FRAGMENTS DE FRAGONARD, ROMAN ÉPISTOLAIRE

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À l’occasion de l’exposition Fragonard Amoureux qui s’est tenue au musée de Luxembourg à Paris de septembre 2015 à janvier 2016, la galerie de la Marraine a réuni indépendamment,  des artistes, créateurs et artisans, et présenté leurs œuvres et créations -uniques ou en petite série- rendant hommage à l’un des plus grands peintres du rococo et de la frivolité. Il m’a été demandé d’écrire 16 lettres d’amour inspirées par ces tableaux. Ces lettres furent offertes aux abonnés de notre exposition virtuelle durant la durée de Fragonard Amoureux. A présent, je suis ravie de les partager ici avec vous.

Si vous souhaitez découvrir et lire toutes ces lettres, en partant de la première,   rendez vous sur ma page  en cliquant ici : Fragments de Fragonard

Si vous connaissez les premières, et souhaitez juste lire la dernière, elle est à vous ici, juste en dessous : N’hésitez pas à partager avec moi votre avis, en commentaire

J’espère que vous aurez aimé l’espace de quelques lettres,

traverser les vies de Marie et de Nicolas…


Lettres 1 à 15

Lettre 16

Mon beau héros,

Votre gloire peut briller des mille feux que vous arborez sur votre poitrine, ces petits soleils de printemps nous éblouissent peut-être lorsqu’ils s’introduisent dans notre intimité, les souvenirs brûlants que nous chérissons éclairent sans doute notre vie, mais rien n’est plus éclatant que le rayonnement de nos nuits…

Pourtant hier, vous vous êtes fait désirer jusqu’au bout de la décence. Seule j’ai parcouru les allées de l’exposition. Ainsi, vous n’avez pu nous reconnaître dans ce merveilleux tableau que Monsieur Fragonard a nommé d’un détail, Le Verrou. Sachez qu’il l’a peint alors que nous étions encore à nous aimer dans les jardins du château paternel, ce qui est d’autant plus troublant aujourd’hui, au moment où nous aurions pu l’admirer de concert.

On y dévoile votre fougue, que je ne peux contester. On y apprécie aussi nos amours cachées, dans le geste et dans le titre. Mais ce que l’on n’y trouve pas, c’est bien ce que nous avons partagé la nuit dernière… Car cette nuit, après que je vous ai attendu au Louvre, était des plus surprenantes. Une passion intacte, renaissant sous les cendres des illusions de nos deux solitudes.

Nos expériences passées suffiront-elles à dominer ce démon surgissant d’un autre âge ? Je ne le désire point. Je veux qu’il me dévore, comme vous savez si bien le faire, qu’il vous happe telle ma réponse nocturne à vos avances, qu’il nous pénètre par tous les pores, qu’il se dresse en nous comme vous l’avez fait en moi ! Qu’il nous domine enfin tous deux.

Vous, qui regrettiez déjà que vos actions ne sauraient trouver d’héritier, vous voilà l’intime d’une mère fière de montrer à ses enfants qu’elle s’amuse autant qu’eux. Grâce à vous, un nouvel héritage, et le plus beau : le plaisir. Mes descendants n’auraient pas pu recevoir de meilleur amour que celui d’un père tel que vous.

Oh, mon amour, rassurez-vous, je ne vous engage à rien ! Mais si le poids des médailles fait souffrir votre dos, si la gloire vous tient plus souvent à Paris qu’au cœur des batailles, je saurai guerroyer avec vous toutes les nuits que vous m’accorderez encore, afin de mieux conclure la paix chaque matin et de vous y rendre les armes de la plus belle des manières.

Je ne peux vous laisser reposer cette lettre sans que je vous écrive cette passion, toujours intacte, bien que si durement blessée. N’en doutez pas, je suis et resterai vôtre autant que votre fantaisie vous attachera à moi.

Les Anglais que vous avez combattus le disent si souvent sans y penser, mais cette courte formule prend ici tellement de sens…

Bien à vous,

 

Marie

4 réflexions sur “FRAGMENTS DE FRAGONARD, ROMAN ÉPISTOLAIRE

  1. mamysoren

    cette dernière lettre ,je l’aime moins…ilne revient que pour le plaisir et elle lui parle d’enfants…
    je l’aurais étoffée par la déception qu’il ne soit pas au rendez vous et par le plaisir de le retrouver la nuit… sans plus
    Bises

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    • Je ne crois pas qu’il ne revienne que pour le plaisir. Il a toujours aimé Marie. Elle lui parle de ses enfants pour le rassurer sur ses angoisses de la dernière lettre qu’il lui avait adressée.
      Dommage que tu l’aimes moins. A bientôt ! Bises aussi

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  2. J’aime beaucoup cette fin. D’abord sur le style (le passage sur le poids des médailles et sur le bien à vous final) puis sur son ambiguité. Est-il venu par amour pour elle ? par nostalgie ? par désir physique ? ou par l’amour d’une idée plaisante (aimer un amour de jeunesse). Telle est la question que beaucoup se posent…

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