ON A TUE TOUS LES INDIENS DE JULES GASSOT ROBERT LAFFONT

Par défaut

wpid-20150502_111447.jpg

C’est l’histoire d’un homme qui se fait plaquer. Il croyait en une évidence, en un amour éternel. Il pensait que ça ne lui arriverait pas. Mais ça lui arrive.Et il ne s’en relève pas.

Pendant 260 pages, Benjamin se bat avec lui-même, avec ses démons, ses faiblesses, ses folies. Il flirte avec les excès, se rappelle le temps passé, leur rencontre, son parfum, son gout, sa peau, toutes les sensations que le corps peine à oublier.

Tout se mélange. Ses autres souffrances aussi : la solitude de sa mère, les deuils et les absences, sa sœur, son père… Les errances de ses amis. Le sexe, l’alcool, l’oubli. La vie. Benjamin se laisse sombrer, se fout de tout. Il perd pied et nous embarque avec lui.

L’écriture de Jules Gassot est une lame de rasoir : il m’a coupée avec ses mots. Il m’a tailladé le coeur, à plusieurs endroits.

J’ai aimé ce livre, cette histoire, la façon dont Jules m’a fait rentrer dans ses tripes et dans ses failles.

Pourtant au milieu de ma lecture, il a failli me perdre. Au moment où je me suis surprise à me lasser, à m’agacer, à avoir envie de lui dire :

« Ca va, Benjamin, ça suffit maintenant ! D’accord elle est partie, d’accord, sa peau, ses grains de beauté, son tatouage, son rire, sa façon qu’elle a de dormir, de bouger, de parler, ses défauts tout ça. ok tu ne peux pas vivre sans elle. Mais on a compris, il faut te secouer maintenant »

Et quand j’ai commencé à me dire cela, quand j’ai vu que je parlais à mon bouquin je me suis dit que Jules avait réussi son coup : Il m’a fait rentrer dans la vie de son héros. il m’a embarquée pour le connaitre, l’aimer et le secouer, comme je l’aurais fait avec un frère.

J’ai aimé son écriture, son style, son approche, tout. Il n’y a rien en trop, Jules Gassot a un vrai talent, et je suis même jalouse de sa puissance. Ses mots sont durs parfois, mais il sait aussi parler d’amour avec pudeur et tendresse.

Benjamin est un héros ordinaire, un homme comme il y en a tant, un cow boy parisien qui se bat avec ses sentiments, qui cherche sa route.

Il y a beaucoup de citations que j’aurais pu sortir du contexte et vous offrir, pour vous donner envie de le découvrir. Mais non. Tout est bon : achetez-le et lisez-le.

Allez, une parce que sa simplicité me touche :

Je ne peux pas vivre sans aimer.

Un constat, une évidence, le coeur du livre, celui des Hommes…

Merci Jules. j’aurais envie d’adapter une citation de Little Big Man, que j’adore, pour reprendre l’esprit de ton livre :

« C’est un beau jour pour te lire. »

« On a tué tous les indiens » de Jules Gassot

aux Editions Robert Laffont . 18€

Publicités