LE DOUBLE DES CORPS de JULIETTE BOUCHET éditions Robert Laffont

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Je viens de finir le double des corps. Je crois que si je n’écris pas ce billet immédiatement, j’en serai incapable plus tard.

Ce livre ne m’a laissé aucun répit et j’espère ne pas me casser la figure en rédigeant ce billet.

Pour précision, je n’ai lu aucun article, aucun billet, aucun commentaire sur ce livre, je ne suis donc influencée par aucun esprit lumineux, mieux construit que le mien.

Je me laisse seule face à mes contradictions.

Mais par quoi commencer ?

Allez, soyons fou : par le début. Voyez la couverture, honnêtement, je la trouve superbe. Ce corps magnifique, cette atmosphère, ainsi que le titre, m’ont immédiatement donné envie de découvrir ce premier Roman de Juliette Bouchet.

Ensuite l’éditeur, Stéphane Millon que je suis depuis quelques livres et qui m’intrigue par ses choix « décapants ».

Enfin Juliette Bouchet, elle-même, que j’ai vu évoluer pour la promotion de son première ouvrage : une femme ravissante, tout sourire, une plume déjà bien trempée, rien qu’à la vue de ses invitations aux signatures.

Tout me semblait absolument délicieux. C’est ça : délicieux.

Et puis la 4ème de couverture et ce qu’en dit l’éditeur, me semblaient tout à la fois haletant et agréable. Pour preuve :

Ce qu’en dit l’éditeur :

Six mois, trois semaines, douze jours, vingt et une heures et trente-quatre minutes d’abstinence.
Julia, sublime trentenaire spontanée et rêveuse, raconte ses rencontres amoureuses sans tabou. Accumulant les échecs et les désillusions, elle va peu à peu perdre contact avec la réalité et commettre un crime. En cavale, obligée de se travestir en homme pour cacher son identité, elle tombe amoureuse de Mathias…
Roman à toute allure ou il est question d’identité sexuelle, de féminisme et de quête amoureuse.

Ce que j’en dis :

Je m’attendais à une histoire crue, qui m’aurait remué les tripes en suivant les aventures de cette jeune femme, Julie, « sublime trentenaire spontanée et rêveuse »…

Je pensais passer un joyeux moment de détente grivoise. Eh bien, non ! Mais alors pas du tout ! Je suis bluffée qu’une telle histoire vienne de l’imagination fertile d’une jeune femme pour un premier roman (préjugée ou jalousie?)

Alors oui, c’est bien écrit, Juliette a un style accrocheur, proche des tripes, rien d’ampoulé, droit au but, et cela ne me déplaît pas.

La jeune héroïne dérape, au début tout doucement et puis la chute aux enfers : une certaine folie l’embarque et nous emporte en même temps. J’ai relu certains passages en me disant « non, j’ai mal compris, elle n’a pas pu faire ça ! » oh, mais si. Elle l’a fait. Elle a fait pire en fait.

Elle dérange, Juliette Bouchet, dans ses partis pris, dans les enchaînements, dans le dénouement, dans le regard qu’elle pose sur cette jeune femme paumée et violente. Elle va loin, elle va fort, elle y va tout droit !

En même temps, il m’a manqué la fragilité que j’aime tant. L’histoire n’a rien de fragile, elle fonce droit devant ne regarde pas s’il y a des barrières, ni les dommages collatéraux. Aucune hésitation.

C’est le principe du livre, me direz-vous : Cette absence de faiblesse est évidemment faite exprès, car si notre héroïne s’apitoie, elle se flingue. C’est certain (enfin, je crois)

C’est vrai. Alors, il faut dire les choses comme elles sont : Juliette et Julie m’ont mangée toute crue.

Oui, mais la question : Ai-je aimé ?

Je n’en sais rien. Oui ! Beaucoup… non en fait. Les deux?

Je vous avais prévenu je suis perdue.

J’ai manqué de poésie, de fragilité. J’aurais aimé avoir de l’empathie pour Julie, la comprendre, un peu. Je n’ai pas réussi. Mais j’ai aimé le culot de l’écriture, les tripes qu’il a fallu pour le faire, pour aller au bout de cette histoire.

Ce livre est à lire, pour plusieurs raisons : Parce qu’il est fort. Il va droit au but, il se ne lâche pas, il se lit jusqu’au bout du bout, pour savoir, pour comprendre.

J’ai hâte de lire à nouveau Cette auteure pour voir ce qu’elle peut bien écrire après cet ovni (Juliette, pas de pression hein, si tu me lis, je pense que tu vas encore m’épater avec ton prochain roman…)

Cette auteure va-t-elle rester dans un registre noir et implacable ou tout au contraire nous emmener ailleurs la prochaine fois ? Sa force est là, à mon sens, après le double des corps, elle peut tout faire (et c’est un compliment)

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Le double des corps de Juliette Bouchet Robert Laffont 

Parution : 7 Mai 2015
Format : 135 x 215 mm
Nombre de pages : 198
Prix : 17,00 €
ISBN : 2-221-15930-6

9 réflexions sur “LE DOUBLE DES CORPS de JULIETTE BOUCHET éditions Robert Laffont

  1. Tu as très bien retranscrit cette sensation qu’on a parfois après une lecture d’être tellement troublée et perdue… On ne sait pas ce qu’on ressenti vraiment, est-ce qu’on a aimé, ou non… Bref on est troublé mais une lecture peut aussi apporter ça, l’essentiel c’est que justement on a ressenti quelque chose ;0) Et tu as raison la couverture est magnifique (je suis très sensible aux couvertures des romans). Bises

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  2. Je suis comme vous. Troublée, certainement.
    Est-ce que j’ai aimé ? pas vraiment ! Je m’attendais à autre chose. Mais quoi en fait ?!
    Pour un premier livre, c’est très, très bien écrit.
    J’attends le prochain…

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