UNE PHRASE, UN TEXTE ! 2

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Ma nouvelle participation à l’atelier d’écriture de Fanny.

Le but est d’écrire un texte à partir d’une phrase, tirée d’un livre plus ou moins connu.

Pour découvrir toutes les participations, cliquez ici

Aujourd’hui, Fanny nous propose ce texte, les premières lignes du roman de Delphine Bertholon, Les corps inutiles :


« Elle souriait, sifflotait même, peut-être – une chanson entendue à la radio juste avant de partir, de quitter la maison, heureuse de s’en aller, comme une grande : elle avait rarement le droit de sortir le soir, c’était exceptionnel. Mais il faisait jour encore, l’air était tiède et l’école finie. »

 


 

Une première soirée d’été

Elle souriait, sifflotait même, peut-être — une chanson entendue à la radio juste avant de partir, de quitter la maison, heureuse de s’en aller, comme une grande : elle avait rarement le droit de sortir le soir, c’était exceptionnel. Mais il faisait jour encore, l’air était tiède et l’école finie.

Elle marchait tranquillement vers le port, point de rendez-vous de la bande, fermait parfois les yeux pour capturer plus facilement les derniers rayons du soleil. Ils lui chauffaient toujours les joues et le cou. Elle adorait cela.

L’année se terminait, le collège aussi, enfin ! Tout lui semblait possible. Bien-sûr, une petite angoisse de quitter le village, l’école qui a abrité son primaire et le début de son secondaire, mais mêlée à une certaine excitation de rentrer enfin dans le monde des presque grands, des vrais ados.

Elle prendrait le bus tous les matins et tous les soirs, comme les autres, pour aller à Vannes, le début d’une autonomie. Alors elle peut bien commencer à sortir seule, n’est-ce pas ? Ses parents avaient peur de tout. Il était temps qu’ils grandissent, eux aussi.

 

Elle entendait déjà la voix de Grégoire, au loin, qui devait captiver la galerie en racontant une nouvelle fois l’un de ses exploits scolaires, comment il s’était retrouvé sur le toit de l’école, la façon dont il avait enfermé le prof de sport dans le gymnase, et tant d’autres. Elle percevait les éclats de rire excessifs de Valentine. Elle l’imaginait simulant une chute ou un évanouissement, tant elle riait, pour gagner une nouvelle opportunité de se faire rattraper par l’un des garçons. Et finir dans leurs bras. Elle captait le brouhaha de leurs conversations, une dizaine d’ados sur le quai, ça fait du bruit !

En arrivant près du port, elle apercevait le groupe, mais surtout la silhouette de Julien, debout, les mains dans les poches, souriant légèrement aux bêtises de son pote, au cinéma de sa copine, mais sans en prendre part. En arrière-plan.

Puis il leva les yeux et s’accrocha aux siens. C’était bien ELLE qu’il attendait. Son petit cœur battait encore plus vite, elle pressa le mouvement, puis ralentit pour ne pas en avoir l’air. Il fit un pas en avant, enleva les mains de ses poches, puis recula et les y plaça à nouveau pour ne pas en avoir l’air.

Mais quand Rose arriva sur le port et commença à saluer « blasée » les potes de l’école, c’est pour Julien qu’elle rosit.

Et c’est pour elle que Julien se mit à rire.

L’été démarrait à peine, et croyez-moi, cet été-là serait de ceux que l’on n’oublie pas.

 

 

14 réflexions sur “UNE PHRASE, UN TEXTE ! 2

  1. Grrr!!! oui c’est énervant ça !!! on a envie de lire la suite, alors il est encore temps que tout nous fasse d’autres lignes pour nous faire rêver, je lirais bien ça sur une de nos plages bretonne, au soleil, les pieds dans le sable, une belle romance d’été :)

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