UNE PHRASE, UN TEXTE ! 5

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Voici ma nouvelle participation à l’atelier d’écriture de Fanny.

Le but est d’écrire un texte à partir d’une phrase, tirée d’un livre plus ou moins connu.

Pour découvrir toutes les participations, cliquez ici

Cette semaine, on va  partir d’un auteur classique, Musset, suite à la proposition d‘Agnès Boucher ! Et plus précisément d’une partie d’une réplique de Lorenzo de Médicis (Lorenzaccio !) :

« Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m’empoisonne, ou que je saute dans l’Arno ? »

En oubliant le contexte, voyons ce que je peux en faire…


 

 » Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m’empoisonne, ou que je saute dans l’Arno ?  Veux-tu que je le laisse me rouler dans la boue, sans un cri, sans un mot ? Il veut ma mort et tu le sais. Faut-il le suivre ou ne plus vivre ? Faut-il l’aimer ou trépasser ?  Dois-je me laisser faire ou me laisser tuer ? C’est lui qui dicte sa loi ? Et moi, je me tais ?

 Je tue Alexandre, car je n’ai pas le choix.  Je lui ôte sa superbe, lui ferme le clapet. Mais ne t’inquiète pas tant. Je ne le tue pas vraiment. Je l’empêche juste de médire, de me maudire, de rire de nous. Je lui cloue le bec et lui lie les deux mains. Je le fais disparaître sans un retour certain.

Quand il verra la preuve que je détiens, il le réalisera : contre moi, il ne peut rien. Il cessera de jouer le vaurien, ne menacera plus qu’une ombre devant son miroir, au matin.

 Avant le soir, il devra courber le buste, baiser ma main, baisser les yeux sur mon chemin, me sourire peut-être, je le tolérerai bien.

 Je tue son mépris, j’écorche son pouvoir, je poignarde son déni et je brûle sa gloire. D’Alexandre guerrier, conquérant ou empereur, il ne restera qu’un petit homme docile, sans  honneur. Alors, tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ?  Mais ne comprends-tu à présent, qu’en divulguant son secret, je sauve ma vie et la sienne, sans mensonge ni regret ?

Attends quelques jours. Sois encore patient. À ton tour, tu connaîtras la preuve, la raison du changement. Comme moi, tu sauras que rien ne pouvait être évité : ni sa déchéance et sa mort déjouée, ni ma survie et ma paix retrouvée.

L’avenir sera moins grand, mais bien plus serein, sans ce pouvoir constant au creux de sa main.


 

8 réflexions sur “UNE PHRASE, UN TEXTE ! 5

  1. Benedicte D.

    Eh! ça sonne bien ces alexandrins…..Le plus drôle c’est que l’on ne s’en aperçoit pas tout de suite et c’est la cadence qui s’installe dans la tête en lisant qui les dévoile….Chouette!!

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