueulade, ni plus aucun regard.

Il n’y aura plus que Jim et ma pomme.

Et adieu les connards.