ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #31

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Bonjour et bonne semaine à tous !

Voici mon texte du lundi avec une photo, qui me parle tant, de Bric à book, elle-même…

N’hésitez pas à laisser un commentaire…

Pour voir tous les textes,c’est ici ! et le mien, c’est là, juste en dessous :


Le réveil sonne, 7H10. Déjà ? Ouvrir les yeux, les enfants se lèvent ? difficilement. Accélérer le mouvement. Un petit café, préparer les céréales, le jus d’orange. « Vous êtes réveillés ? Il faut se lever ! Il est l’heure ! » Les têtes ébouriffées, des calins, se forcer à manger. « On y va on y va ! c’est parti ? Allez c’est parti. » Dépose minute, des bisous, Camille Combale à la radio, « Ahhh maman, si tu gagnais un mois de loyer ! oui mais pour ça il faut jouer ! » « Passe une belle journée mon amour, sois sage ne bavarde pas trop ok ? et surtout sois concentrée ! promis ? » Un sourire, les yeux au ciel, la portière claque et les petites femmes devant l’école. Et ça papotte, et ça s’agitte et ça mimique…

Retour maison. Le grand est-il parti ? non. Il n’est pas parti… Il fait son sac. Zen. Cool. II a le temps… Pas tellement. Ne pas stresser. Il part. Vite, le tour des chambres, il n’a rien oubié ? ça va. Rien oublié.

8H15. Allez… Ecouter les infos. Les nouvelles sont mauvaises. Ranger la maison, lancer une machine, faire les lits (grrr, quand même, à leurs âges…) Un calin au chat, un autre café. Maison ok. Oups ! ma douche. Hop ma douche. Maquillage ? Allez un peu. Pas trop. Pas tout le temps. Les cheveux ? Pas grave, on attache. Pas le temps. Qui me regarde ? En voiture ! Direction le boulot. Embouteillage, queue de poisson ! Le con ! Trop de monde. Céder le passage. Personne me le cède, à moi. J’attends. M’énerve, les gens. Ne pas s’énerver, la journée va bien se passer. Se dépêcher. Encore en retard. Ca va aller.

9H30 (35 ? chut…) Boulot. Les collègues. Grognons. Réunion de travail pour faire le point, sur le travail. Après, réunion de préparation au travail, puis réunion de bilan. Je bosse quand ? Le téléphone. L’équipe. Le stress. Les questions. Les ennuis. Des solutions . Nonnon; je ne stresse pas. Hyérarchie ? Pas peur. Condescendance ? Pas grâve. Prends sur toi. L’équipe ? revendication. Trouver des échos. des solutions. Penser à sourire. ça roule, on avance on gère, ça va. 13H ? Cantine. Ou course. Ou sushi-PC. Youpi. Hop re réunion de travail, réunion de point sur le travail, réunion de bilan. Mais entre-temps, je bosse quand ? La journée est terminée, mais pas fini. To do list. 15 lignes. 3 de barrées. Bon, demain ce sera mieux. Vite, rentrer.

Voiture, embouteillage. Gérer la maison du portable. « Quand je suis là, tu as fini ton travail et tu as pris ta douche, ok?ok. » Embouteillage. Klaxon. arrêter le stress. Vais être en retard pour le médecin/l’inscription, la vie. Oups ! j’ai oublié de respirer ! Championne d’apnée. J’ai oublié de payer le loyer. J’ai oublié de rappeler le banquier. J’ai oublié de ne pas stresser…Zut l’anniversaire de ma cops. La journée n’est pas finie. Penser à faire une « To do » pour la maison aussi

Direction supermarché ! La queue en file. qu’est ce que je prends ? Qu’est ce que je fais à manger ? Je ne sais plus. Marre de manger. Prendre au pif. Aouch ! Salée, la note ! Aller. Payer. Rentrer. Zou ! Voiture. Bientôt la maison. Je rêve d’un bain chaud. Très chaud. Et du silence. Fermer les yeux. Peux pas, je conduis.

Monter le sac, attendre l’ascenseur, une clé pour le parking une clé pour l’ascenseur, une clé pour se détendre aussi ? Deuxième étage… Une clé pour la maison.

Ah maman t’es là ? On mange quoi ? J’ai faim ! Malo a refusé de m’aider pour les maths ! oui mais c’est parce que Cézambre me demande en m’engueulant, alors c’est non ! Maman, il faut que tu payes l’inscription à la cantine/ à l’AS sport, tu as lavé mon jogging ? J’ai sport demain. Au fait, mes chaussures de sport, elles sont trop petites, il m’en faut des neuves pour demain, c’est obligé. Mais il est 20H ! oui mais Parly 2 ferme à 21H… A ben, on est large alors ! Florence Foresti, t’es dans ma vie ?

Et c’est reparti. Des courses. Chaussures. Bras de fer, marque/pas marque. Rentrer. Les faire diner. Mais le travail n’est pas terminé, et ta douche ? oh j’ai oublié ! mais il y avait les anges à la télé… Coucher 21H30 c’est possible ? il est 35. 45 ? 22H ? Ah oui. Quand même. Raté. Demain je serai mieux. Mieux organisée.

Pause. Respirer. Vraiment lentement. Je les regarde, je souris. Je fais demi-tour. Je sors de là.Je sors de ma vie. Et si tout de suite maintenant, tout était différent ? changer une chose ? une seule chose ? Ce serait…

Vivre près de l’océan…

Je me pose là, devant la plage, derrière les herbes folles. Je m’accroupis sur la terre mouillée, les yeux fermés, les poumons pleins d’iode. Le vent caresse mon visage. Je vois les vagues grignotter la plage. Quelques plaisanciers au loin. Le temps se suspend, je me reprends.

Je peux rêver que j’habite là. J’ai encore le droit de rêver. Quand je serai plus grande, plus sage, plus vieille. Quand je serai autre. Je vivrai là. Voir la mer en partant travailler. Croiser la mer pour chaque trajet. Pas de périph, pas de Klaxon. juste les mouettes, son horizon.

La voir, la sentir. Et quand, je veux, m’y baigner… Et même en apnée, continuer à respirer. PLEIN POUMON !

32 réflexions sur “ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #31

  1. adèle

    Comme je te comprends !
    Je vis à 600 km de la mer, et à chaque retrouvaille, c’est la joie.
    La vie à 100 à l’heure, c’est trop. Mais quand les enfants partent, c’est tristounet, tu sais.
    Ton texte est vraiment bien élaboré, je m’y suis bien retrouvée. Et j’adore ton rêve.
    Peut-être qu’un jour …

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    • Merci Adèle :) Bien sûr chaque vie apporte son lot de bonheur. Mais la même vie à 100 à l’heure avec la mer pour horizon, ce serait tellement bon… :) Je n’ai pas tellement envie qu’ils partent, ils me manqueront avec leurs courses de dernières minutes, leurs calins, leurs coups de gueules, leurs exigeances et leur laxisme, leurs calins et leur amour.Mais bon. la mer en plus, ça changerait tout ! :)

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  2. Ce rythme saccadé montre bien une vie trépidante qui ne permet pas de souffler. J’ai connu ce quotidien et maintenant que les enfants sont grands, je serais presque nostalgique de ces journées où on est proche de l’asphyxie.

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  3. J’adore ta description de la mère oberbookée. Cela m’a ramenée quelques années en arrière. J’aime la petite satire du monde du travail. Cet humour. Et j’aime cette envie de communion avec une nature apaisante.

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    • Je me rappelle d’une amie qui m’avait envoyé un message fin juin, pensant que je faisais le salon de Vannes, elle me disait « tu viens bien ce weekend ?
      Essaye d’arriver pas trop tard vendredi, ton fils pourra faire de la voile et du Paddle avec le mien, il en fait souvent après les cours… »
      Je n’ai pas pu venir ce weekend là, car je n’avais pas été retenu pour le salon de Vannes,
      Mais son adorable message m’avait à la fois empli d’envie et d’une pointe de jalousie : Mon fils après les cours, il rentre à la maison, entre les gouttes et quand il fait du sport tout seul, ce sera un ballon dehors ou du vélo. Ahhh élever nos enfants à la voile, quelle richesse pour eux aussi !
      Mais je sais bien que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, et je connais beaucoup d’amis en province qui regrettent Paris….
      On n’est jamais content ! :)

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  4. Ouf! Je courrais avec toi; moi retraitée, les orteils en éventail, enfoncés dans le sable qui me chuchote: on est bien là!
    La vie au bord de la mer, j’ai connu, celle de ce sud est…heureusement qu’elle était là, pour faire oublier l’ambiance factice et sans chaleur de cette région, que l’on appelle la Côte d’Azur!
    Aujourd’hui, retournée auprès de mon océan (une demie heure de voiture), je n’y vais pas aussi souvent que je le voudrais. J’ai honte, en lisant tes désirs de vie près de la mer.

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    • il ne faut pas avoir honte ! chacun met ses rêves où il veut, moi c’est la mer, mais pour d’autres, ce serait ailleurs… la montagne, une ville… Ce qu’il faut c’est trouver ce qui permet de décompresser, et tendre vers cela au maximum !

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  5. Nady

    Ton texte est super bien construit. On vit avec ton personnage dans ses courses contre la montre et ses nombreuses activités et on reprend son souffle devant la mer à la fin. J’ai adoré ce parcours de santé ;) merci

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