Les Rendez-vous coquins de Stéphie : La mécanique des femmes de Louis Calaferte

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Le mois dernier, pour le premier mardi, c’est permis de StephieJérôme m’avait fait découvrir « Il faut jouir, Edith »  d’Alan Bonnand, et je dois dire que j’avais beaucoup aimé cette lecture. Pour la troisième chronique coquine de ma vie, j’ai à nouveau demandé conseil à Jérôme, et il m’a emmenée plus loin… Je vais donc vous parler d’un livre fort, cru, érotique, oui, probablement, mais pas que. Il s’agit de 

La mécanique des femmes de Louis Calaferte.


Tout d’abord, ce que m’en a dit Jérôme (vous pouvez aller vérifier, c’est vrai):

Si tu es prête à être un peu bousculée, à sortir des sentiers battus et à découvrir mon écrivain français préféré, je te conseillerais bien la mécanique des femmes de Calaferte. Il n’y pas d’histoire à proprement parler, ce sont surtout des réflexions et des aphorismes, des instantanées, des fulgurances où il jette un regard très cru, limite obscène, sur l’impudeur des femmes. Mais pour moi c’est de la très grande littérature, un classique incontournable qui va bien plus loin que son contenu sulfureux selon moi (et je ne suis heureusement pas le seul à le penser). Il y a une édition Folio qui coûte trois fois rien en plus…

Hop, Hop, Hop, j’appelle ma libraire préférée qui me le commande rapido, dans l’édition sus nommée, et me voici avec mon petit bijou entre les mains; Impatiente de comprendre, et de voir si je suis capable de le lire sans défaillir…

Donc je lis la 4ème de couverture. et voici ce qu’elle me dit : (ça aussi c’est vrai, vous pouvez vérifier en achetant l’ouvrage)

En 1963, Louis Calaferte publie Septentrion. Aussitôt interdit, ce livre est réédité en 1984. Pour celui qui l’aborde, sa fulgurance est intacte.La mécanique des femmes, qu’il nous donne aujourd’hui, est comme la quintessence de Septentrion.Il y est question, comme le dit précisément le titre, des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines.Aucun écrivain n’aura jamais comme dans ce texte parlé de «l’impudeur» et de «l’obscénité» des femmes, avec une telle précision, un tel détachement, avec autant d’intense crudité.De cela, comme de Dieu et de la mort, Louis Calaferte ne cesse de nous entretenir. Il le fait d’un point de vue souverain, celui de l’écrivain maître absolu de son style.

Ah. voilà qui est fait. Bon. Ne me dites pas que la pression est forte = elle est très forte. Et me voilà, à commencer à lire ce livre, pour une fois sans que ce soit en cachette, ou très tard le soir, quand je prépare les moments coquins de Stéphie. Cette fois-ci, la couverture est plutôt sobre : les enfants pensent que maman lit un livre barbant et mon amoureux aussi. S’il s’avait, mon amoureux, héhéhé. Hmm. bref. Alors je l’ai lu. Deux choix s’offrent à moi.

1/ Je tente d’égaler les quelques lignes de Jérôme qui en a vraiment bien parlé, au risque d’être nulle après lui,

2/ Je ne fais pas de chronique coquine cette semaine, et pour m’en excuser, je vous prépare un petit poème sur une rencontre charnelle dans un ascenseur.

Comme j’ai du courage, mais que je ne suis pas si audacieuse pour vous écrire une partie de jambes en l’air, osée, aérienne et joyeuse, dans un ascenseur (mais un jour viendra, qui sait, peut-être… Ou alors moi, mais déguisée en bombasse libérée) je me lance dans la chronique sur cet ovni. C’est un ovni pour moi, car sérieusement je ne sais par quoi commencer. Oui, il n’y a pas d’histoire à proprement parlé, oui ce livre est cru, parfois un peu trop, écrit avec une finesse et une précision incroyable. Tellement précis, méticuleux, qu’il pourrait en devenir chirurgical.

Ce qui nous amène à ma limite, mais certainement pas à celle de ce livre, ni celle de l’auteur.

Pour moi ce n’est pas une lecture coquine : Je n’en sors pas toute émoustillée, à me demander où peut bien se cacher mon amoureux pour qu’on en parle d’un peu plus près, à voir mon imagination débordée tant que possible et à me sentir légère, fatale, femme, dans toute sa complexité.

Même s’il s’agit bien de la complexité de la femme. Ici, la femme me semble tellement focalisée sur son besoin de sexe que ce n’en est plus du plaisir, mais davantage de la survie. Le sexe n’est pas joyeux, follement dévergondé. Je ressens la femme en peine, frustrée, en quête désespérée de jouissance et l’homme son objet, son outil, sa vibration, mais étrangement sans jeu, sans interdit. Le sexe y est grave. C’est probablement plus proche de beaucoup de réalités, mais moins proche de mes fantasmes.

Alors, Jérôme, je te rejoins : Nous ne sommes pas obligés de toujours retrouver Sandy, nue dans une prairie de coquelicots ou sur une Ferrari rouge, s’offrant au mieux bâti du premier Bobby qui passe, et qui l’attrape, sauvagement forcément, en oubliant même d’enlever ses tiags.  Le con. (mais on lui pardonnera s’il a des arguments pour lui) Non, nous ne sommes pas obligés. Cependant, dans une lecture coquine, j’ai besoin de me dire :

« niarf, niarf, niarf » qu’est ce que je vais lire qui va me faire rosir. (oui, quand je me dis, je commence par niarf niarf niarf, parce que personne ne l’entend c’est dans ma tête.)

J’ai pensé que, ok, ces situations peuvent arriver. J’imagine. Enfin pas moi, mais une amie m’a dit qu’une de ses amies avaient fait ça. Je peux me dire « ah non, ça non je ne le ferai pas. » Et je me suis mise à réfléchir sur le pouvoir des femmes dans la sexualité. Paf,si je réfléchis, ma libido retombe, à zéro

Maintenant encore : oui, Jérôme, mille fois oui, tu as raison : l’écriture est incroyable, la réflexion autour de la recherche du désir chez la femme, la façon dont fonctionne son corps, sa perversité parfois, ses excès, sont admirablement décrites, probablement par un homme qui a aimé les femmes, à sa façon. Mais moi je reste une midinette, fleur bleue…. pardon…

Pour conclure sur ma chronique décousue (Il est tard ce soir, dans quelques heures les chroniques apparaîtront dans tous les blogs, et jusqu’à peu, je ne pensais pas faire la mienne) : J’ai vraiment aimé lire ce livre. Je suis d’accord, c’est un bijou littéraire, un classique, et j’aime savoir que je l’ai dans ma bibliothèque.

Je crois que je vais tenter de lire Septentrion. Je vais même relire La mécanique des femmes; mais non plus dans l’optique d’une chronique coquine, pour comprendre le regard de l’auteur et d’y chercher la femme que je suis, réfléchir sur cette face trop souvent cachée de la jouissance féminine qui ne se limite pas à des Ahhh et à des Ohhh.

Merci Jérôme, tu m’as effectivement fait sortir des sentiers battus. Je n’ai pas été choquée. Surprise, parfois, étonnée aussi. Mais il m’a manqué un peu de paillettes et de rêves pour que ce livre devienne coquin. Mais ce n’est pas un regret.

Au contraire : Il n’y manque rien pour que ce soit un LIVRE INCONTOURNABLE A LIRE ABSOLUMENT ! vraiment…

Et maintenant je vais aller prendre ma petite claque en cherchant la chronique que tu as dû écrire dessus. Pour voir comme tu en parles bien et comme j’en parle mal… Je te suivrai encore sur tes prochaines recommandations. C’est certain…

Rendez-vous, surtout chez Stéphie, pour trouver toutes les petites pépites qui nous attendent ! c’est ici

Je serai là le mois prochain, ça aussi c’est promis, puisque c’est permis :)

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22 réflexions sur “Les Rendez-vous coquins de Stéphie : La mécanique des femmes de Louis Calaferte

  1. Je suis ravi parce que tu m’as fait confiance alors que finalement je suis quelqu’un d’assez peu recommandable ;)
    Tu as tout compris, il n’y a strictement rien d’émoustillant dans ce livre, on est bien au-delà de tout ça. On est dans la littérature. Pas la littérature érotique, pas une littérature de genre. La littérature tout court. Et pour moi Calaferte est le plus grand écrivain français du 20ème siècle, ni plus ni moins.
    PS : et si tu lis Septentrion, je serais au paradis ! C’est un chef d’oeuvre absolu, un de ces rares livres que je considère trop grand pour moi, dont je ne pourrais jamais parler tant il me dépasse, dans le bon sens du terme.

    Aimé par 2 people

      • Je dois quand même te prévenir que Septentrion est un livre difficile. C’est l’oeuvre d’une vie et par définition les chefs d’oeuvre sont difficilement accessibles. Il va donc falloir un peu t’accrocher et ça ne m’étonnerait pas que tu ne prennes aucun plaisir à la lecture. Mais si tu vas jusqu’au bout, en le refermant tu sauras que tu as lu un livre un part, le genre de livre que l’on croise rarement dans une vie (je ne sais pas si je suis très clair mais bon, je t’aurais prévenue ;) )

        Sinon pour le mois prochain, si tu veux bien encore me faire confiance je te propose un petit tour du coté d’Eric Holder, immense écrivain s’il en est. Il a commis « Embrasez-moi », un recueil de nouvelles délicieusement érotique et merveilleusement bien écrit qui, en plus, est sorti en poche il y a peu. Voilou ;)

        Aimé par 1 personne

  2. Je suis en train de préparer un article sur Calaferte et son œuvre pour le prochain numéro de Glaz. Tous les deux incontournables, mais dont on parle peu aujourd’hui pour finir. J’ai Septentrion dans ma PAL et celui dont tu parles aujourd’hui me tente bien, juste pour prolonger ma découverte de cet auteur vraiment à part.

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  3. Ah, la la, ça me fait plaisir de savoir que je ne suis pas la dernière fleur bleue de la Terre.
    J’ai besoin de rêver aussi, quand je lis ce genre de bouquin (ou quand je lis tout court, en fait).
    Je sais donc que je ne lirai pas celui-ci pour un mardi.
    Mais comme tu en parles bien (sois-en certaine) quand même, je note l’auteur et l’ouvrage.
    Histoire de faire croire, que moi aussi, je lis un livre barbant… ;)

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