ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#19

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Voici ma 19ème participation  à l’atelier d’écriture de Bric à Book et une photo Originale de Diane. 

Un bateau et la mer, je suis dans mon élément.

Pour découvrir tous les textes, c’est ici 


Aline ou le chant des sirènes

L’océan recouvre son corps, l’habille et la caresse, l’entoure de son amour et l’effleure continuellement.

Depuis la nuit des temps, Aline et ses sœurs vivent ainsi, cachées, discrètes, dans un monde fantasmé, envoûtant, de silence, de couleurs et de douceurs.

Les Hommes n’ont jamais pu confirmer leur présence. Bien sûr, certains les ont vues nager dans le grand large. Mais lorsqu’ils en parlaient en revenant au port, émerveillés, essayant de partager leur vision de la grâce, personne ne pouvait les croire.

Trop d’imagination, de tension, d’excès dans leurs récits. Qui aurait pu les entendre ?

Comment accepter l’existence de ces femmes si tendres, nues, aux cheveux souples, ondulant le long de leurs corps ? Comment imaginer leurs queues fragiles comme des ondes sensuelles, brillantes comme mille étoiles argentées ? Serait-ce possible ?

Et si elles existaient vraiment, que faire de ces belles ? Comment les aimer ? Comment jouer de leurs courbes, de leurs sourires ? Comment se contenter de l’érotisme d’une nuque ou d’une épaule, de la finesse d’une taille et de la cambrure de leurs hanches… Comment ne pas céder à la gourmandise de leurs seins fermes, d’un corps féminin invitant aux caresses et aux tendresses les plus chaudes, dans ses eaux parfois si froides…

Les Hommes sont des idiots. Leur imagination se limite à ce que leurs yeux racontent :

Comment peut-on s’enfouir au plus profond de leur féminité ? N’y a-t-il moyen de découvrir deux fossettes sur une chute de reins, d’embrasser voire de mordre la rondeur de leurs fesses, de se faire enlacer par des jambes infinies ? Comment ne pas être frustré par tant de beauté inaccessible ?

S’ils  savaient… S’ils savaient comme elles sont faites pour l’amour ! Charnel, sensuel, émotionnel !

S’ils savaient comme le corps d’une sirène est un précieux écrin : comme sa peau est douce, lissée par les vaguelettes du matin, comme son teint est claire, soigné par les rayons filtrés du soleil et de la lune, comme son âme est pure, vierge de toute cruauté.

Ce jour-là, poussée par la curiosité et malgré les interdits, Aline remonte en surface. Son visage sorti de l’eau, elle offre sa bouche et ses yeux fermés au soleil. Ses cheveux étalés autour d’elle semblent rayonner de ses épaules. Ses seins gonflés se tendent vers la lumière qui réchauffe. Aline entend un bateau s’approcher. Elle sort de sa méditation et se retrouve si proche de la coque…  Elle regarde le chalutier passer.  Ses yeux s’accrochent au regard d’un pêcheur.  Il n’a pas de nom. Il n’est pour elle qu’une tentation, une apparition qui éveille tous ses sens.

Il l’a vue, la regarde, mais ne dit rien. Ne lance aucune alarme, ne rameute pas les copains. Il lui sourit très discrètement. Il sait. Il fait partie des hommes qui comprennent comment aimer une sirène.

Alors Aline, pour lui, entame le chant d’amour, qui envoûte son cœur…

La légende fait fausse route : Le chant d’une sirène charme bien le pêcheur. Mais cette mélodie n’est provoquée que par l’envoûtement dont la sirène est elle-même victime, lorsqu’elle se noie malencontreusement dans les yeux d’un marin audacieux.

Ils se retrouvent tous deux prisonniers du pouvoir érotique de l’autre.

Lui reste hypnotisé. Elle chante sans s’arrêter.

La musique les enlace par vague sinueuse et délicate, mais pleine, chacune inévitable, inavouable dont on ne peut se détacher.

Va-t-il céder aux charmes d’Aline,  au chant de sa sirène ? Leurs corps vont-ils se rapprocher et s’étreindre ? Vont-ils s’aventurer dans le vertige de l’inconnu ?

Je ne sais pas. L’histoire ne nous le dit pas, elle ne nous appartient pas. Mais je l’espère…

A votre tour, laissez-vous guider par le pouvoir du rêve, et par votre audace, permettez-leur de goûter à ce fantasme légendaire…

33 réflexions sur “ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#19

  1. C’est un bien joli conte que tu nous narre ce matin. j’aime l’idée que la sirène est également envoûtée par les marins et que c’est pour cela qu’elle chante sans s’arrêter.

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