ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#17

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Deux semaines depuis le dernier atelier d’écriture de Leiloona, c’est trop long…

Voici la photo new-yorkaise de Romaric Cazaux, ma participation ci dessous et toutes les autres ICI

Bonne semaine !


EN ATTENDANT LA LUMIERE BLANCHE

Lorsque Jen est rentrée, elle s’attendait à me trouver dans le salon en train de téléphoner, ou sur le Mac, à répondre à des mails. Elle devait s’attendre à devoir râler encore une fois, parce que je n’avais pas vidé le lave-vaisselle, ouvert le courrier, payé les factures, ni rangé le salon.

Elle devait s’attendre à me voir ne pas la regarder.

Il y a cinq ans, nous avions des rêves, des envies, des croyances, des superstitions. Un tas de petites choses pour conjurer le sort, pour qu’on obtienne le boulot, le contrat, le salaire. Les doigts croisés, le cœur plein de bonheur, d’espoir, de rêves fous, mièvres : Nos rêves.

Elle m’a beaucoup dit :

– Tant pis, ce n’est pas grave !

– La prochaine fois, c’est que tu ne devais pas l’avoir, celui-là !

– Je ne le sentais pas, de toutes les façons, ce n’était pas pour nous !

On a parfois bu le champagne, acheté pour la victoire, fini pour la prochaine.

On a beaucoup cru que la malchance s’était un peu trop arrêtée sur nous, et que c’était forcément la dernière fois. « La roue tourne ! » comme on dit… Oui… Ça ! Pour tourner, elle tourne. Elle tourne en rond, même…

Parfois, je lui disais :

– Tu verras l’année prochaine, on se le payera, ce séjour à la montagne.

– A la santé de l’été à la mer ! Mais si, on ira !

– Qu’ils nous regardent, tous, ceux qui ont tout, et qu’ils nous plaignent, nous qui n’avons rien. Le vent va tourner et quand ils seront dans la merde, on verra à quelle porte ils vont frapper…

Parce que je les ai entendus se dire que je ne devais pas assez bosser, pour si mal y arriver. Je les ai entendus croire qu’on était trop dépensiers. Je les ai entendus penser qu’on était panier percé.

Je les ai vu attendre mes aveux, que je pleure et que je jure que oui, c’est vrai, je ne me donne pas les moyens. Que je préfère crever dans le salon, plutôt que de travailler avec ma tête ou avec mes mains.

Cela les rassurerait, que j’avoue, n’est-ce-pas ?  Ils se sentiraient plus forts, bien organisés, bon gestionnaires ? Voilà. Ils sont tous formidables, et moi je ne suis rien.

Au début, c’était pour quelques semaines, juste quelques semaines pour trouver du travail. Puis quelques mois.

Après ces quelques mois, une année. Deux années. La chance va passer.

Puis je les ai entendu se taire lorsqu’on s’approchait. je les ai entendu penser :

– Deux années, des années…. Ils ne sont pas doués.

– On y a bien pensé, on pourrait les aider, mais on ne va pas leur prêter de l’argent, ce ne serait pas leur rendre service, ils doivent s’en sortir seuls.

– Et elle, pourquoi elle reste ? Elle aime ça ou quoi ? Et lui, pourquoi il ne fait pas éboueur, il est trop fier ? Il n’y a pas de sot métier, il se prend pour qui ? Dans sa situation, il ne devrait pas penser à son orgueil, enfin !

Je les ai entendus tous. JE VOUS ENTENDS TOUS, VOUS SAVEZ ?

Si elle ne partait pas, c’est qu’elle croyait en moi. Qu’un de ces quatre, ça allait marcher, qu’on allait m’embaucher pour ce que je sais faire. Et tant qu’elle croyait en moi, et bien, moi, j’y croyais aussi…

J’aurai pu faire le choix d’être éboueur, mais vous, l’auriez-vous fait ? Et nous auriez-vous reçu du haut de votre gloire, de votre argent, de votre réussite ?

C’était un courage ou un renoncement que je ne pouvais pas avoir… Pas encore.

Alors, voilà. A force de ne plus supporter de vous voir partir skier, à force de détester vos moyens, votre argent, votre maison à la campagne, à la mer, vos voyages, malgré vos « soit-disant » fins de mois difficiles parce que ça ne paye plus comme avant d’être chirurgien/dentiste/architecte/journaliste/consultant/banquier/publicitaire… Ce que vous voulez.

A force de vous voir avoir tout, et moi de me voir n’avoir toujours rien, l’écart s’est creusé. Irrémédiablement.

Tous les matins, sans travail, je me lève, comme vous ! je m’habille comme vous, je vais à mon bureau comme vous ! Sauf qu’il est au bout de mon salon, qui est aussi ma salle à manger et ma cuisine. Et que de mon bureau, je vois toute ma vie. De là, je réponds à des annonces, je participe à des concours, je prépare des dossiers, pour me vendre, pour vous plaire. Toute la journée. Mais toutes ces heures de boulot, ne sont pas rémunérées. Donc ce n’est pas un métier. Donc je n’ai pas de statut. Je bosse à temps plein pour mon inexistence…

A la question : que faites-vous dans la vie ? je pourrai répondre,

j’aime écrire, écouter les Beatles, faire des gâteaux, regarder ma femme marcher, courir dans le parc. Sinon, je cherche à travailler.

Mais à cette question, je réponds :

Rien. Pour l’instant, je ne fais rien. C’est compliqué.

Alors, on me regarde gêné, si j’ai de la chance on me jette un sourire et on se tourne vers le voisin.

Et quand nous partons en weekend, quatre jours tout au plus, nous sommes comme ces « gros » pointés du doigt,  en flagrant délit de manger une glace dans la rue… « On sait pourquoi il est gros, regardez: il mange des glaces !  » c’est aussi bête, réducteur et méprisable « on sait pourquoi il n’a pas de métier, regardez : Il part en vacances ! »

Je suis aigri, je sais. Mais je suis tellement fatigué… Tellement.

Lorsque Jen est rentrée, elle s’attendait à me trouver dans le salon, en train de téléphoner. J’étais bien dans le salon, mais elle n’a pas eu le temps de râler. Elle a préféré hurler. Si j’avais pu entendre, elle m’aurait flingué le tympan, avec son cri strident. Heureusement, j’avais pris les choses en main, en m’éclatant le crâne avant. BANG !

Une petite balle dans la bouche. Hop ! Assuré de réussir, impossible de survivre, on tourne la page. C’est quand j’ai su qu’elle avait un amant, que j’ai vu le chemin, le seul qui me restait. Comme une évidence.

Ça, au moins, je l’ai réussi. Je ne comprends pas comment les voisins n’ont rien entendu. Probablement que les éboueurs passaient quand j’ai tiré. L’ironie du sort. Enfin…

Maintenant, Jen pleure, tremble, son regard est perdu, loin de moi, loin des questions qu’elle se pose. Elle ne ressent plus que le vide et la peur .

Oh, ne pleure pas. Je suis désolé pour le spectacle, bébé. Mais à force de passer pour un con, je me suis fatigué. Et puis je n’avais plus rien à perdre : Je sais que tu t’envoies en l’air avec l’autre, là, le gars du supermarché. Je sais que tu voulais me quitter. Je ne veux plus être rien, personne, une erreur, surtout pas pour toi. Alors quand j’ai vu ça, et les dettes… J’ai décidé d’agir, pour une fois.

Je les vois, les flics dehors. Ils sont là, à attendre que les collègues fassent le boulot, qu’on vérifie les empreintes, les meubles, l’arme, s’il y a un mot… Il n’y en a pas. Qui se soucie de moi ? Quelqu’un veut m’entendre, lire une lettre de moi ?

Ils sont là, dans le froid, devant la maison. Je les entends, même de là. Ils parlent du cadavre trouvé par la petite dame, des éclaboussures de cervelle partout, du carnage à nettoyer, du connard que je devais être, d’avoir laissé une petite nana, mignonne comme ça. Le gros se demande s’il lui reste de la bière dans son frigo et le petit à droite a juste envie de pisser. Il va probablement y aller.

Ils ont bouclé le quartier, il n’y a pas un chat ; Juste la neige, figée, commence à fondre, je le vois.

Je termine ma petite vie, je suis encore coincé ici.

Maintenant Jen ne pleure plus. Elle regarde dehors, en comptant le nombre de jours qu’il lui reste à me pleurer, pour rentrer dans les normes de la société, le nombre de nuits avant d’avoir le droit de me survivre, avec un autre… La salope… Elle ne pleurait pas ma perte, elle ne pleurait pas l’amour, elle pleurait le choc, le sang, les tâches,mon visage explosé …

Bon Dieu ! Suis-je obligé d’entendre ce qui se passe dans sa tête ? Pouvez-vous m’épargner, juste une fois ? Comment se fait-il que j’ai encore mal, alors que je ne suis plus là ?

J’attends la fameuse lumière blanche, je la cherche, mais pour l’instant je ne la vois pas.

Peut-être que pour le paradis aussi, je n’ai pas été choisi.

46 réflexions sur “ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK#17

    • Je viens de lire ton texte en écho que tu viens de m’envoyer. Il est magnifique. Le tien a de la douleur mais de la douceur aussi même s’il reste dur. Le mien n’a pas de douceur. On est au bout du chemin là où il n’a plus d’espoir, que de la haine, de la rancoeur, de la solitude. Il s’est perdu. Je t’embrasse…

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  1. Ludo

    Pas tres gai et pas tres optimiste, mais tellement fort!
    Difficile de dire j’adore apres de tels mots, mais ton texte est superbe, s’impose et dérange, émeut…
    Bravo!

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    • Bonjour Ludo, je n’avais pas d’idée jusqu’à hier soir, il est sorti comme ça… merci pour tes compliments ! Je devais avoir besoin d’expulser du sombre. L’avantage d’écrire : La possibilité de tout dire. Je t’embrasse !

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      • ludo

        Il me fait penser au dernier Delacourt, pour son thème, pour la froideur et la dureté du propos… et pour le coté sans autre issue possible face à la vie qui vous casse, vous malmène…

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      • Oh ludoludoludo…. j’ai adoré le dernier Delacourt (et j’aime l’homme dont j’ai été la voisine au salon de la maison de la radio, il est absolument charmant délicat fin…).. alors je prends le compliment et je le garde !!! Merci !!!

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  2. Je me demandais où tu nous emmenais avec ton chômeur de longue date. Bravo, je me suis laissée emporter par ton monologue et je ne m’attendais pas à çà. J’en avais même oublié les policiers de la photo… ;-)

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  3. caribou78

    Ca fait beaucoup d’Anne-véro dans vingt-quatre heures. Mais pas grave, ça en vaut le coup ;-)
    Belle invocation de cette difficile douleur. Et pas de mélo, juste la brutale vérité.

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    • Mon pauvre… j’occupe tout l’espace de tes vacances… après c’est fini… brutale oui. J’aurais pu y mettre plus de rage encore. De ce que j’en connais. Mais la fin étant fatale dans cette histoire, je n’ai pas voulu en faire trop… merci Louis !

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  4. « Mais toutes ces heures de boulot, ne sont pas rémunérées. Donc ce n’est pas un métier. Donc je n’ai pas de statut. Je bosse à temps plein pour mon inexistence… » La mienne. Coup au coeur avec ton texte, Anne-Véronique, qui me parle et me fait mal. Les autres ne se rendent pas compte que leur mépris, que leur fausse sollicitude « t’as déjà essayé de postuler comme X ou Y ? » blessent tant et plus.

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  5. Rire pour l’écrire je ne doute pas chère Anne-Véronique, Mais fort dans le coeur du texte, dans l’attente d’une lumière plus optimiste, je vous dis bravo. Je me suis laissé oublier le sujet de base pour cet écrit. Merci.

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  6. trezjosette2

    émouvante cette vie de chômeur, et si bien (trop bien) décrite avec le regard des « autres »… d’échec en échec il n’a pas atteint le paradis…le voilà dans un futur infernal.
    Hélas il y a aussi des « travailleurs » qui se pendent !

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  7. Ouh, la difficile comme texte, j’ai quelqu’un de ma famille qui est dans cette situation, on essaie de l’aider à chercher, je reconnais bien tout ce qu’on peut lui dire, mais que faire d’autre ? Rester à la maison sans « travail » c’est débilitant, j’espère que ça ne va pas finir comme ça ! Ton texte est très bien écrit, c’est pris sur le vif de la société actuelle.

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  8. Merci Monesille,
    Rester à la maison sans travail, ce n’est pas « ne pas travailler ». C’est se remettre en question, chercher des solutions, écrire des mails, des lettres, se motiver, construire dans le vide, chercher des annonces, y croire, ne plus y croire, s’empêcher d’y croire, y croire à nouveau.
    La définition d’une vie n’est pas la définition d’un travail.
    La définition d’une personne c’est qui elle est, qui elle aime, ce qu’elle aime.

    Le trou noir, on y passe tous, il n’y a rien de débile à rester à la maison sans travail.
    Il y a du courage et un fort besoin d’encouragement et de respect. de mise en valeur, et de soutien. pas de jugement, jamais, aucun.
    On ne juge pas ce qui peut nous arriver. Et si ça ne nous arrive pas, il faut remercier sa chance, et soutenir celui qui s’y trouve.

    En revanche, mon texte n’est qu’une histoire, ce n’est pas obligé que toutes les histoires se terminent mal, on peut trouver, y arriver, gagner.
    La chance peut tourner dans le bon sens, sans blesser quelqu’un d’autre à côté…

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  9. Bien sûr on a beau savoir que ne pas travailler n’est pas une tare on n’est pas aidé dans une société où la réussite est valorisée, c’est un triste constat mais tu nous le fais vivre de l’intérieur. C’est poignant et nous replace juste où on doit être. Bien entendu c’est un point de vue et une histoire parmi d’autres mais on oublie parfois lorsqu’on n’est pas concerné ou que l’on ne se sent pas concerné …

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    • S’il y a un message dans ce texte (c’est un peu prétentieux de dire cela mais j’assume) ce serait de ne pas oublier pour quoi et pour qui on vit.
      D’essayer, à la fois de rassurer les personnes qui vivent cet état de fait, mais également d’aider ceux qui ne le vivent pas, à considérer cela comme une vérité que tout le monde peut vivre à un moment donné.
      Un être se défini par ses goûts, ses bonheurs, ses amours, pas seulement par un métier. Ma soeur le fait depuis longtemps,
      Je pense m’y mettre aussi :
      Après « comment vous appelez vous ?, ne plus demander « et que faites vous dans la vie? »
      mais « et qu’aimez vous dans la vie »? beaucoup moins réducteur, et tellement plus apaisant… on a le droit de dire son métier si on l’aime, mais si on ne l’aime pas, ou si on en a pas, cela offre la possibilité de se présenter autrement, d’avoir une identité sociale, quelle que soit notre identité professionnelle. C’est déjà difficile de ne pas trouver de travail, de ne pas partir en vacances. Sans être germinal, la société est violente avec les différences…

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  10. Malheureusement, des histoires comme celle-ci se vivent tous les jours, dans ce monde. La dure réalité du chômage entraîne beaucoup de personnes au désespoir. C’est joliment écrit et criant de vérité. Bravo ! Seul un véritable auteur est capable de le décrire aussi bien.

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    • Ton compliment me touche beaucoup Debora. Merci. Je pense qu’une personne qui connait ou a connu cette précarité sociale, sans qu’elle soit physiquement visible, peut l’écrire aussi. Ou quelqu’un qui ouvre les yeux sur le monde et n’aime pas tout ce qu’elle voit…

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  11. Un texte qui me parle, une situation que je connais très bien.
    Puis tu nous emmènes doucement parce qu’au début je cherchais le rapport avec la photo… Eh bing !
    Puis l’interrogation finale est-ce qu’après la mort on est enfin libre ! Bravo.

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    • Merci Fred. Une situation que je connais aussi. Mais nous n’en sommes pas à l’extrême de mon héro n’est-ce-pas? Il n’est pas question d’abandonner quoi que ce soit, ni de renoncer. Les gens croient que renoncer à sa fierté c’est réagir avec courage et humilité, alors qu’au contraire c’est renoncer à tout ce que l’on est pour leur donner bonne conscience.
      On est comme le spectre de la mort, la preuve au fond que ça peut leur arriver aussi.
      Et quand ils connaissent une période de chomage, eux ce n’est pas pareil, eux ce n’est pas de chance…

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      • Pas au point de faire quelque chose d’irrémédiable bien entendu je n’ai plus que 7 mois très difficiles à passer et j’aurai mon bâton de maréchal. j’ai l’âge de la retraite mais chaque fois que je l’approche un gouvernement en recule ‘échéance et ne prend aucune mesure adéquate pour les gens qui se trouvent dans l’entre deux, sauf à faire des effets d’annonce qui ne sont pas en place 5 mois après.
        Il faut serrer les dents, les fesses parfois pour ne pas faire de conneries. je suis au propre sens du mot sdf sauf que des personnes qui n’ont pas supporté l’idée de me savoir dans la rue m’ont ouvert leur porte.
        Je suis très en colère depuis le 31 décembre je n’ai plus que mes vêtements et mon appareil photo, sans solution j’ai déménagé mon 4 pièces dans les poubelles.

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      • Je connais ta situation. L’impression qu’il y a une cabale qu’ils ont décidé de sacrifier ta vie pour continuer grassement la leur. Heureusement comme tu le dis il y a aussi des gens bien qui aident pour de vrai. 7 mois… courage. Courage !

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  12. Les personnes au chômage, ou celles qui ont fait le choix de ne pas travailler officiellement (je pense par exemple aux mères et pères au foyer), n’auraient-elles pas le droit d’avoir des vacances? Quelle société culpabilisante…
    Bien dommage qu’il finisse ainsi, cet homme.

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  13. Notre société, de consommations aveugles et de loisirs, n’admet pas que l’on puisse ne rien faire. Il faut toujours être en action; ne rien faire est synonyme de paresse; de plus, au lieu de crier haro sur les responsables de cet état, on nous « apprend » à considérer les chômeurs comme des fainéants, bons à rien, les culpabilisant et leur refusant tout droit à la dignité…
    Beau texte, très dur, mais combien symbolique de ce qui se passe aujourd’hui.

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