ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #51

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Pour cette semaine, Leiloona nous offre une photo de Claude Huré.

Evidemment elle ne peut que me parler. J’espère que vous aimerez ma proposition sur ce voilier.

N’hésitez pas à y laisser un petit mot.

Pour voir tous les textes, c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


 

Tout va bien. Et bientôt, tu vas voir, tout ira encore mieux.

La galère dernière nous, on l’aura, notre maison de pêcheur surplombant l’océan, notre vue sur l’amour. Nous vivrons les changements comme ces couleurs qui dansent sur la toile du ciel. Nous ne craindrons plus le pire, nous attendrons, sereins, les virages de la vie. Car tout sera bien.

Il y aura du rouge, du vert, du jaune, des couchers de soleil, c’est tellement beau, toutes ces couleurs, tu ne trouves pas ? Elles sont magnifiques. Je ne me lasserai pas de les regarder. Je fermerai parfois les yeux, juste pour mieux sentir la mer me parler. Et quand je les ouvrirai à nouveau, ils s’accrocheront sur ce petit bateau, sa voile rouge et sa liberté. Je le saisirai au vol et je ne le quitterai plus.

Quand il voguera sur ces eaux-là, c’est que tu seras à sa barre, heureux capitaine à changer de bord, à danser sur la vague, à glisser, à nager, à vivre !

Et je m’endormirai enfin avec toi, chaque nuit de ma vie, Dieu comme j’en rêve !

Chaque jour ensemble, nous aurons tout. Un voilier, une vue, nous.

 

 

 

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ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #43

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Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book

Sur une nouvelle photo de Claude Huré. Un visage enfantin, magnifique.

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Comme elle est drôle, cette dame, à me prendre en photo. Il n’y a pas d’enfants dans son pays ? Elle s’exclame, elle s’extasie, je ne comprends absolument rien à ce qu’elle dit. Sa bouche fait des petits sons très aigus en oooooo et en iiiiii, quelquefois sa langue gigote et claque comme des chansons qu’on chante avec mes frères.

Elle semble gentille, mais pas très intelligente. Certainement incapable d’aider maman ou de s’occuper de nous ici. Mais elle n’a pas l’air méchante. Je me demande bien quel peut être son rôle dans son village.

Bizarre aussi, ses ongles si longs rouges, bleus, avec des paillettes dedans. Ce n’est pas très joli. Ça doit avoir une signification. Peut-être pour sa religion. Pour espérer une protection ? Pas très pratique pour travailler la terre ou faire à manger, en tous les cas. Et puis son sac, là ça sert à quoi ? Bien trop petit ! Vraiment ces étrangers, je ne m’habituerai jamais.

Quand elle enlève son appareil photo de son visage, elle me fait un clin d’œil, elle me fait rire. Alors je lui fais des grimaces aussi. On ne parle pas la même langue, mais ce n’est pas si compliqué de se comprendre du regard.

Juste à côté d’elle, il y a un gros monsieur qui soupire. Il marche devant, et puis derrière, on dirait qu’il a envie de faire pipi ! il ne sait pas se poser deux minutes, lui. Comme il est bizarre. Il a une voix grave et puissante comme un torrent, il parle tout le temps. Il fronce ses gros sourcils regarde son poignet, avance de deux pas, recule de trois. Elle ne lui répond pas, mais elle lève les yeux au ciel, et hop elle me raconte n’importe quoi, des clipechluskirts que je ne comprends pas, elle cligne d’un œil, clic !, et elle sourit.

Alors j’attrape le bout de lanière de mon vêtement, je le mâchouille parce que c’est bon, et j’essaye, moi aussi, de prendre en photo son visage, avec ma tête. J’ai bien envie de me souvenir de cette petite dame-là qui me trouvait mignon, je crois, et je ne sais même pas pourquoi.

 

ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #41

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Voici ma participation à l’atelier d’écriture de Bric a Book

sur une jolie photo de ©Claude Huré

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George lit

Tous les dimanches, en fin de matinée, dès que le temps le permet, George vient ici.

Pendant que sa femme court à la messe, il s’installe. Elle prie pour son âme, pour celle de son mari, aussi pour leurs enfants, leur commerce. Enfin, Madeleine prie.

George commence par méditer. D’abord, il choisit son banc, sous les marronniers, le même depuis vingt ans. Il s’assied, satisfait, se tend, ferme les yeux, offre son visage au soleil naissant, juste quelques instants, et profite simplement.

Il sourit à sa vie et pour sa femme qui prie pour lui.

George se détend.

Doucement, il déplie son journal. Très précautionneusement. George prend le temps. Il le suspend. Il scrute scrupuleusement tous les articles du moment, espérant trouver quelques mots surprenants. Des voyages, des crimes, des résultats sportifs, tout lui plait, l’intéresse, le captive. Il s’inquiète, ou en rit. Il s’étonne, se méfie. George doute, comprend, ou pas, se rebelle, se choque, se marre.

Voilà. George vit.

Il reste longtemps immobile, recroquevillé sur ses genoux, sur son journal. Mais le soleil bouge autour de lui, les rayons chauffent, l’ombre rafraichit, le vent tourne, l’éclairage change. A la lecture des affaires qu’on lui raconte ici, pas de doute, les temps aussi.

Alors, il fronce les sourcils, soupire et reprend.

Il savoure tranquillement l’heure de la messe. Au calme, dans son jardin public, sur son banc, sous son arbre, au soleil, sous le vent.

George lit les nouvelles. C’est son moment.