ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #14

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Aujourd’hui, mes mots ont rendez-vous avec l’atelier de Leiloona, vous savez, chez Bric à Book… C’est un endroit génial, où tout le monde se réunit pour poser des mots sur une image. Il n’y a pas de contrainte, si ce n’est celle de se faire plaisir. 

Vous voulez voir mon texte ? il est en dessous là… Il faut dire que Julien Ribot nous a gâté avec sa photo, encore une fois…

Puisque vous êtes là, allez voir aussi ce que les autres participants ont choisi d’écrire ! c’est ici que ça se passe.

Bonne lecture et bonne semaine !


Nos cœurs enlacés

Hier, tu es parti. M’as-tu donc oubliée ? Pourquoi m’as-tu laissée ? Pourtant nous étions bien, puisque nous étions UN !

Te souviens-tu, mon ange, de toutes nos promenades ?

De nos soirées, lovés, sur les quais amoureux,  les lumières de la ville, les ombres et les couleurs ?

La douceur de l’air, et  la musique aussi. Paris, la nuit, c’était un paradis.

Tu me tenais la main, tu m’accrochais le cœur. Nous étions juste serrés et c’était le bonheur.

Très souvent nous partions, nous marchions vers nulle part.

Le silence nous guidait, et nos corps se parlaient.

Nos yeux picoraient les détails et les ombres.

Je te regardais, libre, je te voyais marcher. Avancer dans nos vies avec tous nos projets.

Et comme tu me serrais, sur ton torse protecteur ! Je sentais ton cœur battre, ton étreinte m’envelopper.
Les yeux fermés, ton parfum me caresse, ta force me rassure. Je me blottis… Je me fonds dans tes bras. Je suis si bien.

Plus maintenant… Je me blottissais… Il me caressait et me rassurait…. J’étais. J’étais si bien. Je ne suis plus rien…

L’imparfait imparfait, ma douleur, ma folie, je dois m’habituer…. Je n’y arriverai pas…

Respire

Nous marchions enlacés sur les quais de la seine. Les bateaux, les passants, traversaient l’horizon.

Dieu en est témoin, comme nous nous aimions…

Mais toi tu es parti et je n’ai rien pu faire ! Tu m’as dit je reviens, mais tu ne l’as pas fait ! Pourquoi ? POURQUOI ? Existe-t-il, quelque part, où qu’elle soit, une raison à cela ?

Respire, mon Dieu, Respire…

Au détour d’un chemin, loin des quais de nos scènes, une voiture t’a fauché, sans pouvoir t’épargner.

Un texto, un appel, un regard détourné, et le mal a frappé sans en prendre conscience;

Il n’a pas fait exprès, m’a-t-on dit, il regrette

Il regrette ? La mort l’a choisi pour cueillir mon avenir, et il regrette?

Regrettera-t-il longtemps nos étreintes, notre amour ? Regrettera-t-il aussi nos projets ? Nos « toujours » et nos corps enlacés et mon cœur délaissé mes larmes ma folie ton absence et ma peur?

Regrette-t-il aussi les trous qu’il a creusés : la tombe de ma moitié et mon cœur dévasté ? Ses regrets pourront-ils annuler ma torture?

Tu es parti hier et maintenant j’ai froid. Il n’était pas prévu que je marche sans toi.

Alors je viens ici, où l’illusion demeure, ces bateaux, ces lumières et sur cet arbre immobile, ton dernier message : une douceur, un doux cœur, mon âme, saigné par notre espoir, de vivre pour toujours, enlacés, tous les deux.

Moi M, et toi C. griffonnés sur ce bois, une cicatrice pour l’arbre, l’éternité pour moi.

Ecoute ce que je dis… C’est tellement important. Tu le vois bien ici. Regardes-tu ? L’écorce écorché a gravé notre histoire… Je la touche. Avec les doigts je t’effleure encore. C’est bien ici, tu vois, que c’est écrit ! même dans la mort, nous deux, c’est pour la vie ! Entendu mon cri ?

Respire encore, je t’en prie respire. Reviens à moi. Juste là, sous cet arbre, sur ce quai de la seine, et dis-moi une dernière fois, je t’en prie, que tu m’aimes…

51 réflexions sur “ATELIER D’ECRITURE BRIC A BOOK #14

    • Je suis scizo quand j’écris. Du coup je suis allée embrasser mon amoureux 10 fois plus pendant la rédaction. Je lui ai lu en pleurant il m’a rappelé qu’il fera gaffe aux voitures mais qu’il n’a pas l’intention de se laisser écraser ;)

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  1. Je vais être dure mais pas mon préféré en fait… J’aime l’idée, la chute, l’histoire mais perso j’aurais aimé plus de profondeur et de frissons dans les sentiments… Ouais je sais c’est facile de critiquer…. J’aurais vu un texte plus langoureux au départ et une vraie accélération sur la fin où tout devient brouillon finalement…. Ou alors une vraie valse des sentiments ? Bon bref, ça y est tu me détestes mais moi je t’aime encore, je te lirai encore la semaine prochaine, et je te souhaite celle-ci excellente ! Et après tout : tous les goûts sont dans la nature, et il est certainement aussi difficile de faire pleurer que de faire rire :)

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    • Bah non je ne te déteste pas et je t’aime toujours ! Je suis heureuse de ta sincérité au contraire ! Merci charlotte :) si j’avais fait ce que tu dis le texte aurait été plus long et pour être lu et ne pas décourager j’ai préféré mon restreindre. C’est amusant car j’ai eu l’impression d’y mettre de l’accélération de la progression et des sentiments voire trop… Mais je pense qu’il est plus difficile de faire rire que de faire pleurer et là où je te rejoins c’est qu’il y a une facilité pour moi à me cacher derrière des larmes. La semaine prochaine je ferai un texte joyeux on verra si je m’en sors mieux ! Passe une jolie semaine Charlotte ! :)

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    • Merci Leana. Charlotte a raison il en faut pour tous les gouts. Je suis comme toi j’ai un beguin pour ce texte qui m’a parlé en l’écrivant… mais tout comme toi (puisque tu le dis) j’ai l’émotion facile ;) merci d’être venue !!

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    • Merci Fanny. Heureuse de te toucher… vraiment… Je l’ai écrit comme je le pense et comme je le vivrai. Dans l’urgence et la bousculade le brouillard et le désespoir. Recroquevillée accrochée aux moindres signes que cet amour a existé… existe toujours… j’ai failli intégrer un enregistrement de moi le parlant pour montrer où j’accroche les mots et où je pleure en vrai… mais ça aurait été trop. Du coup je l’ai pleuré à Jean à Ambre (mes enfants patients) à mon amoureux (qui ne veut pas mourir) … je le pleure très bien… ;)

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  2. Ah le cadre internet oblige à des raccourcis pour ne pas lasser le lecteur mais je ne trouve pas qu’il y en ai trop ici; l’accélération à la fin me semble très cohérente avec éclatement des pensées qui doit résulter à la suite d’un tel événement.
    Et j’adore la phrase, je devrais dire les vers : 2 alexandrins qui coulent de source.
    « Tu es parti hier et maintenant j’ai froid. Il n’était pas prévu que je marche sans toi ».

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    • Merci Lucie…. j’écris souvent en rythme mes textes courts… ça m’aide à poser mes mots. Ici pour moi c’était le poul qui s’accélère et qui s’éteind. Le temps d’une respiration aussi quand les mots se bousculent et qu’on ne met plus de virgule…

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  3. saxaoul

    J’aime beaucoup le changement de rythme de ton texte. Juste au moment où je commençais à me « lasser » de la nostalgie, la rage apparaît.
    Pour rebondir sur les commentaires précédents, c’est vrai qu’Internet impose un cadre et surtout une longueur de texte si on veut être lu jusqu’au bout. Ce texte mériterait peut être d’être développé mais ce n’est pas le lieu je pense.

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    • Merci Saxaoul… le changement de rythme c’est vraiment pour mesurer l’importance de la respiration… la douleur l’étouffe bloque sa gorge omet de placer de la ponctuation parfois. La respiration c’est une reprise d’air pour elle et l’absence de vie pour lui. La contrainte de la longueur est intéressante aussi sinon j’aurais aimé en faire un chapitre entier. Cela m’inspire d’ailleurs pour mes autres écrits… et tu as raison ce n’est pas le lieu sinon je ne serai pas lu et je n’aurai plus de visites ! :)

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    • Bonsoir Débora ! Oui c’est étrange tu liras dans tous mes textes de l’atelier il y a des faux airs de poésie dans le rythme et la structure. Ce doit être le format il m’inspire une musicalité supplémentaire pour m’aider à faire passer des sentiments supplémentaires… bonne semaine !

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  4. C’est la première fois que je viens lire un de tes textes et effectivement comme on te le dis dans les autres commentaires, c’est très touchant, il y a beaucoup de profondeur dans ton texte, un vraie recherche des mots, des tournures de phrase, on sent que tu imprimes une émotion à chaque mot : j’adore. C’est vrai que le texte aurait gagné à être développé, mais on se doit d’être tout de même synthétique dans ce genre d’atelier … Je reviendrai sans faute !

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  5. Bon, ça y est, je frissonne… quel superbe texte. Je crois que c’est mon préféré depuis que je te lis.
    J’aime le rythme, quelques alexandrins perdus au milieu de morceaux plus courts, les rimes par ci, par là, les effets de parallélisme, et les accélérations, qui donnent à ton texte un air de valse.
    Tu maîtrises!

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    • Merci Sarah. Je rosis…. je n’ai pas choisi une technique ou un rythme j’ai voulu illustrer la fragilité la difficulté à respirer la précipitation la mort… tu as compris ce que je voulais faire et cela ma fait bien plaisir :) belle journée !

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