Moi, la grosse de Matteo Cellini

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Présentation de l’éditeur

Caterina est une jeune italienne spirituelle et intelligente. Caterina a une famille qu’elle adore. Mais Caterina, à l’instar de ses parents et de ses frères, est grosse. Très grosse. Et ses kilos en trop l’empêchent d’exister. Selon sa conception binaire du monde – les obèses d’un côté, les  » personnes  » de l’autre – elle est une  » non-personne « . A peine sort-elle de chez elle qu’elle s’arme d’une carapace blindée lui permettant d’ignorer tous les commentaires, toutes les plaisanteries, dont elle pourrait être la cible. Elle anticipe tout. Pour ne pas aggraver son dossier qui pèse déjà trop lourd sur la balance, elle fait en sorte d’être la meilleure de la classe, de n’être jamais malade, jamais en retard, toujours bien habillée… bref, de ne jamais faire le moindre remous. Aussi, quand ses parents décident d’organiser une grande fête pour son dix-huitième anniversaire, c’est la panique. Un roman, tout en sensibilité, qui voit son héroïne s’épanouir et découvrir peu à peu qu’un bonheur est possible, au-delà des apparences.

Biographie de l’auteur

Matteo Cellini enseigne la littérature au collège, à Urbania, dans les Marches. Moi, la grosse est son premier roman.

Un extrait, une phrase

J’avance , enveloppée dans mon costume : un manteau plissé, mollasson et flasque; un manteau de graisse. Je suis une super-héroïne et je résous les problèmes. Je sauve le monde.
Je suis la possibilité permanente d’une comparaison flatteuse ; celle qui vous retire des mains la palme de la moche, de la plus grosse, de la plus seule. je suis Cate-la-grosse, un obus oublié qui depuis le collège, ne demande qu’à exploser.

Ce que j’en pense

Dans la première partie,  Caterina nous permet de comprendre ce qu’est la vie d’une adolescente en important surpoids, dans une famille obèse. Sa lucidité et sa force sont parfaitement présentés : Cette façon qu’elle a d’anticiper les regards, les réflexions, les rires ou les silences pour éviter de souffrir. Caterina a appris à devenir irréprochable pour ne jamais laisser une occasion, autre que physique, d’être critiquée ou jugée. Son corps reste une fatalité. Elle ne pourra jamais rien y changer. Ni changer le regard du monde sur elle. Ce monde divisé en deux. Les minces : les personnes (90% de la population) et les non-personnes : les obèses.

Il n’y a là aucun misérabilisme ni dans la voix de Caterina ni dans les mots de Matteo Cellini. Juste des faits, et un quotidien réglé à la baguette pour pouvoir le supporter.

Dans la deuxième partie, Caterina nous raconte toujours son histoire, ses journées, ses nuits, mais en se retrouvant comme nous, confrontée aux véritables regards de son entourage, ceux dont elle ne soupçonnait rien. Pourtant l’héroïne nous y avait préparés, nous avait blindés, pour passer outre les sarcasmes. Mais les événements prennent un tout autre sens. Tout est remis en question, ses certitudes comme son ouverture au monde.

Matteo Cellini semble bien comprendre (connaitre ?) les souffrances liées à l’adolescence et aux problèmes de poids.

Il exprime subtilement les contraintes du quotidien, les injustices, mais aussi les idées préconçues dans un sens comme dans l’autre, en bousculant la perception de Caterina. Et c’est ce que j’ai trouvé de plus original ici.

Matteo Cellini nous peint des caractères forts, emprunts simultanément de méchanceté comme d’empathie ou de bonté. Toute la complexité de l’exercice et probablement ce qui les rend si humains.

Moi, la Grosse est un premier roman qui m’a touché et secoué dans mes propres ressentis et dans mes idées reçues.

Si vous avez l’occasion de le lire, ne vous en privez pas.

16 réflexions sur “Moi, la grosse de Matteo Cellini

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