Nos cœurs enlacés. Audio

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J’avais envie de vous parler ou de vous lire mes textes. Je m’y tente ici.

J’espère que vous aimerez. Premier texte lu, un poème écrit pour un atelier d’écriture de Leiloona en 2015… Sur une photo de Julien Ribot

J’ai un peu le trac. Dites-moi si je continue ou pas.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #53

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Je n’étais pas revenue ici depuis début septembre. Mes premiers écrits sont donc pour cette 53ème expérience des ateliers d’écriture de Bric à Book/Leiloona. Avec une magnifique photo de Julien Ribot. Voici mon texte. N’hésitez pas à y laisser un petit mot en commentaire sur mon blog.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


Paris Notre-Dame

Lorsque je vous vois ainsi, Belle-Dame illuminant Paris, qui vous illumine à son tour ;

Lorsque je vous sais ainsi : nourrissant l’obscurité de vos courbes et de vos mystères;

Lorsque je me rappelle votre histoire, Dame-Courage, contenant en votre sein les histoires de nos pères;

Lorsque je sens l’effervescence à votre pourtour, Élégante-Dame, imposante et fière;

Lorsque j’admets que la folie des hommes a mis des siècles à vous créer, alors qu’une autre de leurs folies prendrait quelques secondes pour vous briser ;

Lorsque j’admire votre beauté, devant elle je m’agenouille en toute humilité;

Je ne peux que me taire et prier.

Qu’importe ma religion, qu’importe si j’en ai une, qu’importent mes convictions;

Je prie pour eux, vous, moi, nous. 

Pour ici, ailleurs, l’univers, le tout.

Je vous prie avec ferveur Notre Mère, Notre-Dame.

En vous je prie, pour l’avenir de la vie, 

Si loin ou juste ici, à Notre-Dame de Paris.

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #38

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Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book

sur une jolie photo de © Julien Ribot.

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Aujourd’hui, je suis de bonne humeur, rien ne pourra changer cela. Pas même le froid qui me glace le nez et le bout des doigts.

Le mois le pire de l’année est enfin terminé.

Il est trop long, rien à célébrer, rien à projeter, juste les excès des fêtes à accuser, et le printemps à espérer.

Trente-et-un jours à crever. Mais là c’est certain, ça se finit. C’est bien.

 

Je suis de bonne humeur, j’ai envie de rire. Rien ne l’empêchera.

Pas même la vue de cet arbre nu, comme planté de travers dans la terre, les racines à l’envers. Je ne l’entends pas me dire « viens sous mes branches pour te pendre ».

Bientôt il sera majestueux, des feuilles bien tendres l’habilleront.

Il me dira juste « viens sous mes branches pour t’étendre » et je me coucherai là, à l’ombre, enlaçant son tronc.

 

J’ai bien dormi cette nuit cachée sous ma couette. Tous les soirs, la pluie rythme mon sommeil, en s‘écrasant sur les carreaux.

Mais la journée sera belle, même si le ciel est gris-brumeux, même si les oiseaux n’y volent plus, n’y chantent plus non plus.

Même si le soleil se cache bien loin de lui, même si le vent seul s’y promène.

D’ailleurs, son souffle ne me gifle pas. Mais non ! Il me caresse. Au pire c’est une promesse, celle du printemps qui se profile.

 

Bientôt je courrai dans la campagne. Bon, pour l’instant je ne peux pas, la terre colle à mes bottes, elle s’agrippe et me supplie :

« Emmène-moi avec toi, ne me laisse pas là, rentrons ensemble près du feu, allez va ! »

Même le village là-bas ne me désespère pas. Il n’y arrive pas, la vie reviendra.

Dans quelques mois, les restaurants ouvriront leurs terrasses, les maisons, leurs volets, la place s’animera d’un bal pour le 14 juillet.

 

Vous voyez ? Aucune raison de déprimer.

Je crois que je vais quand même aller me recoucher.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #35

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Bonjour et bonne semaine à tous !

Après plusieurs semaines sans temps ni inspiration, voici mon texte du lundi pour l’atelier d’écriture de Leiloona Bric à book.

Merci Julien Ribot pour cette photo !

N’hésitez pas à laisser un commentaire…

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SI

Si je pouvais revenir en arrière, c’est ici que je me trouverais : Sur ce quai qui longe la seine, ma main serrée dans la tienne. J’aurais aimé éviter les clichés, mais ici, comment les éviter ?

Paris lumière, Paris romantique, Paris amoureux, Paris joli.

Si je pouvais revivre naguère, c’est par là que je me situerais : près des bateaux qui faisaient mouche sur la seine, ta bouche si douce sur la mienne. J’aurais aimé t’épargner mes regrets, mais ici comment te les cacher ?

Paris mystère, Paris excentrique, Paris le jour, Paris la nuit.

Si je pouvais tout refaire, je n’y aurais rien changé : Je serai toujours là, près de toi, sur cette terre, dans la chaleur de ton corps, nous serions enlacés, heureux, en paix.

Mais la vie s’est chargée de me taire. De m’enfouir dans sa terre, de perdre ta main, ta bouche, nos « si »

Te voilà seul, sur ce quai qui longe la seine. Ma robe fleurit dans ta mémoire, mes cheveux s’évaporent, mon sourire s’efface, tu restes là, les bras ballants, la bouche béante, les yeux meurtris.

Je suis partie, Paris fini.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #34

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Bonjour et bonne semaine à tous !

Voici mon texte du lundi pour l’atelier d’écriture de Leiloona Bric à book. Merci Julien Ribot pour cette photographie.

Un peu tout fou mon texte ! Je me suis bien amusée à l’écrire…

N’hésitez pas à laisser un commentaire…

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SURPRISE !!!! 

– Alors ?

Non, mais attends, ne parle pas tout de suite. Projette-toi, mon amour.

Fais marcher ton imagination. Enfin… Essaye.

S’il te plait, fais-moi confiance et laisse-moi parler, pour une fois…

Tout d’abord, je t’en prie, ne considère pas mon achat comme un coup de folie ou un coup de tête, un problème rapport à des hormones ou que je ne sais quoi. Je n’ai pas dépensé toutes les économies de notre vie, sans réfléchir. J’y ai évidemment réfléchi, tu penses !

 Considère que c’est un coup de cœur. Un vrai. Un appel de la maison qui m’aurait dit « prends moi ! prends moi ! »

Elle est faites pour moi, pour nous, mon cœur. C’est tellement évident. Je suis un peu triste et déçue que cela ne te saute pas aux yeux. Je voulais te faire une belle surprise, tu me gâches mon plaisir.

Regarde comme elle est lumineuse… Même la nature l’aime : elle l’a complètement envahie, c’est dire !

C’est bien la preuve qu’elle est saine. La nature ne se trompe jamais, tu sais, l’instinct vient de là ! hé oui !

Bah ! Tu fais la moue. Mais si, quand même ! Mais si. Quand même.

On a beaucoup de chance, tu sais ! Ah si, moi je trouve qu’on a beaucoup de chance.

 Tu devrais prendre un peu de distance. Ferme les yeux. Voilà.

Maintenant, imagine que tu as tout nettoyé. Bien. Imagine que tu as enlevé les bières, les pierres et autres détritus. Parfait.

Que tu as nettoyé les fenêtres. Les murs. Bon. Le plafond aussi. Et le toit.

Imagine que tu as assaini le tout, rajouté l’électricité et l’eau.

Ah ben oui ! c’est pas moi qui vais le faire ! il est drôle !

Sois sérieux, deux minutes. Tu veux pas le faire seul ? Pourquoi ? Trop de travail ?

J’ai pas épousé Superman, moi !  

Bon. Donc si tu ne veux pas le faire tout seul, imagine qu’avec tes copains, plutôt que d’aller jouer au foot pendant quelques weekends, vous vous amusez à tout repeindre et à jouer au bricoleur, ça peut vous amuser ça, chéri, non ?

Mais si… mais si. Ça va vous amuser, tu verras. Ce sera drôle, je te dis !

Voilà. Donc tu as tout nettoyé, tout retapé. Si tu le fais proprement, ce sera joli, n’est-ce pas ?

Mais si, ce sera joli. Regarde le bon côté, c’est aussi l’occasion de te prouver que tu peux le faire !

Donc quand tout sera refait, tu seras fier de toi, et moi je pourrai la décorer, l’aménager, la rendre jolie et harmonieuse, un merveilleux espace de vie, conviviale et moderne. Tout sera parfait.

 

Alors, tu en penses quoi ? ATTENDS !

Attends avant de me répondre, réfléchis bien à ce qui me ferait tellement vraiment totalement follement éperdument plaisir…

Et tu aimes quand je suis heureuse, non ?

Alors ?


ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #32

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Bonjour et bonne semaine à tous !

Voici mon texte du lundi avec une photo de julien Ribot, que l’on aime tant ! N’hésitez pas à laisser un commentaire…

Pour voir tous les textes,c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :



On se ressemble

Volets rouillés, porte close, crépis usé. Le lierre se livre et se délie, il prend ses aises et court ici.

Tout en silence, la maison dort. Elle attend là qu’on la remarque, qu’un habitant y prenne ses marques.

Les murs sont sales, les herbes folles, les pavés glissent. Quelques ardoises se sont sauvées, mais dans l’allure rien n’est gâché.

Il a suffi que je te vois pour le comprendre : Nous somme faites du même bois, des mêmes cendres.

Quelques travaux, de la lumière, ouvrir les pièces, sans la poussière, rire, chanter, courir, danser.

Je te nourris avec ma vie. Tu me protèges, on se construit.

Mon renouveau est avec toi. Mes failles, mes soucis, je les balaye aussi.

Pour l’instant tout est éteint, et pourtant rien n’est fini.

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #22

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Voici ma 22ème participation  à l’atelier d’écriture de Bric à Book et une photo originale de Julien Ribot.

Pour découvrir les propositions des autres participants, c’est ici 

Allez voir, il y a du talent chez Leiloona !


AMNESIE

Alors, nous y sommes.

Cette pièce devrait me rappeler quelque chose. Ces ciseaux, ce bois, cet établi devrait me faire vibrer. J’attends, mais il ne se passe pas grand-chose.

La pièce est sombre, l’endroit est froid. Ma femme se tient derrière moi. Elle serre son cou de sa main. Une façon de maitriser son souffle, de ne pas me faire entendre l’oxygène qui lui manque.

Malheureusement, rien ne bouge, rien ne tremble, le sol reste ferme. Mes jambes ne fléchissent pas. Mon souffle n’est pas court. Mes yeux boivent l’endroit, mon nez s’emplit de son odeur. Mes mains touchent le bois de la table. Je caresse les outils, de tous mes doigts. J’essaye de me rappeler leur histoire, notre histoire commune. Je gratte le fer des lames pour faire apparaitre n’importe quoi, quelque chose, une aspérité, un indice. Je ferme alors les yeux, je les soude, je les serre, comme je pourrai serrer un corps aimé. Je me concentre si fort…

J’aimerais tant me retrouver. Comprendre. Vibrer.

Pour moi bien sûr ! Mais aussi pour faire plaisir à cette femme qui dit être la mienne. Ces yeux ne m’ont jamais quitté. J’ai vu nos photos. Son visage se penche toujours sur le mien. Elle m’a parlé de nos souvenirs. Elle m’a raconté notre rencontre, nos voyages, nos vies, mêmes nos douleurs. Pourtant, elle ne m’a pas encore raconté notre vie amoureuse. Je n’ai pas osé lui demander. Nous ne sommes plus assez intimes.

J’aurais bien des questions :

Avant mon accident, nous aimions-nous toujours autant ? Après 20 ans de vie commune ? Etions-nous complices, amants, rieurs, gourmands ? Avions-nous des conflits ? Des tourments ?

Elle ne me dit rien de tout cela. Elle ne me montre que le beau, pour me donner envie de revenir… Puis-je seulement revenir ?

Ici, j’y ai passé ma vie. A les entendre, j’étais là, à travailler le bois, dans ce garage, dès que possible.

Le jour, la nuit. Qu’il pleuve, qu’il vente, que le ciel soit bleu ou qu’il soit gris. Toute ma vie était ici. Avais-je quelque chose à fuir ? A oublier ?

Puisque rien n’est resté, que ne suis-je mort ?

Ma femme se désespère. Sa main a quitté son cou, elle ne craint malheureusement plus le choc de la mémoire. Elle réalise qu’elle ne reviendra probablement pas. Pas aujourd’hui en tous les cas. Ses bras pèsent des tonnes, et pourraient frôler le sol. Son dos a mille ans, son cou ne soutient plus sa tête qui part en avant prête à rouler entre ses pieds. Ses yeux se ferment, sa bouche se tort. Son espoir est mort.

Je veux quitter cette pièce qui ne me parle pas. La colère me broie. Je me retourne furieux, mon bras accroche la table, ma main agrippe une petite sculpture que je n’avais pas remarquée jusque-là…

Je ferme mes yeux, mes mains l’explorent, la caressent, la ressentent. Elle est lisse, et si douce. Ses formes épousent mes doigts instantanément. Je ressens la courbe d’une hanche, la finesse d’une taille. Je connais le dessin de sa fesse ronde ferme, gourmande. Je descends sur cette cuisse, puis je remonte sur son buste et reconnais son sein, son épaule, son cou, son menton, son front. L’angle de sa mâchoire, le dessin de cette oreille. Celle que j’aime, que je mordille, à qui je dis « Je t’aime ».

Et tout me revient. Mes yeux fermés, ma mémoire se souvient, les images se précipitent, se bousculent, se chevauchent parfois. Tout n’est pas limpide, mais l’évidence est là : J’attrape la main de mon amour, je caresse son bras, comme le bras de la statue que j’ai taillée à son image. Mon corps se souvient. Mon cœur se rappelle. Le bois est bien vivant puisqu’il redonne vie aux amours qui se meurent. Je serre son bras je descends à sa main je la prends, je lui vole son regard qui s’enfuyait déjà vers un autre espoir à inventer. Et je lui chuchotte juste…

Tu vois, Marie, je me souviens que je t’aime. C’est bien suffisant, ne crois-tu pas ?

Alors, enfin, Marie me sourit…